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Meurtre et actes de grand banditisme en 2019 : Justice rendue à René Wendbenedo Nikièma

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meurtre de M. René Wendbenedo NIKIEMA
Image des juges au procès

Lundi 26 septembre 2022 s’est tenu au Tribunal de grande instance de Ouaga II, le procès sur l’affaire de vol et de meurtre de M. René Wendbenedo NIKIEMA, survenu le 27 octobre 2019 dans un kiosque Orange Money, à Ouagadougou.

Par Sié Offi SOME

L’affaire, à l’époque, avait fait beaucoup de bruit. Pour ceux qui s’en souviennent, un jeune homme de 39 ans, René Wendbenedo Nikièma, avait été mortellement atteint de balle au ventre.

Il intervenait alors, courageusement, pour neutraliser un bandit armé qui venait de voler, arme au poing, les recettes d’un kiosque Orange Money, le 27octobre 2022. La boutique était située à proximité du domicile de M. Nikièma, dans le quartier Bilbalogo, non loin du stade municipal.

Le malfrat avait réussi à s’enfuir. Les recherches menées au cours de l’enquête avaient permis d’identifier, de retrouver et de faire arrêter un accusé, Jérémie Modérât Kaboré, gendarme de profession.

Lors du procès de cette affaire, ouvert hier 26 septembre 2022, au Tribunal de grande instance de Ouaga II, le gendarme Jérémie Modérat Kaboré a été reconnu coupable du meurtre de René Nikièma.

Il est aussi reconnucoupable d’actes de grand banditisme pour avoir volé près de 2 millions de F CFA lors du braquage armé d’un
kiosque Orange Money de Ouaga le 27 octobre, le second, après un premier opéré à Koudougou cinq jours auparavant, le 22 octobre 2019.

Il a été condamné à la prison à vie et à verser des sommes aux parties civiles pour les préjudices subis. (Les ayant droits de René Nikièma) . Les gérants des deux boutiques, Me Prosper Farama a assuré la défense de la famille de René W. Nikiema tandis que Me Paul Kéré était le conseil du gendarme Kaboré.

En vue de connaître le déroulement des faits et de parvenir à la manifestation de la vérité, les différentes parties civiles ont d’abord été appelées à la barre. L’une après l’autre, elles ont exposé au tribunal présidé par le juge Son Louis Ouattara, leurs versions des faits.

Il s’agit, notamment, de :
– Me Prosper Farama pour les ayant droits de René W. Nikièma ;
– Irène R. Niodogo, veuve de René Nikièma ;
– Kiswendsida J. Yannick, petit-frère de René Nikièma ;
– Mme Christiane Marie-Joseph Ouédraogo à qui l’accusé, dans sa fuite après son forfait, avait retiré la moto ;
– M. Blaise Thomas Bationo et de M. Gaoussou Kaboré, gérants des deux kiosques, respectivement à
Koudougou et à Ouagadougou. Ils ont déclaré que sous la contrainte d’une arme brandie par l’accusé, ils lui ont remis les sommes alors en leurs possessions.

Des témoins sont venus répondre à la cour pour aider à la manifestation de la vérité dans ce qui s’est déroulé, aussi
bien à Ouaga qu’à Koudougou. Il s’agit, entre autres, d’un militaire à la retraite, Alain Jean Claude Zagré et de la sœur de l’accusé, Nina Delphine Kaboré.

Des faits comme dans un film

Dans le cas du braquage du kiosque de Orange Money à Ouaga, c’est aux environs de 17h, le 27 octobre 2019, que l’accusé Jérémie Modérât Kaboré va opérer. Il arrive sur les lieux à moto, se fait passer pour un client et une fois à l’intérieur, brandit une arme.

Sous la menace, le gérant lui remet les recettes du jour. En sortant, le voleur se heurte à René Nikièma, dont la maison est à côté du kiosque. Dans la lutte engagée entre les deux hommes, le malfrat est projeté à terre par M. Nikièma. Le bandit se saisit de son arme et tire à bout portant sur le jeune homme qui est touché au ventre. Le malfrat, l’arme solidement au poing, menace cette fois les gens accourus.

Le bandit a enfourché sa moto. Celle-ci ne démarrant pas, il a enlevé la plaque d’immatriculation de l’engin puis s’est enfuit à pied dans le quartier. Dans sa fuite, il a rencontré la dame Ouédraogo à qui il a retiré la moto.

L’officier militaire à la retraite a raconté à la cour comment, au volant de sa voiture, il avait poursuivi l’accusé dans la ville et comment il avait dû abandonner la partie. En effet, dans sa course, l’accusé n’avait pas hésité à s’arrêter et à le menacer. Seul et sans arme, le militaire à la retraite dit avoir regardé l’accusé disparaître sur la moto volée.

Dans son témoignage,il a estimé que c’est avec beaucoup d’assurance et de calme que l’accusé avait agi ce jour-là.

Des preuves scientifiques difficiles à nier. Dans la recherche de la vérité dans cette affaire, les enquêteurs ont fait appel à des preuves scientifiques. Ainsi, le relevé et la géolocalisation des appels téléphoniques, la vidéosurveillance dans la zone des faits, la balistique de l’arme utilisée confirmeront les témoignages désignant l’accusé Jérémie Kaboré comme l’auteur du meurtre et des actes de grand banditisme perpétrés. Les dénégations de l’accusé n’ont pas convaincu la cour.

Selon les propos de l’accusé, sa moto lui avait été volé, il n’était pas dans les endroits où sa présence avait été signalée par géolocalisation et relevés téléphoniques, etc.

Me Prosper Farama, l’avocat de la famille Nikièma va, lui, s’appuyer sur les différents témoignages recueillis et sur les preuves scientifiques rassemblées par la police scientifique et les compagnies de téléphonie mobile pour sa plaidoirie.

Pour l’avocat Farama, l’accusé est bel bien l’auteur du meurtre et des actes de banditisme commis. Me Paul Kéré, qui défendait l’accusé, le gendarme Jérémie Modérat Kaboré, a tenté de plaider la clémence du tribunal.

Il s’est appuyé sur les témoignages de la famille et des promotionnaires gendarmes de l’accusé décrit un être sociable, calme. Le tribunal présidé par le juge Louis San Ouattara, a rendu son verdict, à minuit passé. Ce verdict est le suivant :

– l’accusé Jérémie Modérât, reconnu coupable de meurtre et d’actes de grand banditisme, est condamné à la
prison à vie ;

A titre de réparation du préjudice subi, le tribunal a examiné les demandes des parties civiles et a condamné le coupable à verser :
– 10 millions F CFA à chacune des filles de René Nikièma ;
– 10 millions F CFA à la veuve ;
– 3 210 000 F pour le gérant de kiosque de Koudougou ;
– et 450 000 F CFA le gérant de kiosque de Ouaga.
– La partie perdante prendra en charge les frais des conseils à ce procès.

Pour le petit frère, J. Yannick Nikièma, qui se dit maintenant soulagé, l’essentiel est que la justice a été rendue. Les parents, proches et amis venus nombreux au procès, sont également satisfaits et souhaitent que l’âme de René W. Nikièma puisse reposer en paix.

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