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[Interview] :« Je pense qu’un peuple ne négocie pas son territoire et sa liberté. Il se bat pour le conquérir », Me Prosper Farama

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Prosper Farama
Me Prosper Farama, avocat

Au Burkina Faso, des mesures de restrictions de libertés individuelles et collectives sont annoncées par les autorités de Transition dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Que pense Me Prosper Farama de ces mesures? Quel bilan tire t-il du procès Thomas Sankara dont il était l’un des avocats de la famille Sankara? Enfin que pense t-il du dialogue avec les groupes armés terroristes? Dans une interview accordée à Libreinfo.net, le célèbre avocat burkinabè répond à toutes ces questions.

Propos recueillis Daouda Kiekieta

Libreinfo.net : Vous êtes l’un des avocats des parties civiles dans le procès Thomas Sankara. Après six mois de procès, le verdict est tombé.  Quelle est votre appréciation du déroulement de ce procès ?

Me Prosper Farama: Pour moi, l’une des plus grandes victoires dans ce procès, c’est le fait qu’il ait pu se tenir. Et qu’il ait pu aller à son terme et surtout que le tribunal ait pu le mener dans le respect strict des droits de toutes les parties, notamment les droits des accusés. Ceux qui ont assisté au procès ont remarqué qu’il y a eu un effort essentiel qui a été mis sur le respect des droits des parties. C’est la principale fierté que nous pouvons tirer de ce procès.

Libreinfo.net: Certains citoyens, fidèles à Blaise Compaoré et à Gilbert Dienderé souhaiteraient voir un jour ces condamnés amnistiés. En tant qu’avocat des parties civiles, qu’est-ce que vous en pensez ?

Me Prosper Farama: Sur cette question, ma position est connue et claire : il ne doit être concédé un privilège à qui que ce soit en termes de justice. Un mécanicien, un gardien, un politicien, un président ou un général ne doit avoir un privilège par rapport à d’autres citoyens. C’est ma conception de la justice, parce que j’ai la ferme conviction que, si un Etat continue d’accorder des privilèges tirés d’un statut politique, il ne fait que continuer à faire le nid de l’impunité.

Alors que l’impunité est un grave risque, un danger qui guette toutes les nations qui aspirent à la consolidation d’une base démocratique. L’expérience dans ce pays nous a montré qu’il y a eu des journées de pardon, il y a eu même des amnisties autodécrétées. Mais nous avons vu par la suite que cela n’a pas empêcher des gens de commettre d’autres assassinats.

Et d’ailleurs vous remarquerez que pendant qu’ils parlent de réconciliation, leurs partisans s’inscrivent dans une logique de menaces, de violences. En fait, ils nous prennent pour des imbéciles. C’est pourquoi je reste convaincu qu’un État de droit doit fonctionner selon les règles de droit.

Librfoein.net : Donc vous n’êtes pas contre une éventuelle amnistie ou grâce présidentielle en faveur de ceux qui viennent d’être condamnés, mais vous appelez au respect des règles qui encadrent cela ?

Me Prosper Farama: Absolument. Mes principes, ce sont toujours des principes d’égalité, d’équité dans un Etat de droit. Personne ne doit avoir plus de droits que d’autres. Je rappelle qu’il n’y a pas que ces personnes qui ont fait l’objet d’un jugement et qui ont été condamnés. Pourquoi on parle d’amnistie, de grâce et de réconciliation uniquement pour ces personnes alors qu’il y a d’autres prisonniers ? Si on parle au nom de la nation, on doit parler sur des règles de principes pour tout le monde. Pas de privilège pour qui que ce soit. Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, le gouvernement entend décréter l’état de siège.

Libreinfo.net : Quelle différence peut-on faire entre l’état d’urgence et l’état de siège ?

Me Prosper Farama: Je pense que c’est une question de degré. L’état d’urgence est une situation exceptionnelle dans laquelle la loi permet que certains pouvoirs de police soient renforcés entre les mains des autorités administratives. Au Burkina Faso, cette situation permet de renforcer les pouvoirs du ministre de l’administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité.

De façon concrète, cela leur donne le pouvoir que la loi ne leur donnait pas dans une situation normale. Ils peuvent prendre des réquisitions de tout ordres nécessaires selon eux pour maintenir l’ordre public, ils peuvent interdire des manifestations, la parution des articles de presse, ils peuvent suspendre des organes de presse, ils peuvent mener des perquisitions de jour ou de nuit, ils peuvent même interdire la circulation en certains endroits du territoire.

En fait, ils peuvent prendre une batterie de mesures qui sont, comme on le dit habituellement, des mesures attentatoires, restrictives des libertés dans un État démocratique, en toute légalité. Dans l’état d’urgence on considère qu’il y a un péril qui résulte d’un trouble éventuel à l’ordre public. Alors que dans la situation de l’état de siège, là, on est à un degré supérieur.

C’est-à-dire qu’il y a un péril qui menace la quiétude et la stabilité du territoire, soit parce qu’il y a une invasion des forces étrangères, soit parce qu’il y a un trouble consécutif à une insurrection armée. Quand on est dans une telle situation, cela devient plus profond parce que les pouvoirs de police sont conférés non à une autorité administrative, mais aux autorités militaires. Donc, c’est une situation dans laquelle les libertés individuelles et collectives sont gravement mises en péril.

Libreinfo.net : Quelles peuvent être les dérives de la mise en œuvre de l’état d’urgence au Burkina ?

Me Prosper Farama: Aujourd’hui si l’état d’urgence est prononcé, et que le ministre de la sécurité estime par exemple qu’il y a un organe de presse donné qui diffuse des informations ou que des articles sont publiés de nature à porter atteinte à la sécurité nationale, il peut les interdire tout simplement.

En ce moment, il n’y a plus quasiment de recours. A partir du moment où la loi dit que c’est l’autorité qui apprécie, elle apprécie selon ses critères. Par exemple, l’autorité peut faire des perquisitions de jours comme de nuits, alors que les perquisitions sont règlementées et surveillées par le juge. Désormais, cela se fera sous la supervision de l’autorité administrative.

A partir de ce moment, les libertés des personnes sont mises en berne en attendant le retour à une situation normale. Donc il y a forcément des risques de dérives. Même dans une situation normale il y a déjà des risques de dérives à fortiori dans une situation comme celle-là.

Libreinfo.net : En rapport avec les libertés individuelles et collectives, que pensez-vous de la restriction des manifestations à caractère associatif ou politique annoncée par le Président de la Transition, Paul-Henri Damiba ?

Me Prosper Farama: J’ai envie dire qu’il y a un tâtonnement à ce niveau. S’il envisageait prendre une décision pour instaurer l’état d’urgence, pourquoi annoncer en amont la restriction des manifestations ? Alors que l’état d’urgence donne cette possibilité aux autorités administratives d’apprécier et d’interdire des manifestations.

Je veux juste rappeler à l’esprit des burkinabè une chose : Sous le régime de Roch Kaboré, quand on avait restreint l’accès des réseaux sociaux, nous avons tous crier au scandale en disant que c’était inadmissible. Ceux qui ont manifestés pour qu’il ait coup d’État, avaient dénoncé ces restrictions. Quand le régime de Roch a interdit les manifestations à l’époque, nous tous y compris les soutiens aujourd’hui du MPSR sommes sortis pour dire que personne ne doit interdire le droit de manifester au nom de la situation sécuritaire et on doit pouvoir manifester pour dire que le régime est défaillant.

C’est bien ce que disions tous. Je regrette qu’aujourd’hui ces mêmes personnes ne disent plus rien quand les autorités ont annoncé l’interdiction des manifestations. Ce qui fait croire finalement, que ce n’est pas pour des principes que certains se battent. Ils se battent parce qu’ils ont des accointances avec des gens. C’est comme si c’était un arrangement pour qu’il ait un coup d’État.

Sinon on ne peut pas s’être battu contre les interdictions de manifestations sous Roch Kabore en lui disant : « ce n’est pas parce qu’il y a de l’insécurité que tu peux interdire des manifestations », et le MPSR vient prendre le pouvoir en disant, rappelez-vous « on a pris le pouvoir par force parce que des gens sont sortis pour exprimer leur mécontentement ». Et après avoir pris le pouvoir grâce aux manifestations selon leur propres dires, et ils interdisent les manifestations.

Alors je pose la question, si maintenant d’autres personnes veulent exprimer leur mécontentement pour que quelqu’un d’autres prennent ses responsabilités comme ils le disent, on fait comment ? Ce n’est pas logique. Mais c’est malheureusement ça le Burkina : on critique une situation et dès que qu’on accède au pouvoir, on fait pareil ou même pire.

Libreinfo.net : Comment appréciez-vous la stratégie de lutte contre le terrorisme au Burkina ?

Me Prosper Farama: Pour être sincère je ne connais pas leur stratégie. Mais j’ai quand même plusieurs observations à faire. J’ai parcouru le livre du Président Paul-Henri DAMIBA sur <<Armées ouest-africaines et terrorisme : réponses incertaines ? ». Ce que je retiens de cet ouvrage, c’est qu’il développe une stratégie de lutte contre le terrorisme basée sur trois axes essentiels.

Le premier axe, c’est la collecte de l’information depuis le premier hameau jusqu’au plus haut sommet.  Il développe un second axe qui est de promouvoir une stratégie non-conventionnelle de lutte contre le terrorisme basée, grosso modo sur des unités spéciales. Il développe aussi dans sa stratégie, une coopération non seulement régionale, mais il fait aussi l’éloge des forces étrangères qui apportent leur appui dans le cadre de cette lutte. Je fais ma première observation sur le dernier point.

J’ai l’impression qu’il n’est pas en phase avec certains qui l’ont poussé à venir au pouvoir, en manifestant dans les rues. Parce qu’eux semblent dire, il faut que les forces étrangères quittent le Burkina. Pourtant j’ai l’impression que le Président dans son livre, fait de la présence des forces françaises notamment l’un des éléments essentiels dans la lutte contre le terrorisme. Voyez-vous, ça fait un peu cacophonie.

Libreinfo.net : Quel commentaire faites-vous de la mise en place des comités locaux de dialogue pour la Restauration de la Paix ?

Me Prosper Farama: Sur la question des comités, c’est une idée comme bien d’autres. Mais ce que je ne comprends pas, c’est que dans la stratégie de lutte contre le terrorisme développée par le Président Damiba dans son livre, cette mesure n’apparait pas. Il n’apparait nulle part de négocier avec les terroristes.

Je suis d’accord qu’une stratégie peut évoluer et il faut l’admettre. Mais la question que je me pose et que beaucoup de burkinabè se posent, est-ce que l’on fait la promotion de la négociation avec les groupes terroristes ou non ? Quel est le contenu qu’on met dans ce dialogue ou cette négociation dont on parle ? Parce que jusqu’à présent, ce n’est toujours pas clair.

Libreinfo.net : Au sorti du dernier conseil des ministres, le Ministre d’État chargé de la réconciliation nationale, Yero Boly, a fait savoir que ce n’est pas l’État qui négocie. Ce sont des acteurs locaux qui négocient avec des fils du Burkina Faso.

Me Prosper Farama: Tantôt on parle de dialogue tantôt on parle de négociation, voyez-vous. Je pense qu’en confiant les négociations aux comités locaux, c’est le socle même de l’État qui est mis en danger. La question de l’intégrité territoriale, la liberté des citoyens, ce n’est pas une question de comités locaux, c’est une question à l’échelle nationale.

Comme la mesure n’a pas encore été mise en œuvre sur le terrain, on attend de voir pour mieux apprécier. Mais j’ai l’impression que même les premières autorités ne savent pas ce qu’elles mettent dans ces négociations. Pour moi, ce n’est qu’une idée d’abord, ce n’est pas une décision. Parce que pour qu’une idée devient une décision politique, il faut qu’elle soit suffisamment mûrie et que les contours soit définis avant de la porter à la connaissance de l’opinion. Sinon cela crée une sorte de cacophonie.

Libreinfo.net : Et si l’État décidait lui-même de négocier avec les terroristes, est-ce un signe de faiblesse, selon vous ?

Me Prosper Farama: Vous savez, ce n’est pas toujours une faiblesse que de négocier. Mais qu’est-ce qu’on négocie ? c’est cela le problème. Prenons un exemple. J’ai mon morceau de pain, vous voulez le retirer avec force et cela engage une bagarre. Si j’arrive à vous terrasser avec mon morceau de pain et je demande : est-ce qu’on peut arrêter la bagarre, vous dites oui, je me lève avec mon pain et je continue.

C’est une négociation. Mais si quelqu’un vous terrasse avec votre pain et vous décidez de céder votre pain pour mettre fin à la bagarre, c’est aussi une négociation. Si c’est cette dernière option que nos autorités entendent faire, tout le monde voit que c’est dangereux.

L’autre aspect est que dans le fond, il y a un problème. Je ne comprends vraiment pas la vision de l’État par rapport au terrorisme et par rapport à cette stratégie de négociation. Quand j’écoute les communiqués officiels, on désigne les terroristes par le terme : Hommes armés non identifiés (HANI).  Cela veut dire que nous ne connaissions pas l’identité de ceux qui nous attaquent. Comment négocier avec des gens qu’on ne connaît pas ?

Libreinfo.net : Des autorités du pays ont affirmé que parmi ceux qui nous attaquent, il y a des burkinabè.

Me Prosper Farama: Mais lesquels ? S’ils sont désignés par HANI, vous négociez comment ? C’est une incongruité. Mais qu’à cela ne tienne, j’avais compris que les militaires ont pris le pouvoir parce qu’ils pensaient que les civils qui étaient à la tête de l’État ne comprennent rien dans la stratégie militaire. Je n’avais pas compris que c’était pour mettre des diplomates à la tête. Si c’était pour que des diplomates puissent négocier la fin de la guerre, on n’avait pas besoin de prendre le pouvoir.

Ils auraient dû dire à Roch Mark Christian Kaboré, « la situation dans laquelle nous sommes, l’armée ne pourra jamais vaincre les terroristes. C’est une question de diplomatie. Donc il faut mettre des diplomates devant pour que, par des canaux de diplomatie, on négocie avec les terroristes pour avoir la paix »

On ne fait pas un coup d’État en disant qu’on a pris ses responsabilités, pour venir dire qu’on va négocier avec les terroristes. C’est ma vision. Peut-être qu’ils avaient demandé à Roch et il a refusé. Dans tous les cas, ce n’est pas étonnant. En lisant le livre du Président Damiba, il dit, notamment en conclusion, que même à l’horizon d’une décennie nous ne pourrons anéantir ni éradiquer le terrorisme.

Donc, il est lui-même convaincu que même dans dix (10) ans, on ne pourra pas anéantir le terrorisme, mais on peut juste conquérir quelques victoires. Mais Roch était à six (06) ans de son mandat. Pourquoi ne lui avoir pas laissé faire une décennie ? d’ailleurs, la transition ne va durer que trois (03) ans et non dix (10) ans.

Je me demande alors est-ce qu’on ne nous a pas berné quelque part ? Parce qu’on ne peut pas dire qu’il faut plus de dix (10) ans pour réduire le terrorisme et faire un coup d’État, en disant qu’on a pris ses responsabilités, et venir dire qu’on a besoin de trois (03) ans pour le faire. Bref. Je pense qu’un peuple ne négocie pas son territoire et sa liberté. Il se bat pour le conquérir. Mais peut-être que je me trompe, mais c’est ma conviction.

Libreinfo.net : Vous disiez tantôt qu’une stratégie peut évoluer, peut-être que la situation sur le terrain a aussi évolué

Me Prosper Farama: Certainement. D’ailleurs, quand je lisais son livre, je me suis dit qu’il écrit un Tome 2 pour clarifier les choses. Parce qu’intellectuellement et sur le plan théorique, il y a une contradiction avec la pratique prônée à ce jour.

C’est pourquoi, j’ai des doutes sur l’efficacité de la stratégie qu’on nous vend. Parce qu’en écoutant les discours au sommet de l’État, en lisant son livre et regardant ce qu’il propose comme mesures qui sont quelques fois en désaccord, j’ai l’impression qu’eux même sont aussi perdus que Roch ne l’était en son temps.

Libreinfo.net : Quel commentaire faites-vous des journées nationales de prières qui sont parmi les mesures annoncées par le Président Damiba ?

Me Prosper Farama: Je respecte la foi de tout un chacun. Je n’ai rien contre, pour que les religieux prient chaque an pour la paix au Burkina Faso. C’est d’ailleurs salutaire. Par contre, ce qui m’étonne, c’est le fait que cela soit décrétée comme mesure politique et stratégie de lutte contre le terrorisme.

Si les prières étaient une stratégie politique, je crois que nous n’aurions pas besoin que des militaires prennent leurs responsabilités. Ils auraient dû laisser les imams, les prêtres, les pasteurs, les féticheurs prendre leur responsabilité. Je suis prêt à laisser même mon travail pour prier, si tant est que la prière est une mesure politique qui peut nous ramener la paix.

Mais je pense qu’on ne gouverne pas un État de cette façon. Mais encore une fois je souhaite me tromper et j’espère que les prières nous sauverons. Ainsi l’année prochaine nous prions pour que notre pays sorte de la pauvreté, ensuite nous ferons des prières pour que nous ayons plus d’hôpitaux, d’écoles et de routes.

Ainsi un jour nous serons aussi puissants que les USA. Ça donne l’image d’une république banania. Laisser les religieux prier, les militaires aller au front, les politiques diriger et chacun joue son rôle. Je précise, je ne critique pas la prière, je critique la prière en tant mesure politique ou stratégie de lutte contre le terrorisme prise par nos autorités.

Libreinfo.net : L’ex-Président Roch Kabore a regagné son domicile familial le 06 avril dernier après environ un mois passé sous les mains de ses tombeurs. Quelle appréciation faites-vous de cette libération ?

Me Prosper Farama: Je n’avais jamais compris pourquoi on maintenait le pauvre en détention.  Cela ne s’explique ni juridiquement ni humainement. On lui a fait un coup d’État, on a dit tantôt qu’il a démissionné pour justifier que ce n’était pas tout à fait un coup d’État. On a pris le pouvoir, on a prêté serment devant le conseil constitutionnel et on maintient le monsieur en détention.

Soit il a posé des actes contraires à loi et aux règlements de la république, on le poursuit et les autorités compétentes prennent les mesures légales y compris sa détention si nécessaire.

Mais le maintenir comme cela, c’est un acte digne d’un Etat d’exception. Cela n’a aucun sens. Et ce qui me gêne, c’est que ce sont les gens à qui il faisait confiance qui le traite comme cela. Ce sont des gens qu’il avait nommé pour régler les questions de sécurité qui n’ont pas pu aboutir. Il a sa responsabilité et eux ils ont aussi leur part de responsabilité dans cet échec.

Libreinfo.net : Suite à l’attaque du détachement d’Inata où plus de 53 des gendarmes ont perdu la vie, l’ex-président du Faso avait relevé certains militaires de leurs fonctions. Certains de ces militaires, se retrouvent aujourd’hui aux affaires. Est-ce que vous avez espoir que ce dossier pourra aboutir un jour ?

Me Prosper Farama: Depuis le coup d’État, j’ai dit que j’étais très sceptique. J’espère que l’avenir me donnera tort pour l’intérêt du pays. Il n’y a pas que l’affaire d’Inata, on a vu rappliquer auprès du MPSR d’autres personnalités politiques, militaires, qui, de mon point de vue, dans une REFONDATION, bien que tout le monde y participe, mais ceux déjà à l’égard de qui il y a suspicions ou qui ont pu poser des actes, d’une manière ou d’une autre, qui soient contraires à ce qu’il faut pour la bonne marche du pays, devaient être écartés de certaines instances.

Ils devaient être moins visible et donner la place aux gens qui reflètent les valeurs que le MPSR prône pour que l’opinion puisse croire à cette idée de refondation. Parce qu’en matière d’action, la forme est aussi importante que le fond.

Relativement à cette situation d’Inata, il y a eu un rapport dont personne n’a eu connaissance. Certains qui avaient été mis en cause sont remis sur la scène. Je me pose alors la question sur la responsabilité des uns et des autres et leur implication dans cette affaire.

Il est bon pour la confiance des militaires eux-mêmes et pour la confiance du peuple dans les militaires et pour qu’il ait cette cohésion que nous réclamons tous, qu’il y ait beaucoup plus de transparence dans cette affaire. Qu’est-ce qui s’est passé à Inata ? Parce qu’il y a tellement de rumeurs qui circulent dans le pays.

On entend dire, par exemple, que les militaires ont saboté certaines choses, on entend quelque fois dire que cette affaire d’Inata a été orchestrée au sein des militaires eux-mêmes, qu’il y a un antagonisme militaires-gendarmes.

D’autres disent que la question de l’alimentation était une fausse histoire, mais nous, nous sommes dans la masse populaire et nous avons besoin d’avoir une clarification sur cette situation pour que ces suspicions puissent être gommées. Parce que cela ne fait que parasiter la lutte contre le terrorisme.

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