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Mort de 10 gendarmes à Toéni : découverte d’une province à haute insécurité abandonnée par l’Etat

Les corps des 10 gendarmes tués dont le commandant de brigade territoriale de Toéni dans l’embuscade le jeudi 27 décembre à Toéni dans la province du Sourou, ont été évacués à Dédougou dans la même soirée. Au lendemain de ce guet-apens, la psychose règne à Loroni et a Toéni.

Les faits ont débuté dans la matinée. 4 individus armés non identifiés ont incendié les documents de l’école primaire de Loroni, un village situé à 22 km de la commune rurale de Toéni, localité frontalière avec le Mali. Le commandant de brigade de la gendarmerie de cette commune rurale qui a reçu l’alerte, aurait été informé également que les assaillants ont emprunté une piste pour traverser la frontière en direction du Mali. Il a immédiatement mobilisé ses hommes pour aller faire les constats d’usage et procéder à un ratissage. C’est autour de 11h que les premières informations sur des tirs entre deux villages notamment Pelga et Loroni ont commencé à circuler. Il n’y avait aucun doute, les hostilités entre la gendarmerie et les assaillants avaient commencé avec en tête le commandant de la brigade qui y a perdu la vie. Plus tard, on apprend que 6 gendarmes de la brigade territoriale de Toéni venaient de tomber les armes à la main à 5 km de Loroni. Cependant, on était loin d’imaginer que ce bilan allait s’alourdir avec l’équipe de renfort qui venait de Dédougou chef-lieu de la région de la Boucle du Mouhoun, pour l’enlèvement des corps et un ratissage. L’un des véhicules de cette équipe a sauté sur une mine dont le bilan est de 4 morts et 3 blessés. Ce qui porte désormais le bilan à 10 morts et 3 blessés.

L’insécurité grandissante dans une zone oubliée

La zone est en proie aux actes terroristes depuis plusieurs années. Malgré les appels incessants des populations, la sécurité n’était pas à une vigilance maximale. Le 4 décembre 2018, un conseiller municipal et un Kolgwéogo ont été enlevés tard dans la nuit dans leurs domiciles par des individus armés. Si le Kolgwéogo a été libéré, le conseiller municipal reste sans nouvelles. Cet enlèvement avait suscité une peur généralisée qui a valu la fermeture de 33 écoles primaires dont 3 coraniques et plusieurs autres lycées, les enseignants ont tous déserté.
Le terrorisme ou le banditisme de la zone est bien connu des autorités. Le 27 septembre 2017, la brigade territoriale avait fait les frais des hommes armés, et 5 motos avaient été emportées. Le 1er janvier 2018, la même gendarmerie fut la cible des assaillants qui réussirent à emporter 3 motos des gendarmes. Le 27 novembre 2018, ils mènent une autre attaque à Gomboro. Et plus tard le 7 décembre 2018, deux policiers furent tués à Kiembara toujours dans la province du Sourou. Bien avant cela, un douanier avait été attaqué et son arme retirée par ses ravisseurs.
Depuis ces évènements, toutes les 33 écoles primaires et les lycées de la commune selon une source, ont fermé. Le travail de rétablissement de la quiétude était entamé afin que les enseignants reviennent le 4 janvier 2019 pour reprendre les cours, lorsque cette situation est intervenue et a concerné les acteurs de ce travail. Cette attaque n’en est pas une à Toéni. Le gouvernement était bien au courant de la situation sécuritaire dégradante dans la zone. Mais tout porte à croire que les mesures prises n’étaient pas à la hauteur de l’insécurité. Est-ce une négligence ou manque de moyens ? C’est toujours l’éternelle question. Loroni où se sont déroulés les faits, est situé à environ 300 km de Ouagadougou.

Siébou Kansié

Libreinfo.net

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