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Lutte contre le terrorisme : Cheriff, Ousseni et Moise, le trio de feu de Roch ?

Non ! Il ne serait pas prématuré de dire que le président Kaboré a enfin trouvé la combinaison gagnante contre le terrorisme. Depuis l’arrivée du nouveau gouvernement et le changement opéré au niveau des commandements, une certaine sérénité semble revenir dans les régions du Nord, du Sahel et de l’Est.

La fréquence des attaques terroristes par semaine a considérablement baissé et c’est à mettre à l’actif de la nouvelle équipe et de l’ensemble des acteurs de la lutte anti-terroriste. Il ne se passait pas une semaine sans une série d’attaques contre des symboles de l’Etat, explosion de mine artisanale contre des escortes des forces de défense et de sécurité, des enlèvements, des exécutions sommaires bref ! Les choses bougent même s’il y a encore beaucoup d’efforts à faire.

L’armée burkinabè s’est renforcée avec un minimum de moyens logistiques capables de faire le travail. On se souvient encore de l’annonce des 146 terroristes neutralisés à Kain et à Banh dans la région du Nord. Selon un officier, il s’agissait d’un travail de fourmi et souterrain. Il a ajouté qu’il n’y a pas eu une aide de Barkhane, notre armée de l’air a bossé seule. Les appareils, ce sont nos mêmes avions de chasse, les supers tucano mais nous avons acquis récemment un hélico de combat et nous attendons d’autres moyens.

Le peuple burkinabè était conscient que son armée était capable de riposter contre ces terroristes à condition qu’elle soit suffisamment équipée, ce qui a suscité d’ailleurs l’effort de guerre à plusieurs niveaux avec de cotisations par ci et par là.

Non ! il ne serait pas prétentieux de dire que la peur ou la terreur a progressivement changée de champ ces derniers jours. Absolument pas ! Et nous osons croire qu’il en sera ainsi pour le reste du temps. Après l’état d’urgence décrété le 31 décembre 2018, un couvre-feu a été instauré dans la région de l’Est depuis le 7 mars pour durer jusqu’au 20 avril de 19h à 6h du matin.

Un couvre-feu qui cachait une opération de sécurisation dénommée Otapuanu (foudre en langue gourmantchema). Dans un communiqué, le chef d’état-major général des armées a invité les populations à respecter les consignes de sécurité et collaborer avec les forces de défenses et de sécurités.

Cette région en avait besoin car depuis un bout de temps, elle était devenue la destination privilégiée de tous les groupes armés qui opéraient au vu et au su de tous. C’est une région qui vaut 40 000 km2 et fait frontière avec trois pays : le Niger, le Benin et le Togo. C’est donc, une opération salvatrice pour cette région dont certaines localités comme Kabonga étaient pratiquement tombées aux mains des terroristes qui y dictaient leur loi.

A la différence du Sahel fortement caractérisé par le désert et le sable, la région de l’Est est un territoire boisé avec des forêts classées. Des individus armés non identifiés avaient délogés chasseurs, braconniers et orpailleurs pour faire de ces lieux des sanctuaires pour des groupes terroristes et autres bandits assimilés. L’opération Otapuanu fait déjà ses effets. Il a été annoncé l’ouverture des écoles dans la région pour le bonheur des milliers d’élèves qui progressivement sont en train de regagner le chemin de l’école. Mais on le sait, la lutte contre le terrorisme reste une lutte de longue haleine qui connaitra des hauts et des bas.

Les terroristes aussi savent reculer pour mieux sauter. Et si en ces moments ils sont en apparence en recul, c’est sans doute pour revenir. C’est en cela que le système de défense et de sécurité doit demeurer efficace, vigilants et surtout bosser sans triomphalisme. En attendant l’heure du bilan, il y a lieu d’encourager tous ceux qui sont déployés sur ce front.

Albert Nagréogo
Libreinfo.net

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