Accueil Culture Manu Dibango, le baobab africain de l’afro-jazz, n’est plus

Manu Dibango, le baobab africain de l’afro-jazz, n’est plus

La légende de l’afro-jazz, saxophoniste international d’origine camerounaise, Manu Dibango, est décédé ce 24 mars 2020 à l’âge de 86 ans, dans un hôpital près de Paris. Il y a quelques jours, l’artiste a été testé positif au coronavirus qui a fini par avoir raison de lui.  Bref retour sur le parcours de l’illustre disparu.

Par Siébou Kansié

Un vrai amoureux, passionné de la musique s’en est allé. La musique, il y a fait carrière toute sa vie. Emmanuel N’Djoké Dibango à l’état civil, il est plus connu sous l’appellation Manu Dibango. Né à Douala au Cameroun le 12 décembre 1933, il intègre dès son jeune âge, la chorale du temple où sa mère intervenait occasionnellement comme professeur. C’est ainsi qu’à l’aide de gramophone de ses parents, un instrument musical, il a apprend à interpréter certaines musiques françaises, américaines et cubaines.

A l’âge de 15 ans, il est envoyé en France pour des études. Là, il fera la rencontre avec le musicien Francis Bebey. Ils constitueront un groupe. Et c’est parti pour des productions dans les clubs. Presqu’entièrement pris par les activités musicales, il rate son baccalauréat. En réaction à cet échec, son père le prive de vivres.

Face à cette situation, Manu Dibango va migrer vers la Belgique où il raconte une communauté congolaise très emballée dans la musique. Son jazz va s’africaniser. Il utilise le saxophone comme instrument phare de sa musique.

Il prend son autonomie musicale en 1960. Dans la même année, son pays, le Cameroun est en guerre civile. Il repart en France et se fait engagé par Dick Rivers ou Nino Ferrer, des stars françaises. En 1990, Manu Dibango enregistre un album de reprises des plus grands tubes africains intitulé ‘’Wakaafrika’’ (un voyage de Dakar à Cape Town) auquel participent Youssou N’Dour, Salif Keita, Angélique Kidjo, Peter Gabriel.

En 1997, Dibango crée le « Festival Soirs au Village », qui se déroule chaque année dans la ville de Saint-Calais. Trois ans plus tard, Luc Léandry,le chanteur guadeloupéen demande sa collaboration sur le titre Bondié qui a été le meilleur extrait de son album ‘’Peace and love’’. Puis, en 2001, Werrason lui fait appel pour une collaboration dans une chanson de la Croix-Rouge humanitaire, dans l’album Kibwisa Mpimpa avec la chanteuse Nathalie Makoma.

En 2007, Manu Dibango parraine officiellement la 9e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), tenue du 24 février au 3 mars 2007.

Le 3 février 2009, Dibango attaque en justice les maisons de disques de Michael Jackson et de Rihanna pour avoir utilisé sans autorisation le thème de Soul Makossa. L’affaire a été gérée à l’amiable à travers une entente financière.

Le 8 septembre 2015, il est nommé Grand Témoin de la Francophonie aux Jeux Olympiques et Paralympiques de Rio 2016.

Le 2 juillet 2016, Dibango passe en vedette au premier Jazz Festival de Port-Barcarès. Il décède ce 24 mars 2020, après s’être testé positif au coronavirus (Covi-19) et hospitalisé pendant six jours en France.

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