Accueil Politique Mali: pourquoi la Cedeao ne voit la crise que sous l’angle politique?

Mali: pourquoi la Cedeao ne voit la crise que sous l’angle politique?

Le Président Nigerien Mahamadou Issoufou et l'ancien President du Nigeria Goodluck Jonathan
Le Président Nigerien Mahamadou Issoufou et l'ancien President du Nigeria Goodluck Jonathan

Depuis le début de la crise malienne,la Cedeao enchaîne les missions à Bamako pour rencontrer les protagonistes. Après la mission du 18 au juin 2020,c’est une autre mission qui s’est rendue à Bamako le week end du 20 juillet. L’on apprend encore que des chefs d’Etat sont attendus à Bamako le 23 juillet pour une médiation. Il s’agit des Présidents ivoirien Alassane Ouattara,nigérien Mahamadou Issoufou,sénégalais,Macky Sall et ghanéen Akufo-Addo Nana.Les deux précédentes missions ont été un échec, reste à savoir si la délégation présidentielle de la Cedeao y arrivera.

Par La Redaction

Pourquoi les deux missions de la Cedeao à Bamako ont toutes été un échec? Aussitôt les différentes délégations de l’institution sous régionale ont annoncé leurs communiqués finaux qu’ils ont été rejetés par les protagonistes de la crise. De notre avis,la Cedeao ne voit la crise malienne que sous l’angle politique pour ne pas dire très politique.La première médiation a vite proposé des solutions purement politiques telles que le réexamen des résultats du scrutin législatif,la constitution d’un gouvernement d’union nationale,l’application des résultats du dialogue inclusif et l’application de l’accord de paix d’Alger avec à la clé un avertissement que l’accession au pouvoir ne peut être que par voie constitutionnelle.

Ces prétendues solutions n’ont pas trouvées d’échos favorables auprès de l’opinion malienne. Malheureusement,la deuxième mission revient avec les mêmes propositions de sortie de crise très politique. Dimanche 20 juillet,au terme de la mission,les membres de la délégation ont encore proposé les mêmes recettes:la reconstitution de la cour constitutionnelle après l’abrogation du décret de nomination de ses membres,la résolution du litige concernant les 31 sièges contestés au parlement et la formation d’un gouvernement d’union nationale,le tout couronné encore par un avertissement”aucune forme de changement non constitutionnel d’accession au pouvoir ne sera accepté par la Cedeao”.

Pourquoi la Cedeao fait semblant de ne pas voir le problème? La crise n’est pas que politique,elle est hautement sociale avant tout.Comment ne pas intégrer cette donne dans la résolution du conflit pour espérer une bonne sortie de crise?

Le diagnostique de la situation faite par l’Imam Mahmoud Dicko et ses camarades est connu de tous depuis le début de la crise.Ils denoncent entre autres:une gestion catastrophique de de la crise multidimensionnelle au Mali,des forces armées et de sécurité laissé à l’abandon,la mal gouvernance,la corruption,la gabegie financière au détriment du monde paysan et du secteur privé,la détérioration sans précédent des services sociaux de bases comme l’éducation,la santé,l’électricité,l’eau,les infrastructures routières,la popularisation croissante des populations laborieuses,des atteintes récurrentes aux valeurs et principes de la République,les droits et liberté et collectifs en péril etc.

La crise n’est pas uniquement l’affaire des acteurs politiques.Il, faut bien que la Cedeao comprenne cela très vite sinon la situation risque de l’échapper.La crise a gagné beaucoup de sphères qu’il faut travailler à la résoudre autrement que sous le prisme de la politique. Autrement dit,elle pourrait échapper à la médiation de la Cedeao si elle continue de vouloir la régler sous l’angle politique et les avertissements. La jeunesse est fortement acquise à la cause de cette lutte dont il faudrait écouter suffisamment pour penser à une véritable résolution.

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