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Procès Thomas Sankara : « Dans ce procès, l’émotion balaie tout sur son passage », Me Olivier Yelkouny

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Gilbert Diendéré
Le tribunal militaire dans la salle des banquets de Ouaga 2000

Les plaidoiries des avocats de l’accusé Gilbert Diendéré étaient axées sur trois chefs d’accusations, dans l’après-midi du jeudi 24 mars 2022. Il s’agit de recel de cadavres, d’attentat à la sûreté de l’État et de complicité d’assassinat. Le général Gilbert Diendéré est poursuivi pour quatre chefs d’accusations, dont la subornation de témoin. Me Olivier Yelkouny, Me Abdoul Latif Dabo, Me Mathieu Somé et Me Kossi Saba sont ses avocats dans ce procès Thomas Sankara

Par Rama Diallo

Concernant la subornation de témoin, Me Abdoul Latif Dabo avait plaidé dans la matinée du 24 mars, pour un acquittement du Général Gilbert Diendéré, pour infraction non constituée.

Sur le recel de cadavres dont est accusé Gilbert Diendéré, la plaidoirie de Me Saba s’est fondée sur deux points essentiellement. Il s’agit de la base légale de l’infraction et la non-caractérisation de l’infraction.

Pour la base légale, l’avocat explique que l’on est en face d’un « délit plutôt qu’un crime ». Selon l’avocat, le code pénal français de 1810, applicable à ce procès précise qu’au-delà de 3 ans après l’infraction, celle-ci est « prescrite.»

Or, ce n’est qu’en 2015, soit 27 ans après que le recel de cadavres a été commis dans les accusations contre le général. Pour Me Kossi Saba, il n’y a plus lieu de poursuivre son client pour recel de cadavres.

« Parmi les détenus de la MACO qui ont inhumé les corps des victimes, personne n’a cité Gilbert Diendéré comme étant celui qui a donné les instructions pour l’enterrement », a précisé l’avocat.

Pour le conseil, il n’y a pas l’élément matériel qui montre que le général a donné des ordres. Par conséquent, il a demandé l’acquittement de son client concernant ce chef d’accusation.

Me Olivier Yelkouny est intervenu sur ce même chef d’accusation. Il a indiqué que l’opinion a déjà désigné le  général Gilbert Diendéré comme coupable. Et elle attend une peine maximale pour ce dernier. « Dans ce procès, l’émotion balaie tout sur son passage », a martelé le conseil.

L’avocat a démontré que son client ne devait pas être poursuivi pour recel de cadavres. « Blaise Compaoré dans ses explications a dit, le seul ordre que j’ai donné. J’ai demandé de faire enlever les corps», a-t-il lu.

Aucun élément tangible n’accuse le général pour l’infraction recel de cadavres, a fait noter Me Yelkouny.

Attentat à la sûreté de l’état

Concernant l’infraction d’attentat à la sûreté de l’État , l’avocat Olivier Yelkouny a rappelé au tribunal, que les faits se sont passés quand son client était un lieutenant de 27 ans.

Il a signifié à la chambre qu’un sentiment n’est pas une preuve en droit pénal. « Juge ce que tu vois et laisse Dieu juger ce que tu ne vois pas», a cité le conseil.

Si la preuve de la culpabilité n’est pas prouvée, alors l’on acquitte, a lancé l’avocat au tribunal. Et de poursuivre:  «Tant qu’on a pas de preuve, on ne condamne pas. Même si les personnes qui ont subi des préjudices auront mal ».

Pour terminer sa plaidoirie, il a demandé l’acquittement de son client pour infraction non constituée.

Complicité d’assassinat

Me Abdoul Latif Dabo dans sa plaidoirie sur la complicité d’assassinat, a évoqué des jurisprudences internationales, pour démontrer l’insuffisance de preuves de la partie civile et du parquet.

L’avocat explique que le fait que Gilbert Diendéré soit le supérieur hiérarchique des prévenus ne le rendait pas coupable. Pour Me Dabo, il faut prouver le contrôle direct du général sur ses hommes.

Il faut également prouver qu’il  avait connaissance du projet de coup d’État de ses hommes à l’époque.

Le conseil a relevé les contradictions dans les déclarations des témoins. Selon les témoignages, le général se trouvait dans plusieurs endroits au même moment.

Me Abdoul Latif Dabo estime que le tribunal ne devrait pas se baser sur ces témoignages. Il pense que ce procès est une cabale médiatico-politico judiciaire contre l’accusé Diendéré.

«On vous demande de le juger sur son histoire qu’ils ont fabriqué et tronqué pour le condamner. Vous ne pouvez en aucun cas rendre une justice politique », a-t-il dit au président du tribunal, Urbain Méda.

Pour conclure, Me Abdoul Latif Dabo a aussi plaidé pour l’acquittement de son client pour infraction non constituée.

Lire aussi: https://libreinfo.net/proces-thomas-sankara-nous-devons-donner-au-general-gilbert-diendere-un-proces-equitable-me-abdoul-latif-dabo/

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