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Procès putsch manqué: l’armée et lutte contre le terrorisme, les leçons de Bassolet

Au 5e jour de son audition, le général Djibril Bassolet s’est grandement ouvert au parquet. Dans ses réponses aux questions et observations du ministère public, il a proposé une solution à la crise que traverse l’armée, laquelle crise se matérialise par leur échec dans la traque des terroristes.

L’unique général de gendarmerie propose de gérer autrement la crise née du putsch. Le parquet, lui, s’intéresse au sort des victimes dans cette nouvelle gestion que propose le général. Et le chef des pandores d’expliquer sa solution : « Pour réaliser les droits des victimes, l’Etat doit les dédommager. Cela devrait être fait depuis l’an un du putsch, surtout avec l’aide financière importante apportée par la CEDEAO pour soulager les blessés et parents des victimes. Je ne dis pas que l’argent peut remplacer la justice, la douleur mais une forte somme d’argent peut aider les victimes et sauver le pays. Vous pensez que quelqu’un qui a reçu une balle et qui est dédommagé à 10 millions, ne peut pas être plus content, que de venir s’asseoir ici écouter un français qu’il ne comprend pas ? Entre deux maux, il faut choisir le moindre », explique- t-il.

Echecs de nos FDS face aux terroristes, conséquence d’une crise mal gérée

« Les confrontations et incompréhensions politiques ont fait beaucoup de torts à notre pays. Ce sont les rater de la gestion de l’armée depuis la mutinerie de 2011 qui nous ont suivi jusque-là. En 2011, les unités étaient sur le point de s’affronter. Dans la même année, des soldats ont tiré des roquettes de RPG7 dans le domicile du général Diendéré. Et l’on sait que quand on tire cette roquette dans un domicile, ce n’est pour que les gens en sortent vivants. Je ne veux accuser personne, mais à cette époque, la division était profonde au sein de l’armée », remarque le détenu de la MACA.

Il dit être témoin du bras de fer entre le général Honoré Nabéré Traoré et le lieutenant-colonel Yacouba Issac Zida au lendemain du départ du président Compaoré. « Honoré Nabéré Traoré voulait opposer un bras de fer à Zida et je l’ai supplié de laisser tomber. Beaucoup de chefs d’Etats l’ont également appelé pour cela. Je lui ai dit qu’aucun d’entre eux deux, n’était légitime du point de vue droit, pour gérer la transition à l’époque. Il y a eu des concertations qui ont permis à Zida de gérer la transition. Il a été chef de l’Etat et ensuite premier ministre. Il a voulu pendant ce temps transformer le RSP à sa cause ou à défaut l’anéantir. Zida a tout fait pour que l’irréparable survienne », a fait savoir le détenu.

Pour lui, le procès putsch a un effet dévastateur sur la cohésion de l’armée nationale. « Dans ce procès, toutes les générations de l’armée y sont représentées, allant des soldats de rang aux généraux. Même la crème de l’armée est citée au niveau des témoins. Toute l’armée est suspendue sur ce procès, faisant qu’elle n’est plus concentrée », regrette le général qui dit avoir des échos sur des éléments de l’ex-RSP dans l’armée qui sont stigmatisés. « Les autres militaires leur pointent du doigt. Ils les considèrent comme complices des djihadistes. Sinon, la nature du mal n’est pas hors de portée de notre armée. Le procès aura bientôt un an, mais la procédure dure 4 ans. Tout le monde mesure aujourd’hui les conséquences des poursuites engagées par la hiérarchie militaire ».

« Si j’avais le commandement de l’armée, j’aurais fait autrement. Je n’allais pas traduire toute l’armée en justice. Je veux dire par là qu’aucune poursuite pénale n’allait être enclenchée. Mais des sanctions disciplinaires allaient être engagées à l’endroit des éléments fautifs. Car si la poursuite d’une infraction va créer plus de dégâts que l’infraction n’en crée, on réfléchit par deux. Je transformerai les unités anti-terroristes de l’ex-RSP en escadron de gendarmerie pour créer plus d’unité et d’efficacité face à l’ennemi. La transformation ne dure que 9 mois de formation. Pour les sous-officiers, cela prend 6 mois », conclut-il.

Siébou Kansié
Libreinfo.net

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