Accueil Procès putsch Procès putsch manqué : le procureur met dehors les partisans de Bassolet

Procès putsch manqué : le procureur met dehors les partisans de Bassolet

L’on a cru être au procès de Hissène Habré, l’ex-président tchadien (1982-1990) tant le silence du général Bassolet était presque total, face aux multiples questions des avocats de la partie civile. Ces derniers ne se sont pas passés des questions et observations sur les écoutes téléphoniques entre le général et des personnalités civilo-militaires. Mais à chaque question, M. Yipinè Bassolet référait les avocats de la partie civile à sa défense.

Telle une pièce de théâtre où les comédiens sont des monologues, le procès a été spécial dans son déroulement. L’interlocuteur (M. Bassolet) des avocats de la partie civile s’était tu, les laissant parler seul. En plus du silence choisi comme mode de défense du général lorsque les questions et observations touchaient les écoutes téléphoniques, il y avait un public acquis à sa cause. Ce public était proche du box des accusés, et ne cessait d’ovationner le prévenu quand il prenait la parole. Mais son soutien n’a pas duré longtemps, car le procureur a demandé d’évacuer purement et simplement la rangée au motif de permettre au procès de se dérouler dans le silence. Cet incident est survenu lorsque Me Prosper Farama a voulu savoir si le mis en cause faisait parfois recours à d’autres services de renseignement lorsqu’il était ministre de la sécurité. Et l’accusé, de blanc vêtu, de réagir en ces termes : « Ce sont ces genres de débats que je veux éviter. Je savais où vous voulez en venir. Je ne répondrai pas à ces questions. Vous voulez m’entraîner sur un terrain inutile ». Il n’en fallait pas plus, pour que ces partisans et sympathisants déclenchent des applaudissements. Juste après ces acclamations, nous avons entendu « Sécurité, faites-moi vider la rangée de gauche pour qu’on puisse poursuivre dans le calme. Vous pouvez revenir après la pause si vous voulez ». Chose faite et l’audience a continué comme si de rien n’était.

Les écoutes téléphoniques sont irrégulières

Pourquoi autant de contradictions dans les propos du général Bassolet, se demandent les avocats de la partie civile. Au premier jour de son audition, il avait demandé de commencer immédiatement les débats alors que ses avocats discutaient d’une requête pour faux en écriture introduite au parquet. Propos en déphasage avec ceux de ses avocats selon Me Prosper Farama de la partie civile, qui se demandait si l’accusé et ses avocats ont pu se concerter avant de se présenter au tribunal. Aujourd’hui, le général qui disait ne pas reconnaître les écoutes téléphoniques parce que fabriquées de toutes pièces, truquées, sauvages, instrumentalisées, comme il les a qualifiées ; les a pourtant reconnues selon maîtres Guy Hervé Kam et Prosper Farama de la partie civile. Et pour cause, le général a déposé un recours contre l’Etat burkinabè à la cour de justice de la CEDEAO pour ingérence à la vie privée. Mais comment des conversations que l’on n’a pas eues, peuvent porter atteinte à sa vie privée, au point de l’amener à saisir la justice ? Où se situe alors l’ingérence s’il n’en est rien comme le sous-tend l’accusé ? Pour la partie civile, en introduisant ce recours, le général reconnait avoir conversé. Par conséquent, il peut contester le contenu en précisant ce qu’il a dit et ce qu’il n’a pas dit. Et s’il refuse de parler, le tribunal prendra acte, a souligné Me Prosper Farama.

Le natif de Nouna, qui avait selon les avocats de la partie civile nié au départ toutes conversations avec le commandant Damiba, a fini par les reconnaître lorsque Damiba, dans sa déposition a déclaré avoir communiqué avec lui. Les hommes à la robes noire disent ne plus comprendre le général. Pour eux, la conversation téléphonique entre Bassolet et Damiba, serait dans le but de solliciter un soutien militaire pour le RSP ; toute chose que l’accusé réfute.

Mais pour la défense, les écoutes téléphoniques doivent être réalisées à l’initiative d’un officier de police judiciaire, et par un appareil homologué. Un procès-verbal de celles-ci doit par la suite être dressé avec la date et signature. Cette procédure n’a pas été respectée avec leur client. Le travail a été donc entaché d’irrégularités et ne peut être accepté selon le conseil du général. Le procès reprend ce mercredi 9 janvier à 9h avec les interventions des avocats de la défense.

Siébou Kansié
Libreinfo.net

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