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[Edito] La Covid-19, une école aux multiples enseignements !

La pandémie du coronavirus (Covid-19) a-t-elle vraiment surpris comme le disent nos dirigeants ? Pas vraiment, par rapport à notre pays qui a enregistré ses premiers cas plus de trois mois après son apparition en Chine. Mais si la surprise peut être admise, c’est surtout par rapport aux conséquences multiformes et multidimensionnelles de la pandémie. Et de ces conséquences, nous devons pouvoir tirer les meilleurs enseignements ; car en définitive, la Covid-19 se sera affichée en véritable école.

Par la Rédaction 

L’apparition des premiers cas de la Covid-19 à Ouagadougou en début mars 2020 a mis à nu l’incapacité de notre système de santé à rassurer les Burkinabè. Or, en début janvier, la ministre de la Santé s’est voulue rassurante, en clamant qu’un dispositif robuste de riposte est mis en place et que le Burkina Faso est donc prêt à contrer la pandémie. En plus de cette assurance qui s’est très vite révélée en véritable leurre, la communication gouvernementale livrée sur fond de contradictions et tâtonnements a manqué de rassurer les Burkinabè quant à l’existence de la pandémie, et quant à la pertinence et à l’efficacité des mesures et actions entreprises pour gérer la pandémie. Du reste, le gouvernement lui-même s’est bien rendu compte de ces défaillances. Reste à savoir s’il pourra se convaincre de ce qu’en pareilles circonstances, l’attachement à la vérité et l’offre d’une communication gouvernementale coordonnée et rassurante sont fondamentales.

La pandémie de la Covid-19 a aussi révélé l’incapacité de la très grande majorité des Burkinabè à vivre dignement en se passant  du train-train quotidien. En tout cas, la quarantaine de certaines localités et la fermeture de certains marchés ont été suffisamment révélatrices de cet état de fait. Il faut bien, au sommet de l’Etat, que des enseignements inspirent dans le sens de réduire cette forte précarité.

Avec la Covid-19, on a aussi constaté que des questions politiques, ou plus précisément électorales, peuvent être rétrogradées comme ce fut le cas le 23 mars où le président du Faso a ordonné que soient stopper net les opérations d’enrôlement électoral et d’établissement des cartes nationales d’identités ; opérations engagées dans la perspective des prochaines consultations électorales. Nos politiciens ont-ils ainsi compris que la vie de l’Homme doit être la priorité de leurs priorités ? Tant mieux, si tel est et sera désormais toujours le cas.

Par ailleurs, la pandémie a imposé le constat que l’on peut disposer de tous les moyens nécessaires pour aller se faire soigner à l’étranger et se voir contraint de rester dans nos hôpitaux publics réputés sous-équipés. N’est-il pas temps d’équiper ces hôpitaux convenablement ? Même si une autre pandémie n’est pas à souhaiter, il reste que l’on doit tirer suffisamment de leçons de cette situation pour rendre notre système de santé véritablement performant.

Nos praticiens de la médecine traditionnelle, ceux dont les conseils et pratiques ont été d’une manière ou d’une autre utiles à presque tous les Burkinabè, mais qui n’ont presqu’aucune considération de la part de nos autorités sanitaires, ont eu voix au chapitre à la faveur de la Covid-19. Même si leurs remèdes ne sont pas intégrés dans le protocole officiel de riposte à la pandémie, ils ont su répondre avec méthode mais encore sous le sceau de la modestie. Et voilà qu’un remède naturel mis au point à Madagascar est en passe d’apporter la juste réponse à la pandémie. Du reste, aucun Malgache n’est mort de la Covid-19, malgré la centaine de cas confirmés enregistrés dans le pays d’Andry N. Rajoelina. Et plusieurs pays africains dont le nôtre, ont reçu ce remède naturel malgache. A tout le moins, cet heureux constat doit redonner l’espoir à l’Afrique quant à la nécessité et à sa capacité de croire en son potentiel et au génie de ses fils et filles.

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