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Interview : « Si les burkinabè n’acceptent pas de changer individuellement, il n’y aura pas un changement collectif », Dr Abdoul Azise Sodoré

Dr Abdoul Azise repondant aux questions de libreinfo.net
Dr Abdoul Azise Sodoré, enseignant -chercheur et chef du département de géographie de l'université Joseph Ki-Zerbo

Le Burkina Faso est confronté depuis 2016 à une crise sécuritaire sans précédent. Plusieurs zones sont devenues inaccessibles à cause de l’insécurité, d’où la fermeture des établissements sanitaires et éducatifs ainsi que des collectivités territoriales. Comment est-on arrivé là ? Que devient l’administration du territoire dans ce contexte ? Et quelle marge de manœuvre pour la reconquête du territoire national ? Dans une interview accordée à Libreinfo.net, Dr Abdoul Azise Sodoré, enseignant-chercheur et chef du département de géographie de l’Université Joseph Ki-Zerbo répond à ces questions.

Par Douada Kiekieta

Libreinfo.net: Comment trouvez-vous aujourd’hui le fonctionnement de l’administration territoriale dans le contexte d’insécurité ?

Force est de reconnaître que l’administration du territoire est de plus en plus difficile dans le contexte d’insécurité. Parce qu’il y a des conditions minimales qu’il faille réunir pour que celui qui est chargé de l’administration de ce territoire puisse travailler. Ce qui n’est pas toujours le cas dans certaines parties du Burkina Faso. Il y a donc des défis à relever.

Libreinfo.net : Quels sont ces défis ?

Les défis, c’est d’abord de rester même sur place. Parce qu’il y a de nombreuses zones où des chefs de circonscription comme les préfets, ne peuvent plus y être dans le cadre de leur mission régalienne. Ce sont des zones qui sont administrées à distance.

Libreinfo.net : Pensez-vous que la sécurité du Burkina Faso dépend du découpage du territoire ?

En partie oui. Puisqu’administrer un territoire, c’est se donner les moyens de contrôler ce territoire et d’y apporter le développement. Si le politique estime qu’il faut un certain découpage pour mieux administrer ce territoire et procéder à la mise en œuvre des actions de développement, c’est son choix. Parce qu’on n’aurait pu avoir dix régions au lieu de treize et on peut administrer ces dix régions sans problème. Donc ce n’est pas le nombre ni la nature de territoire qui peut apporter le développement mais la vision politique doublée de l’engagement des acteurs locaux. Derrière le découpage territorial, il y a toujours des enjeux politiques qui vont avec.

Libreinfo.net : Est-ce dans le contexte d’insécurité actuelle, découper le territoire peut apporter quelque chose en termes d’amélioration de la situation ?

A mon avis, l’enjeu ne se situe pas actuellement au niveau du découpage du territoire. C’est plutôt retrouver la sécurité et ensuite on peut voir comment organiser tout le reste. Même si on veut découper le territoire aujourd’hui, il y a des pans du territoire national qui ne sont plus contrôlés par l’Etat.

Il faut que tous ses espaces soient sous contrôle pour ensuite voir la pertinence de redécouper le territoire. Et si on arrivait à le faire, il faudrait travailler à ne plus commettre les mêmes erreurs. Il faut travailler à ce qu’il y ait un développement équilibré entre les régions et à l’intérieur des régions. A y regarder de près, on a l’impression comme disait quelqu’un : « Ouagadougou et le désert burkinabè » comme l’avait écrit un auteur français, « Paris et le désert français », pour dire qu’il y a le développement exagéré de la capitale au détriment des territoires de l’intérieur..

Libreinfo.net : Est-ce à dire qu’une partie du territoire burkinabè est marginalisée ?

Je dirai oui en termes d’aménagement et de développement durable du territoire. Et c’est le sentiment qu’on a aujourd’hui dans certaines parties du territoire. Vous avez suivi ceux de la région de l’Est qui ont organisé plusieurs marches.

Lors panel organisé par l’Union Nationale des Administrateurs Civils du Burkina Faso, un ressortissant de cette région a mentionné que : « lui en tant qu’administrateur civil, il tente de faire comprendre à ses parents que la région n’est pas totalement abandonnée », mais c’est le sentiment que les gens nourrissent. Et cela peut engendrer * des frustrations, des incompréhensions et c’est ce qu’il faut éviter pour peu qu’on veuille éviter les replis communautaires et identitaires. La réalisation des infrastructures structurantes et socio-économique doit tenir compte de cela.

Libreinfo.net: Dans un panel, vous dites craindre un scénario de l’effondrement de l’Etat, pourquoi ?

Lors d’un panel j’ai dit que lorsqu’on prend l’étude prospective Burkina 2025 et lorsqu’on regarde la première version du schéma national d’aménagement du territoire et la version révisée, il y a des scénarii qui attiraient déjà l’attention du décideur public sur le blocage territorial.

Il y avait des risques qui ont été soulevés parmi lesquels on a le scénario « Silmandé » qui est le tourbillon en Mooré. Ce scénario était relatif aux replis identitaires et communautaires et on disait qu’il fallait agir vite pour contrer cela afin d’éviter le deuxième scénario qui est l’effondrement de l’Etat ou le scénario « Dougmato ».

Je disais également qu’il faut agir toute suite et maintenant sinon ce stade passé, cela pourrait être un imbroglio total. Autant les administrateurs doivent jouer leur rôle d’éveil, de conscience, de leadership et de modèle, autant l’Etat doit aider ses agents à pouvoir accomplir leur mission. Cela parfois à travers des investissements qui permettent à l’agent de dire aux usagers, voilà ce que l’Etat a fait pour vous. Mais si tu représentes un Etat qui se ne manifeste pas sur le terrain à travers des investissements socio-économiques, notamment le désenclavement des zones difficiles d’accès, il n’est pas aisé d’être écouté quelquefois. Donc c’est un ensemble d’action qui va ensemble.

Libreinfo.net : Ne pensez-vous pas que ces deux scénarii sont déjà en passe d’être accomplis ?

Non, nous sommes encore dans le tourbillon (scénario Silmandé) et il faut qu’on s’en sorte. Nous espérons que ce tourbillon va s’estomper pour que nous puissions émerger avec une autre mentalité, une autre approche en matière de développement et une administration nouvelle qui a le souci du bien public au détriment des intérêts particuliers et partisans. Parce qu’au stade actuel, on a l’impression que personne n’est coupable et chacun indexe l’autre. On refuse de se mettre en cause. Dans ces conditions, il est difficile de s’en sortir.

Libreinfo.net : Alors que beaucoup ont déjà fui leurs localités à cause de l’insécurité, pensez-vous que la priorité aujourd’hui soit le désenclavement des localités difficiles d’accès ?

C’est un enjeu important pour moi. Parce que, j’estime qu’au stade actuel, on doit tout mettre en œuvre pour bitumer la voie Kongoussi-Djibo, Gounghin-Fada N’Gourma-Bogandé, c’est cela aussi la matérialisation du retour de l’Etat et le symbole de la reprise en main de nos territoires. Cela rassurerait la population que nous sommes en train de prendre le dessus. Que la voie Tougan- Lanfera Di soit bitumée et permettre cette mobilité des personnes et des biens. Vaille que vaille, à mon avis, il faut engager des initiatives pour bitumer ces voies qui sont à l’arrêt aujourd’hui sinon on pourra convaincre difficilement que les choses ont changé.

Si des gens peuvent nous empêcher d’exécuter des travaux d’intérêt général et de réaliser des infrastructures structurantes comme les voies de communication, cela veut dire que nous sommes vraiment à la peine. Personnellement je vois restauration de l’autorité de l’Etat et notre avancée en termes de reconquête du territoire, par la reprise du bitumage de ces voies. Voyez-vous si nous avions des voies suffisamment bitumées, il serait difficile d’y enterrer des engin explosifs improvisés. Là c’est enterré, c’est généralement dans les parties dégradées.

Libreinfo.net : Pouvez-vous revenir sur quelques grands points de ce schéma national de l’aménagement du territoire ?

Les grands points Schéma national d’aménagement et de développement durable du territoire sont le diagnostic territorial, les grandes orientations, les problématiques majeures, les scénarii, la posture de l’aménagement, la vision, la stratégie mise en œuvre Le Schéma national reste donc un référentiel pour tous les autres instruments de niveau inférieur.

Lorsqu’on a fait le diagnostic, il a été dégagé les grandes problématiques et l’enjeu c’était le temps. C’était clairement dit, « Il faut agir tout de suite et maintenant » parce qu’il n’y avait plus de temps à perdre.

Libreinfo.net : Et c’était quand ?

On le dit depuis pratiquement 2009-2010. En 2017 c’était la même réalité parce que les choses ont continué à se dégrader. On parle de blocage socio-territorial. Autrement dit, l’usure du territoire est une réalité, notamment la question foncière que l’on qualifie de bombe à retardement.

La révision de la loi portant réglementation agraire et foncière, en consacrant la propriété individuelle, a engendré beaucoup de chamboulements. On dit que la terre appartient à des particuliers. Du coup, tu peux vendre ta terre comme bon te semble. Cela a fait que beaucoup de communes ont de la peine à pouvoir faire des investissements parce que n’ayant plus de terre.

Il faut aller négocier des terres avec des particuliers et les gens font monter les enchères. Aujourd’hui, le mètre carré d’une parcelle tourne autour de 30 000 FCFA dans les grandes villes comme Ouagadougou alors que quatre ans en arrière, il ne dépassait pas 14 000 FCFA, 16 000 FCFA. Là l’Etat n’est pas suffisamment présent, d’autres prennent le relais. Donc, il faudrait corriger cela.

Libreinfo.net : Comment voyez-vous la gestion des frontières dans le contexte actuel d’insécurité ?

Une frontière, c’est le point de contact. Il y a deux aspects ici : l’aspect ligne de démarcation et l’aspect espace frontalier relatif à l’espace contiguë de part et d’autre de ligne frontalière.
Si tu ne contrôles pas les frontières, il est difficile d’être en mesure d’assurer sa propre sécurité. Qui rentre avec quoi ? Qui sort avec quoi ? et par où il rentre ? par où il sort ?

Les frontières sont des zones assez complexes avec des dimensions de continuités et de discontinuités. En termes de continuité, on peut citer les mêmes ethnies de part et d’autre de la frontière. On peut même avoir des terroirs de certaines populations de l’autre côté, c’est-à-dire que leurs champs de cultures se trouvent dans un autre pays. Pour qui est de la discontinuité, nous citons simplement les aspects législatifs, règlementaires, d’organisation et de gestion des espaces.

Ce sont des zones parfois reculées qu’on pourrait appeler « angle mort » du fait de leur éloignement des centres de décision
Heureusement, le Burkina Faso à une politique nationale des frontières même si sa mise en œuvre traîne pour le moment. Cette politique permet de voir comment gérer les réalités locales au-delà de ces limites artificielles. Parce que la population ne voit de limite, pour elle, elle doit être à mesure d’aller au marché de l’autre côté et revenir sans être inquiétée par la douane, par exemple.

Libreinfo.net : Comment résoudre le problème du retour de l’administration dans localités touchées par l’insécurité ?

Personne n’ira là où il n’y a pas un minimum d’assurance en matière de sécurité pour sa vie. L’administrateur civil doit également jouer le rôle de la défense civile du territoire. C’est-à-dire, organiser des acteurs pour protéger, coordonner pour recueillir et disponibiliser les infos aux profits des autorités hiérarchiques. Au-delà du conflit sécuritaire, il y a d’autres conflits comme le foncier, les conflits entre agriculteurs et éleveurs, que les administrateurs réglaient.

Tout le monde parle de restaurer l’autorité de l’Etat. Mais on ne pourra le faire tant les représentants de l’Etat seront dans des conditions de travail difficiles. J’ai eu la chance d’être associé au diagnostic ayant abouti à la rédaction de la politique nationale des frontières. On a fait le diagnostic dans certaines régions où on a trouvé des préfets démunis. Des Haut-commissaire qui étaient fatigués de réquisitionner les véhicules des directions provinciales pour aller à des missions parce qu’eux-mêmes n’avaient pas de budget pour réparer les véhicules en panne. Donc, il faudra revoir ce côté parce qu’on a l’impression que ce sont des gouverneurs seuls qui sont logés à la bonne enseigne et que les autres sont à la peine.

Libreinfo.net : Que pensez-vous de la dissolution des collectivités territoriales ?

Ce n’est pas la première fois que cela arrive, mais cela a un rôle ambivalent. On se dit qu’il faut dissoudre les conseils municipaux parce qu’on ne veut pas des maires qui sont des politiques. Mais la délégation spéciale ne peut pas jouer exactement le même rôle que les conseils municipaux aux yeux de certains partenaires techniques et financier.

La plupart du temps, il y a un peu de méfiance vis-à-vis des délégations spéciales en termes de légitimité. Si vous faites des enquêtes dans les communes, vous trouverez que tout est arrêté parce que des partenaires vont arrêter d’investir jusqu’à ce qu’il ait de nouveaux conseils municipaux. J’espère que ceux qui ont pris la décision ont mesuré toutes les conséquences qui vont avec, en termes de freins sur les questions du développement économique local.

Libreinfo.net : Est-ce pour dire que l’on ne peut pas écarter le politique dans la gestion de l’administration ?

Quand on parle d’administration dépolitisée, il faut prendre cela avec des « pincettes ». il est difficile d’y avoir de la neutralité.
Toutefois, il faut un minimum de confiance pour choisir son collaborateur. Le Président ne va pas choisir un ministre qui n’aura pas de loyauté envers lui. Au-delà de la politique, il faut de la loyauté dans l’administration. Ce n’est pas du loyalisme, c’est de la loyauté. Travailler conformément à sa lettre de mission quelque soit son responsable, son subalterne, son bord politique. Ce n’est pas parce que je suis directeur que je dois traumatiser mes subalternes qui ne sont pas du même bord politique.

Pour moi, c’est une attitude et non des textes de loi qui peuvent régler cela. Dans nos pays, les gens pensent que lorsqu’on constate qu’il y a une difficulté, il faut automatiquement un texte. Les textes ne peuvent pas tout régler. Il faut un changement individuel. Si les burkinabè n’acceptent pas de changer individuellement, il n’y aura pas un changement collectif.

Libreinfo.net : Quelles sont les priorités aujourd’hui en termes d’administration du territoire ?

Cette question aurait pu être posée aux administrateurs. Mais je dirais que c’est leur permettre d’exercer leurs missions sur toute l’étendue du territoire nationale. Que les départements qui ont été abandonnés, qu’on puisse travailler à ce qu’ils (ndlr administrateurs) repartent dans leurs lieux de travail pour poursuivre les efforts de coordination et de représentation de l’Etat.

Je souhaite également que les représentants de l’Etat puissent être traités dans de bonnes conditions. Ils ont des logements parfois très précaires. Parce que l’image compte beaucoup. On ne dit pas de payer des véhicules pour tous les préfets, mais on peut trouver des facilités pour leur permettre d’acheter des véhicules sans taxes. Si vous comparez les préfets de chez nous et ceux de la sous-région, il n’y a pas match, comme dirait quelqu’un.. Je vous raconte une anecdote. J’ai rencontré un ancien préfet de Falagountou. Il dit qu’il préparait du spaghetti dans son domicile. Il a vu trois véhicules qui venaient du Niger. C’était le préfet de Téra (Niger) qui partait à Dori avec ses garde-du-corps et il a appris qu’il y a un préfet à Falagountou. Il s’est renseigné auprès des villageois qui lui ont montré le domicile dudit préfet. Quand il est arrivé, lui, il a dit que le préfet n’était pas là.

Libreinfo.net : D’aucuns estiment qu’il faut des militaires pour administrer les collectivités territoriales vue le contexte d’insécurité. Partagez-vous cet avis ?

Il y a des gens qui sont formés pour administrer le territoire. Les administrateurs civils, leur rôle c’est d’être des gouverneurs, des Haut-commissaire, des préfets. Mais si les autorités politiques estiment qu’il faut des gouverneurs militaires pour mieux administrer le territoire, on ne peut que leur souhaiter bonne chance. Sinon rien ne dit qu’un militaire est meilleur en matière d’administration du territoire qu’un civil.

Libreinfo.net : Puisque les enjeux du moment sont sécuritaires, l’on suppose que les militaires s’y connaissent mieux, n’est-ce pas ?

Tout n’est pas sécuritaire. Peut-être que c’est 30% de sécuritaire et 70% d’autres choses. On peut se poser la question de savoir est-ce qu’on ne s’est pas trompé de combat depuis 2015 en faisant de tout sécuritaire.

Beaucoup d’études ont montré que tout n’est pas sécuritaire. Une enquête de l’USAID sur les jeunes qui se sont engagés auprès de Boko Haram au Tchad a montré que la principale raison qui les a conduit là-bas, c’était des raisons d’ordre économique. Quelle est la situation de ces régions en ébullition par rapport aux autres régions du Burkina Faso. La Sahel, le Centre Nord, quelles sont les sources de conflits dans ces régions ? On peut les rechercher et les examiner. Je pense que les autorités l’ont compris en mettant en place le programme d’urgence pour le Sahel et d’autres programmes prioritaires.

Ce sont des rattrapages qu’on est en train de faire malheureusement. On aurait dû anticiper. Parce qu’il n’est pas concevable qu’après 60 ans d’indépendance, des pans de notre territoire ne soient pas désenclavés. Cela veut dire que nous avons manqué quelque part à notre devoir. Donc, la sécurité oui, mais il y a d’autres choses qu’il faut régler en même temps.

Libreinfo.net : Quel est votre commentaire sur la mise en place des comités locaux de dialogue pour la restauration de la paix ?

Toute confrontation, tout conflit ouvert ou latent, se termine par le dialogue. Maintenant c’est sur le moment du dialogue qu’on peut interroger parce que c’est une question de rapport de forces. Est-ce qu’on dialogue en étant les plus forts ou on dialogue parce qu’on est en difficultés ?

Libreinfo.net : Est-ce que le moment est opportun pour ce dialogue, selon vous ?

Ce n’est pas à moi de le dire. Ce sont les autorités qui doivent analyser le moment du dialogue. Si vous « négocier » ou dialoguer puisque les mots doivent bien choisis, en état de faiblesse vous êtes en difficulté et vous ne pouvez pas trop imposer ce que vous voulez. Au contraire, si vous dialoguer en ayant une sorte d’ascendance, cela est beaucoup plus judicieux. En tout état de cause, tout conflit se termine par le dialogue. Si ce sont des fils du pays qui ont pris des armes, il faut leur parler, parce que ce sont les populations qui en souffrent. J’espère que les autorités ont examiné la situation, puisque ce sont eux qui ont l’information.

Libreinfo.net : A votre avis quelles sont les sources de conflits ?

J’avais parlé justement lors du panel de la question de la gouvernance, la sous-représentation de l’Etat, le sentiment d’abandon au niveau des populations qui amène parfois vers des replis identitaires et sont exploités par d’autres acteurs à d’autres fins. L’effritement des valeurs de maintien de la cohésion sociale qui sont des sources de l’insécurité. De même que les tensions politiques savamment entretenues par les hommes politiques pour des questions électoralistes. Cela fait qu’il y a des populations qui ne se parlent plus à cause des oppositions politiques.

La question de l’exploitation des ressources naturelles comme l’or, la question des pâturages qui engendre des tensions entre agriculteurs et éleveurs. Enfin, il y a de la question de la faiblesse de l’aménagement du territoire au Burkina Faso qui doit amener à un rééquilibrage du développement dans nos régions.
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