Home Diplomatie Lutte antiterroriste au Sahel: l’Algérie et le Nigeria s’annoncent

Lutte antiterroriste au Sahel: l’Algérie et le Nigeria s’annoncent

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L'initiative d'Accra
Des soldats de l'armée algérienne (à gauche) et des militaires des forces armées nigérianes (à droite)

Les chefs d’Etats et de gouvernements membres de « l’Initiative d’Accra » se sont rencontrés le 22 novembre 2022 à Accra, dans la capitale du Ghana. Ils se sont fixés un délai d’un mois pour rendre opérationnelle la force conjointe de « l’Initiative » créée pour mieux lutter contre le terrorisme. Des pays comme le Nigéria ont décidé d’apporter un soutien à cette force multinationale africaine. Quel peut bien être l’avantage de l’implication du Nigéria dans cette lutte antiterroriste ?

Par Nicolas Bazié

L’une des missions de la force conjointe de l’Initiative d’Accra est de combattre le phénomène du terrorisme qui gangrène la sous-région ouestafricaine.

Dans les conclusions du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement d’Accra, le Nigeria, pays observateur à cette rencontre, s’est dit disposé à accompagner la Force conjointe en appui aérien et logistique.

Sur le plan de la logistique justement, le Nigéria pourrait être un soutien de taille pour la force conjointe. Il peut fournir des moyens roulants comme des « pick ups » pour faciliter le déplacement des soldats au sol. Le pays a même une société locale de fabrication de véhicules militaires, le groupe NAVMC (The Nigerian Army Vehicle Manufacturing Company).

L’implication de ce pays dans la mission de l’Initiative d’Accra pourrait être beaucoup avantageuse, du fait qu’il a de l’expérience dans le combat contre le terrorisme. Le pays a, en effet, connu une guerre sans merci avec les combattants de Boko Haram, le groupe sunnite pour la prédication et le djihad qui a revendiqué de nombreuses attaques meurtrières contre des populations.

De plus, dans l’ordre des puissances du continent, le Nigeria est au premier rang au plan économique et au quatrième rang au plan militaire.

C’est dire que le Nigeria, une fédération de 36 États a de l’expérience en matière de lutte antiterroriste et des moyens pour répondre un tant soit peu, aux besoins de la force multinationale de l’Initiative d’Accra.

L’Algérie, une autre puissance militaire africaine

Dans la liste des participants au sommet de l’Initiative, figure un représentant de l’Algérie. Il s’agit du Directeur pour l’Afrique du département des relations multilatérales de l’Algérie, Djamel Eddine Omar Benaoum.

Si ce pays venait à soutenir la force conjointe, c’est un poids lourd qui, en plus du Nigeria, pourrait sans doute peser dans la lutte contre les groupes armés terroristes.

L’avantage d’un éventuel soutien de l’Algérie, c’est que ce pays a de vrais combattants militaires, des moyens aériens et terrestres adéquats.

La Global fire power dans son classement des États d’Afrique qui ont plus de forces terrestres, a mis l’Algérie au 3e rang, après l’Afrique du Sud et le Maroc. L’Agence indique que le nombre total de chars et de véhicules militaires blindés du pays en 2022, est de 2 196 unités.

Ainsi, avec la participation de ces deux puissances militaires, la force conjointe peut sembler être apte à engager une traque des groupes armés terroristes.

Origine de l’Initiative d’Accra

L’Initiative d’Accra a été lancée en septembre 2017 par le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Togo, en réponse à l’insécurité grandissante liée à l’extrémisme violent.

C’est un mécanisme de sécurité coopératif et collaboratif qui repose sur trois axes : le partage d’informations et de renseignements ; la formation du personnel de sécurité et de renseignement ; et la conduite d’opérations militaires conjointes transfrontalières.

Le lancement de l’initiative est antérieur à l' »Opération Otapuanu » (en début mars 2019) à la suite de laquelle, les autorités burkinabè avaient alerté leurs homologues du Bénin, du Togo et du Ghana, des tentatives de pénétration d’éléments des groupes extrémistes violents dans leurs territoires.

Le Mali et le Niger ont été admis dans cette Initiative en tant qu’observateurs, compte tenu de leur proximité avec les États côtiers et de leurs expériences en matière de lutte contre le terrorisme.

Lire aussi: Lutte antiterroriste: après le G5 Sahel, voici maintenant la force conjointe d’initiative d’Accra

Cependant, leur absence au sommet de l’Initiative d’Accra peut peut-être jouer sur la stratégie militaire de la force conjointe qui est en attente d’être opérationnalisée.

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