Accueil A la une Patrimoine africain : Que nos États combattent le trafic des biens culturels

Patrimoine africain : Que nos États combattent le trafic des biens culturels

Patrimoine africain

La célébration du patrimoine culturel et naturel, matériel et immatériel africain   intervient chaque 5 mai, dans le monde. Proclamée lors de la 38e session de la Conférence générale de l’UNESCO en 2015, cette journée vise à inciter à la protection et la promotion du patrimoine de l’Afrique. Au Burkina, quels sont les efforts faits en la matière ?

Par Frank Pougbila

L’Union africaine célèbre la Journée du patrimoine mondial africain 2021 sous le thème : « Les arts, la culture et le patrimoine” : leviers pour construire l’Afrique que nous voulons ». Un thème qui est salutaire dans un monde où la culture perd de plus en plus de son importance.

Une journée qui rappelle à tout africain ses origines et la nécessité de s’appuyer mais aussi de préserver sa culture afin de construire le meilleur continent qu’il souhaite.

Oui ! Il est plus que jamais urgent de sauvegarder le patrimoine naturel et culturel qui est l’essence de l’existence des peuples. Le patrimoine africain est confronté à des menaces telles que le braconnage, les conflits, les changements climatiques et l’absence de politiques véritables de protection des sites au niveau des Etats.

Le continent africain est, d’ailleurs, moins représenté en termes d’inscription de ses sites sur la liste du patrimoine mondial. Les biens africains représentent 12% des biens inscrits dans le monde. Plus grave, 39% de ces sites africains sont en péril, selon l’UNESCO.

Au Burkina Faso, la situation de la protection du patrimoine culturel doit être une nécessité. Le Burkina a ratifié la Convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, le 2 avril 1987.Trois de ses sites sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, à savoir le Complexe W-Arly-Pendjari (1996), les Ruines de Loropéni (2009) et la Métallurgie ancienne de fer (2019).

Le pays a aussi soumis cinq autres sites à la liste indicative. Il s’agit de la Cour royale de Tiébélé, des gravures rupestres du Sahel burkinabè (Pobé-Mengao, Arbinda et Markoye), des Nécropoles de Bourzanga, de Sya, Centre historique de Bobo-Dioulasso et de la Réserve de biosphère de la Mare aux hippopotames de Bala.

Ces actions des autorités sont à saluer. Le patrimoine culturel est « un champ » riche qui, lorsque sa protection est effective, permettra de réduire la pauvreté, de renforcer le vivre ensemble et le développement durable.

Renforcer le cadre législatif

S’il existe des instruments juridiques portant sur la protection du patrimoine culturel tels que la loi n 024/AN du 13 novembre 2007, force est de reconnaitre qu’ils sont pour la plupart dépassée. Il faut une relecture du cadre législatif en tenant compte des réalités du moment.

Cela permettra de lutter contre le trafic des biens culturels. De même, le Burkina doit construire des musées et réhabiliter ceux existent déjà. La régularisation des inventaires doit préoccuper nos autorités.

Cette journée du 5 mai est une aubaine pour les pays africains à l’image du Burkina pour mettre la pression sur leurs alliés, pour la restitution des biens culturels pillés. En 2008, le Burkina avait procédé au rapatriement de près de 33 œuvres et documents sonores inédits emportés par des chercheurs français depuis les années 30.

En 2017, le Président français, Emmanuel Macron avait promis de créer les conditions pour que dans cinq ans, le patrimoine africain soit restitué temporairement ou définitivement. Cinq ans déjà et la restitution n’est toujours pas effective. C’est aux politiques d’avoir un langage de vérité et un courage politique pour taper du point sur la table.

L’argument qui ressort est que les africains n’ont pas une capacité de conservation de ces biens culturels. Cela n’est pas un langage de vérité. L’on s’est que ces biens pillés étaient conservés, ce qui a permis aux auteurs du pillage de les dérober avec force.

Les valeurs africaines demeurent

Que les africains s’unissent comme un seul homme pour défendre la culture. C’est se faire des illusions que de penser que la culture africaine disparaîtra. Certes, cette culture perd son identité originelle mais elle est toujours présente dans l’Afrique moderne.

Pour preuve, de nos jours, malgré les mutations, un africain est toujours dépendant de la communauté. La parenté reste un lien fort en Afrique. C’est pourquoi, quelle que soit la religion, les africains tiennent compte du trio-vitale à savoir « les morts, les vivants et les non-encore-nés ». Même dans les systèmes de gouvernance, une part de l’Afrique demeure.

Cette journée doit être une opportunité de faire une introspection sur nos biens culturels et naturels. L’homme politique, Marcus Garvey disait qu’«un peuple qui ne connait pas son passé, ses origines et sa cultures ressemble à un arbre sans racines ».

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