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Jeunesse au parlement : Et si le Burkina Faso marchait sur les pas du Maroc ?

Ph. du parlement burkinabè
Ph. du parlement burkinabè

 

Dans plusieurs nations du monde, les gouvernements soucieux de leur jeunesse ont engagé des mesures et mécanismes pour améliorer la représentativité des jeunes au sein du parlement. A ce titre, il nous plait de porter notre regard sur le Maroc.

Depuis 2011, trente (30) sièges sont réservés aux jeunes dans le parlement marocain à la Chambre basse. Ce quota de 30 sièges est reparti de façon égale entre les jeunes femmes et les jeunes hommes (15 sièges par sexe). L’effectivité de ce quota trouve son fondement dans la Constitution de 2011 qui exhorte les pouvoirs publics à étendre et généraliser la participation des jeunes au développement social, économique, culturel et politique du pays.

Au départ, face à cette « nouveauté », le Conseil constitutionnel marocain jugeait la mesure exceptionnelle et partant de là, la loi devait être temporaire jusqu’à ce que les objectifs du renforcement de la présence des jeunes au parlement, soient atteints. La première expérience du mandat de 2011 s’est soldée par un franc succès.

Lors de cette phase « pilote » sous la législature 2011-2016, les jeunes députés ont abattu un travail honorable : ce qui a conduit le gouvernement et le parlement à renouveler le quota « jeunes » à la première Chambre parlementaire pour les élections de 2016-2021. Par exemple, un groupe parlementaire au sein de la Première Chambre parlementaire a même été présidé par un jeune parlementaire issu de la liste des jeunes.

Notons également que selon Sarah E. Serkes, une experte américaine dans la région MENA (Middle East and North Africa), « l’instauration au Maroc d’un quota de jeunes sur les listes électorales pour le scrutin législatif, est une mesure positive que d’autres pays gagneraient à mettre en œuvre ».

Pour Mme Serkes, le fait de reconnaitre que les jeunes constituent une force politique en leur réservant un quota sur les listes électorales, constitue un signal positif.

En rappel, dans toutes les nations démocratiques, le parlement au-delà de toutes les fonctions qui peuvent lui être assignées, est un symbole de représentation de la population. Le parlement assure donc cette fonction de représentativité de la nation dans toute sa diversité et sa complexité. Dans la majorité des pays du monde, la jeunesse est plus de la moitié de la population. Cependant, seulement 1,9 % des parlementaires dans le monde, ont moins de 30 ans et seulement 14,2% ont moins de 40 ans même si l’âge minimum requis pour être parlementaire, est de 21 ans en moyenne dans la plupart des Etats, selon le rapport 2016 de l’Union Interparlementaire (UIP) sur la représentativité des jeunes dans les parlements nationaux. L’insuffisance de représentativité des jeunes dans la sphère politique de façon générale et dans les parlements nationaux de façon spécifique, est donc un véritable défi.

Notre pays le Burkina Faso dont la loi fixe l’âge minimum pour être député à 21 ans, est pourtant un mauvais exemple dans les faits. En réalité, aucun mécanisme n’est prévu pour faciliter l’accès de la jeunesse à l’hémicycle alors même que cette vaillante jeunesse est un symbole politique très emblématique au plan national et un modèle au plan international (surtout africain), au regard du rôle prépondérant qu’elle a joué pendant l’insurrection d’octobre 2014.

Si la jeunesse burkinabè est un exemple à suivre pour la jeunesse des nations africaines, alors il est peut-être temps que le législateur marocain soit une source d’inspiration pour le législateur burkinabè, qui devra adopter un quota « jeunes » applicable aux élections législatives de 2020. Ce quota permettra une meilleure intégration des jeunes dans la sphère politique et une meilleure prise en compte de leurs intérêts socio-économiques.

Cet article a été publié par Libreinfo.net en partenariat avec l’AJP

Auteur : Yahiya H. DICKO

Etudiant en Droit / membre du Comité de base AJP Dori

© AJP – août 2019

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