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Procès Thomas Sankara : « au regard du vide constitutionnel, le fait d’avoir un procès équitable serait fallacieux » (Me Prosper Farama)

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Procès Thomas Sankara
Me Prosper Farama, avocat de la partie civile au Procès Thomas Sankara.

Le procès du président Thomas Sankara et de ses douze compagnons qui a repris le lundi 31 janvier 2022, a été suspendu jusqu’à nouvel ordre en raison de la suspension de la Constitution suite au coup d’Etat du 24 janvier, par les militaires. Ce sont les avocats de la partie civile qui ont demandé cette suspension. Au sein de la défense, il y avait deux tendances. La première, a demandé au tribunal de statuer en fonction du droit. La deuxième, elle, s’est opposée à la suspension.

Par Rama Diallo

Le procès Thomas Sankara et compagnons est à la phase des plaidoiries. Ce lundi 31 janvier 2022, les parties au procès devaient plaider. Malheureusement, la suspension de la constitution due au coup d’Etat du 24 janvier 2022, va ralentir le processus.

Les avocats de la partie civile ont demandé la suspension du procès.  Selon eux, le procès ne peut pas se tenir alors que la constitution est suspendue. Me Prosper Farama indique qu’au regard du  vide constitutionnel le fait d’avoir un procès équitable serait fallacieux. Car aucun avocat ne pourra s’appuyer sur la base constitutionnelle pour développer un argument.

Au niveau de la défense, il y avait deux tendances. Le premier groupe qui était majoritaire, a demandé  au tribunal  d’appliquer le droit.

Le second groupe était contre la suspension. Me Ollo Hien, a demandé au tribunal de poursuivre l’audience. Il estime que la suspension de la constitution ne met pas fin à tous les autres lois de la république. D’après lui, la constitution ne fixe que les axes fondamentaux. La loi précise dans la pratique, comment cela doit se passer.

Il ajoute que le tribunal est indépendant et que la justice est rendue au nom du peuple. Il n’y a donc pas de raison pour que le procès soit suspendu.

Les autres lois continuent de produire effet. Par conséquent, le procès peut se poursuivre parce que le Mouvement Patriotique pour la Sauvegarde et la Restauration (MPSR), n’a pas changé le tribunal ; il n’a pas délocalisé l’audience ; il n’a pas changé le sermon des magistrats non plus. Donc, il n’y a pas de risque d’impartialité, a laissé entendre Me Hien.

Juste après la suspension du procès, la junte annonce au journal de 13 heures de la télévision nationale, le rétablissement de la constitution. Sans doute, le procès reprendra le 1 ou le 2 février 2022.

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