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Ouahigouya (Nord): Les leaders communautaires prient pour la paix et le vivre-ensemble au Burkina

Ouahigouya: coalition Jam,paix et cohésion sociale
Les leaders communautaires participent massivement aux échanges sur la paix et le vivre-ensemble organisés par la Coalition Jam

La caravane de la coalition Jam(paix) était à Ouahigouya, région du nord le 2 janvier dernier pour une rencontre avec plusieurs leaders autour de la question du vivre ensemble, la cohésion sociale et la paix. Plusieurs associations sont membres de cette coalition dont: l’association pour la bienfaisance Rahma, le réseau des Rougga pour le vivre ensemble, l’association Tabital Andal des maîtres coraniques du Sahel et bien d’autres. L’objectif est de ressouder le tissu social effrité par le terrorisme, afin de rétablir la paix et le vivre ensemble au Burkina Faso. 

Par Georges Ouédraogo, correspondant Yatenga

Ouahigouya a accueilli la caravane de la coalition Jam pour la paix et la cohésion sociale le 02 janvier 2021 après Djibo, et Fada N’Gourma. La caravane a réuni les leaders communautaires locaux de la région du nord pour mener de franches discussions à l’issue desquelles, une déclaration dite la “déclaration de Ouahigouya” a été formulée à l’endroit des autorités administratives afin de répondre au besoin de la sécurité.

Les manifestations de l’insécurité, les solutions pour y faire face, sont entre autres, des sujets autours desquels les caravaniers ont échangé.  Des communications ont été données par Dr Aly Ouédraogo, spécialiste en Histoire politique et sociale, et l’imam Johnny Talouda de CERFI sur les « Rôles et responsabilités des leaders d’opinions dans la quête de la paix et de la cohésion sociale. »

De ces communications, il ressort la nécessité pour les leaders communautaires (religieux, coutumiers, société civile, etc.) d’incarner les valeurs d’intégrité, le sens élevé de la responsabilité, d’être de véritables éducateurs générationnels. C’est de cela que le Burkina pourra retrouver sa légendaire vivre ensemble et de paix.

El Hadj Moussa Cissé, président de la CJPaCS a d’abord rendu hommage aux victimes de la crise sécuritaire avant de donner le but ultime de la caravane. D’un ton geignard, il déclare :” Notre pays a mal de sa cohésion sociale et de sa paix. Ouahigouya fait partie des localités durablement affectées par cette situation. Donc, il y a nécessité que nous discutions pour la paix dans notre pays. C’est cela le but de la CJPaCS”, précise-t-il.

Rien ne peut se réaliser sans la sécurité et la paix

Selon Aminata Tarnagda, Haut-commissaire du Yatenga et représentant du gouverneur, l’activité va en droite ligne avec la réconciliation prônée par le Chef de l’Etat Roch Kaboré. Elle promet de transmettre sans délais, la déclaration finale issue des échanges.

Les leaders communautaires qui ont massivement participé aux échanges, ont prié pour la paix et le vivre-ensemble au Burkina Faso. Le chef de Canton de Tongomayel, commune de la province du Soum, région du Sahel, en proie à l’insécurité, est convaincu que rien ne peut se réaliser sans la sécurité et la paix. Ravi de la mobilisation de la population, des leaders de la région autour de la caravane, il se dit rassuré que très bientôt, la paix sera dans le pays. Il appelle les autorités à réagir promptement à la « déclaration de Ouahigouya » pour le retour de la paix et du vivre ensemble.

Cheick Abdoul Aziz Ouédraogo venu de Titao, province de Loroum, appelle les leaders communautaires ayant pris part à la caravane, de faire une restitution à la base. Toute chose qui permettrait d’agir largement et vite pour la paix au Faso.

L’étudiant Saibou Tall, membre de la caravane explique le sens de « Jam », nom que porte la coalition d’associations qui mène la tournée. « ’’Jam’’ est un mot fulfulde qui veut dire paix. Donc, l’activité organisée par la coalition Jam est vraiment la bienvenue dans ce contexte de crise sécuritaire. » Il a par ailleurs indiqué qu’un don de vivres est aussi prévu en marge de la caravane aux personnes déplacées internes en signe de solidarité et d’union pour le retour de la paix au Faso.

Amadou Ambroise Diarra, commissaire de police à la retraite et membre de la CJPaCS, déclare pour sa part que sur le plan religieux, l’autorité doit prendre des dispositions pour lutter contre l’obscurantisme en recadrant certains enseignements, promouvant la liberté d’exercer librement sa foi, conformément au caractère laïc du Burkina. Il demande à l’autorité de prendre des mesures pour impliquer les leaders communautaires sur les questions de paix et de cohésion sociale et faire du foncier, une meilleure gestion. M.Diarra a aussi souhaité que le gouvernement travaille davantage à libérer les axes routiers bloqués par des groupes armés terroristes et faire la promotion d’une bonne gouvernance y compris d’une justice équitable.

La CJPaCS a prévu de sillonner six régions parmi les treize régions du pays éprouvées par le terrorisme, pour le retour de la paix et de la cohésion sociale. Au terme de la caravane dans toutes ces régions, une déclaration finale sera remise aux autorités burkinabè.

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