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Grande chancellerie des ordres burkinabè : Six militaires et un civil ont dirigé l’institution depuis sa création

La Grande chancellerie des ordres burkinabè est ouverte au public du 13 au 16 octobre 2020. Dans une visite guidée ce 15 octobre, nous avons découvert les personnalités qui ont dirigé l’institution. Depuis sa création en 1961 jusqu’à nos jours, sept Grands chanceliers des ordres burkinabè se sont succédé à la tête de l’institution. Parmi eux, sept militaires et un civil.


Par Etienne Doly, stagiaire

Les décorations sont de l’apanage des militaires. “C’est pourquoi, il est important d’avoir un militaire à la tête de la Grande chancellerie des ordres burkinabè . Le service était rattaché à la Présidence du Faso avant d’acquérir son autonomie”, ont indiqué Adama Kaboré, archiviste et Laurent Bama, agent à la direction de la réglementation et de la programmation des décorations de la Grande chancellerie des ordres burkinabè.

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Le premier Grand chancelier des ordres burkinabè (de Haute Volta à l’époque) fut Tenga Dominique Tapsoba. Né vers 1888, il a dirigé l’institution de 1961 à 1963. Il fut d’abord moniteur d’enseignement puis écrivain expéditionnaire. A la création de la Haute Volta en 1919, il sera reversé dans le corps des commis-expéditionnaires. Il servira surtout dans le corps de l’administration générale et financière. Tenga Dominique Tapsoba occupera les postes de comptable au bureau des finances de 1929 à 1933 et responsable de la caisse de réserve de Haute Volta. Il a eu plusieurs distinctions honorifiques dont entre autres, Chevalier de l’Etoile noire du Benin, Chevalier de Légion d’honneur français, Commandeur de l’Ordre de Saint Grégoire le Grand par le Saint Siège à Rome.


Le deuxième dirigeant de la Grande chancellerie des ordres burkinabè fut le lieutenant-colonel Gomtibo Zagré de 1963 à 1970. Né en 1897, sa carrière militaire a débuté au Sénégal où il a été recruté comme soldat de 2e classe en 1917. En 1942, il portera le grade de lieutenant après avoir gravis les échelons de la hiérarchie militaire. Officier indigène de l’armée française, Il a servi au Sénégal, Benin, en Côte d’Ivoire, au Niger… Il fut décoré de la Médaille militaire, du grade de Chevalier de l’Etoile noire du Benin et de la Légion d’honneur française…


Le troisième grand chancelier des ordres burkinabè, fut le Lieutenant-colonel Arzouma Ouédraogo. Né en 1916 à Ouahigouya, il fut d’abord infirmier avant d’être incorporé dans l’armée comme volontaire, en 1934. Il fut nommé premier commandant de la compagnie républicaine de sécurité (CRS) de 1961 à 1964 puis Directeur général de la sûreté nationale de 1966 à 1967. Il a été par la suite, ministre de l’intérieur puis de la défense nationale de Haute Volta. Il a assuré les responsabilités de l’institution de 1972 à 1978. Il eut plusieurs distinctions militaires dont la Médaille militaire, du combattant et celui de prisonnier de guerre etc.


Le quatrième dirigeant de la Grande chancellerie des ordres burkinabè est le Général de corps d’armée, Baba Sy. Né en 1920, il est le 2e Général de Corps d’Armée du Burkina Faso après le Général Sangoulé Lamizana. Il a été successivement commandant du premier détachement du 1er Brigade de Haute Volta puis commandant de la place d’arme de Bobo… Entre 1968 et 1979, il fut Chef d’Etat-major des forces armées et ministre de la défense et des anciens combattants. Il a été à la tête de l’institution de 1980 à 1989.


Le cinquième occupant du fauteuil de la Grande chancellerie est Benoit Lompo. Il est né en 1941 à Mantougou dans la Tapoa. Après des études de droit à l’université d’Abidjan, il fait une carrière dans la magistrature. Il fut Vice-président du tribunal de 1e instance de Ouagadougou en 1975, Président du Tribunal de Travail de Ouagadougou en 1976. En 1983, il devient président de la Cour Suprême du Burkina et président de la Haute cours judiciaire de Ouagadougou en 1984. Il a présidé l’institution de 1989 à 1996. Il fut par ailleurs le seul civil a occupé cette fonction.


Le sixième responsable de l’institution est le colonel Mamadou Djerma. Né en 1933 au Mali, incorporé dans l’armée en 1951, il fera la guerre d’Indochine avant d’être transféré dans l’armée voltaïque. Après plusieurs fonctions de commandant dans l’armée, il devient Chef d’Etat-major général délégué et chef de la division opérationnelle de 1980 à 1982. Il a ensuite été secrétaire général du ministère de la défense national de 1982 à 1983. Il a eu droit à plusieurs distinctions honorifiques nationales et étrangères. Le colonel Mamadou Djerma a dirigé la Grande chancellerie des ordres burkinabè de 1996 à 2015.


Le septième et actuel Grand chancelier des ordres burkinabè est le colonel Roch Compaoré. Né le 18 mai 1940 à Dédougou, il fréquente de grandes écoles militaires. Il sera nommé colonel après avoir gravis les échelons de la hiérarchie militaire. Sous le gouvernement du comité militaire de redressement pour le progrès national, il est nommé ministre du développement rural de 1980 à 1982. Après plusieurs autres fonctions et distinctions honorifiques, il sera élevé à la dignité de Grand-croix de l’Ordre national en juillet 2015. Roch Compaoré est en charge de l’institution depuis juillet 2015.

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