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Procès putsch manqué : “j’ai l’impression que cette justice militaire ne mord que ceux qui sont déjà à terre” (Me Pascal Ouédraogo)

Dixième jour du procès du Général Diendéré. C’était le tour des avocats de la défense de poursuivre l’audience. La défense s’est beaucoup attardée sur l’implication de la hiérarchie militaire lors du putsch manqué.

Ils ont argué ce dixième jour de procès en essayant d’apporter les preuves qui justifieraient l’implication de la hiérarchie militaire. Quand est-ce que vous aviez décidé de créer le Conseil National pour la Démocratie (CND)? Et au Général de répondre” j’ai décidé de créer le CND après l’échec de la médiation. C’est en ce moment que j’ai rédigé la déclaration de mon retour du ministère de la défense où j’ai échangé avec la hiérarchie militaire.

Ce n’est que le 18 septembre que j’ai dit au chef d’État-major particulier de la présidence, Boureima Kiéré de me proposer la constitution du gouvernement”. Maître Degly fait remarquer que la hiérarchie militaire a escorté le Général Diendéré le 18 septembre 2015 jusqu’à l’aéroport où en tant que président du CND, il était parti pour accueillir la délégation de la CEDEAO pour la médiation.

Le cortège était composé non seulement des soldats du RSP mais aussi des gendarmes. Et pour Maitre Degly, cette attitude démontre que la hiérarchie militaire est partie prénante. La défense demande à ce que Dienderé et ses coaccusés puissent bénéficier de cette même grâce à l’image du Général Sadou et Le Général Zagre. Dans le cas contraire, la défense demande à ce que ces derniers viennent témoigner.

Me Degly rappelle que le parquet militaire a pris partie depuis le 7 décembre en essayant d’acquitter la hiérarchie militaire. Dans ce cas de figure, précise t-il, chacun a sa vérité. Le parquet militaire a sa vérité et le Général a aussi sa vérité. C’est pourquoi on ne peut avoir la vérité absolue, voire immuable sur cette affaire.

“Si les Généraux Sadou et Zagré venaient témoigner, la vérité s’approcherait plus de la vérité” a fait signifier Me Degly. Maitre Pascal Ouedraogo son confrère de la défense, souligne que le parquet militaire a posé un postulat selon lequel le Général en est le commanditaire du coup d’État et que le putsch n’est pas un fait du hasard.

Ce postulat est un péché selon Me pascal. Et à l’avocat Badini de conclure en ces termes  ” si nous parlons de l’implication de la hiérarchie militaire, c’est parce que nous voulons toute la manifestation de la vérité. La hiérarchie militaire avait dit qu’elle assurait le maintien de l’ordre, mais j’ai l’impression que cette justice militaire ne mord que ceux qui sont déjà à terre”.

Me Somé souligne que le parquet militaire s’est fondé sur une conviction que c’est le Général Dienderé qui a fait le coup au lieu d’apporter les preuves. Il rappelle que si Jean Pierre Bemba a été acquitté lors de son procès, c’est parce que la procureure du tribunal pénal international, Fatou Bensouda, avait une conviction au lieu d’apporter les preuves.

Ces avocats de la défense demandent donc au parquet militaire d’apporter des preuves qui attestent que le coup d’État à été prémédité au lieu de se fonder sur des convictions.

La défense du Général Diendéré ont aussi épilogué sur l’implication de la hiérarchie militaire. Pour eux, si la hiérarchie militaire a marqué son accord d’assurer le maintien de l’ordre, tout le monde doit être poursuivi ou à défaut, personne.

Kounkpo OUSSE
Libreinfo.net

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