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Procès charbon fin : ce que le Directeur Général d’IAMGOLD Essakane a dit devant la justice

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Le directeur général de IAM GOLD Essakane SA, représentant cette société minière dans l’affaire dite charbon fin ainsi que les experts ont de nouveau été appelés à la barre ce 27 novembre 2023, au Tribunal de grande instance Ouaga I. 

Par Nicolas Bazié

Après de longues heures de débats sur la qualité à siéger de deux membres composant le ministère public, l’expert du parquet a été appelé à la barre pour donner son analyse sur l’expertise faite par les experts judiciaires.

Devant le juge, l’expert du parquet fait noter ceci: « sur le site de la mine d’ Essakane, lors de la mission d’expertise, nous avons été confrontés à quelques difficultés. Nous avons demandé à la société minière de mettre à notre disposition, l’outil qu’elle utilise pour faire son échantillonnage. Essakane nous a répondu que l’outil n’était pas disponible. Donc, nous ne pouvons pas procéder de la même manière que la mine. L’échantillonnage fini, le mandataire de Essakane a refusé de signer le procès-verbal (PV) ». 

Selon lui, Essakane aurait également refusé de mettre à leur disposition, des échantillons témoins conservés après expédition de la cargaison. « Nous avons donc dû libérer notre génie créateur», a dit l’expert du parquet.

Le DG de Essakane à la barre…

Dans le procès charbon fin, Tidiane Barry représente Essakane SA. Il est, en effet, le directeur général de cette société minière, accusée en tant que personne morale, de «fraude en matière de commercialisation d’or, de blanchiment de capitaux, d’exportation de produits dangereux, etc».

Le procureur l’appelle à la barre pour avoir quelques éclaircissements sur un certain nombre de points. Le taux d’humidité dans le charbon fin de Essakane et le taux donné par les experts est différent avec des variations atteignant les 40%. Qu’est-ce qui peut bien expliquer une telle variation ? C’est la question du procureur.

Tidiane Barry répond que cette variation est normale à cause du temps qui s’est écoulé. « Même si les experts font une autre analyse, ils vont trouver une autre valeur», fait-il comprendre, précisant que les chiffres d’Essakane sont conformes aux chiffres du rapport d’expertise.

« D’après les experts, votre cargaison est composée seulement de 34% de charbon fin si on prend le tamis de 850 microns, comment expliquez-vous cela ?», relance le procureur.

« Cela s’explique par le fait que les experts n’ont pas utilisé le bon tamis qui est de 1 mm (celui utilisé par Essakane, ndlr », répond le directeur général de Essakane.

Le procureur poursuit avec cette question : « Considérons que c’est un tamis de 1 mm. Donc les produits dérivés (corps solides, scories, pulpes, ndlr ) qu’on a retrouvés dans votre cargaison sont passés par le tamis de 1mm? ». Tidiane Barry d’indiquer que les produits dérivés sont passés par l’incinérateur.

Pour avoir plus d’informations, le procureur fait appeler les experts judiciaires à la barre. Ils soutiennent que chez Essakane, dans leur processus de traitement, les produits passent par un tamis de 1 mm, puis par un tamis de 630 microns et enfin la récupération du charbon fin.

Le procureur va ainsi chercher à savoir s’il est possible de récupérer du charbon fin à partir d’un tamis de 1mm. Les experts judiciaires répondent par la négation. « Non! Ce n’est pas possible», disent-ils, expliquant que c’est avec le tamis de 630 microns qu’on récupère le charbon fin.

L’audience reprend demain 28 novembre 2023 dans la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance Ouaga I.

www.libreinfo.net

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