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Mali : Ainsi les terroristes ont osé violer le mythique camp de Kati

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Camp de Kati
Image illustrative du camp de Kati

Des terroristes ont, à la grande surprise de tous, attaqué, l’un des plus grands camps militaires du Mali : le camp militaire Soundiata Keita de Kati. C’était dans la matinée du 22 juillet 2022 à Kati, une ville située à 15 km de Bamako la capitale du pays. L’attaque a visé une installation de la direction du matériel, des hydrocarbures et des transports des armées (DMHTA), selon le ministère de la défense.

Par Nicolas Bazié

La ville de Kati est le cœur de l’appareil militaire malien et le lieu de résidence du Président de la Transition, le colonel Assimi Goïta ainsi que son ministre de la Défense Sadio Camara et bien d’autres officiers de l’armée. Le camp militaire Soundiata Keita qui est dans cette ville, est donc actuellement, le centre névralgique du pouvoir en place.

L’évocation de son nom, Kati, en vaut déjà quelque chose dans la conscience des maliens. La France y avait implanté le 2e régiment des tirailleurs sénégalais en 1886. C’est aussi dans ce fief de l’armée de terre que sont partis de nombreux coups d’État au Mali depuis novembre 1968 jusqu’en 2020, date de la chute du pouvoir de Ibrahim Boubacar Keita.

Les coups d’Etat contre les régimes de Modibo Keita, de Moussa Touré et de Amadou Toumani Touré dit ATT sont partis de cette garnison. Le coup d’État le plus récent est celui contre le défunt président Ibrahim Boubacar Keita, perpétré en 2020 par le colonel Assimi Goïta. C’est aussi là-bas que le IBK a été conduit dès qu’il a été renversé par le putschiste.

Ce camp, qui est en fait dans une ville non loin de Bamako, compte quatre régiments dont chacun possède 2000 hommes : un régiment d’infanterie, un régiment de blindés (35e régiment blindé) un régiment d’artillerie et un régiment des transports (régiment de transports et d’entretiens).

Le chef d’État-major général des armées (CEMGA) et le directeur du matériel, des hydrocarbures et du transport des armées y ont leurs bureaux. Presque l’arsenal militaire de l’armée malienne est logé dans ce camp devenu une zone « sacrée ».

On y trouve un centre d’instruction, le Prytanée militaire de Kati, une polyclinique où sont soignés la plupart des blessés de guerre.

Les militaires logent directement dans le camp, avec un foyer des militaires mariés, tous grades confondus, et un autre quartier pour les militaires célibataires.

La plus grande partie des habitations de Kati sont des constructions de fortune, en banco ou en tôles rouillées. Plusieurs officiers de l’armée nationale sont passés dans ce camp bien réputé depuis le XIXè siècle.

Le camp militaire de Kati, haut-lieu de l’histoire politico-militaire malienne est, en effet, une forteresse digne de ce nom. Certains diront qu’il est difficile voire impossible d’attaquer ce camp. Pourtant, les terroristes ont osé le faire le 22 juillet 2022, d’où la question de savoir faut-il craindre ?

Des kamikazes pour attaquer le camp de Kati

Ainsi, tôt le matin du vendredi 22 juillet 2022, les groupes armés terroristes notamment le JNIM, groupe de soutien à l’islam ont voulu souiller le mythe qui entoure cette caserne. Ils ont attaqué la garnison avec deux véhicules bourrés d’explosifs et des kamikazes à bord.

L’attaque a visé une installation de la direction du matériel, des hydrocarbures et des transports des armées (DMHTA) selon le ministère de la Défense.

Lire aussi: Mali: le groupe de soutien à l’islam (GSIM) de Iyad Ag Ghali revendique l’attaque de Kati

Le bilan provisoire de cette attaque fait cas de 7 terroristes tués, 8 interpellés et du matériel récupéré. Du côté de l’armée malienne, on enregistre un militaire décédé et 6 autres blessés dont un civil. Les terroristes ont donc violé cette enclave militaire très craint depuis des années.

La riposte des forces spéciales maliennes était à la hauteur du danger. Les soldats ont réussi à préserver l’honneur de Kati en montrant une fois de plus que c’est une forteresse imprenable.

Cependant, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Quelques questions demeurent, comment les terroristes ont pu préparer leur opération depuis longtemps pour enfin passer à l’acte à l’intérieur du camp ?

Après une telle attaque terroriste contre ce qui est, de nos jours, le camp militaire le plus grand et le mieux protégé du Mali, il y a de quoi se poser beaucoup de questions.

Il ne faut pas baisser la garde, toujours rester vigilant car cette attaque montre que le système sécuritaire a toujours des failles.

La dernière attaque terroriste à Bamako remonte d’il y a sept ans. En effet, en mars 2015, des terroristes ont attaqué l’hôtel Radisson Blu et le restaurant La Terrasse. L’attaque avait fait 25 morts.

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