Accueil Culture Musique:To Finley, « La bête de la scène cassa le micro »

Musique:To Finley, « La bête de la scène cassa le micro »

Le celèbre artiste burkinabè To Finley a tiré sa révérence vendredi 17 avril à Ouagadougou à l’age de 68 ans .Vedette en herbe des années 60, à la maîtrise scénique extraordinaire, To Finley entre définitivement dans la cours des personnalités historiques burkinabé.

 

Par KEN(stagiaire)

La carrière de To Finley débuta dans les années 1960 et fût rapidement consacré par les 45 tours et 33 tours réalisés avec le groupe « super volta ». Il rejoindra ensuite le groupe « news system pop » à Abidjan avec lequel il sortira 2 albums.Attiré par les rythmes anglo-saxons et le soul américain, il pouvait parfaitement imiter James Brown, ce qui lui a valu le sobriquet du « James Brown burkinabé. ». Au cours d´un concert, en voulant toujours imiter les gestes sur scènes de James Brown, il cassa le micro. « On venait d´avoir le micro », confia t-il à la chaîne 3TV. « Ce fût de la rigolade et de la bagarre » ajouta t’il, avec son rire envoûtant.

To Finley était un fils du terroir comme il a démontré à un de ses tous premiers concerts en Italie, où il a « réalisé le clip pied nu. » Car disait-il, « je tenais toujours à mes habits traditionnels. Je ne pouvais pas me mettre dans des beaux mocassins tandis qu’au village cela ne représentait pas la réalité ».

Cette personnalité qu’il était l’a probablement pénalisé aussi. À partir des années 1990 la descente aux enfers a véritablement commencé pour le fils de Boromo. « Je suis un mendiant moderne disait-il » au cœur de sa lutte pour la survie. Il n´a pas réussi à vivre de son talent. Son talent lui a survécu.

Sur le moteur de recherche « Google » quelques bribes d’informations sur le géant To Finley vendent plutôt ses talents : « écoute gratuite, téléchargement mp3, vidéo-clips etc. Au delà du « James Brown burkinabé » qui a tiré sa révérence, c´est l´industrie culturelle qui doit véritablement se poser des questions.

To Finley est partie la tête haute comme il chantait dans Labeman Beowa « I refuse to be afraid, I refuse to be the last, I refuse to do, what you want me to do » : je refuse d´avoir peur, je refuse d´être le dernier, je refuse de faire ce que tu m´imposes. » Ailleurs il disait : « but I’ll never be the griot, I’ll always sing what I think is positive for you, I love my country », « je ne serai jamais le griot que tu veux, je chanterai toujours ce que je crois positif pour toi, j´aime mon pays. »

Bon nombre d´artistes africains subissent actuellement dans l’ombre le sort du « James Brown Burkinabé. » Son départ doit être un appel aux artistes. Afin de s’organiser pour mieux vivre de leur talent et garantir une retraite décente. Les artistes doivent comprendre que seul et isolé, ils ne réussiront pas à protéger leurs talents et nul ne le fera à leur place.

To Finley, ton leitmotiv « je refuse, je refuse, je refuse » est la preuve de ta personnalité ! Reposes en paix, ta personnalité restera éternelle!

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