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Suspension de l’orpaillage au Burkina Faso : la décision du gouvernement sera-t-elle respectée ?

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Le gouvernement a annoncé le 27 avril 2022, la suspension de l’exploitation artisanale de l’or, appelée communément orpaillage. Avec près de 2 millions de personnes qui vivent de cette activité, l’on se demande quelles sont les alternatives pour ces personnes appelées à déserter leurs lieux de travail ? Bien que les raisons avancées soient nobles, le gouvernement pourra-t-il mettre effectivement en œuvre cette décision quand on sait que près 1000 sites artisanaux sont exploités dans la clandestinité ?

Par Daouda Kiekieta

Depuis 2008, plusieurs personnes perdent la vie chaque année dans les éboulements des sites d’orpaillage pendant la saison pluvieuse. C’est pourquoi chaque année, le gouvernement décrète la fermeture temporaire des sites de juin à octobre.

Malgré cette volonté de sécuriser la vie des travailleurs, force est de constater que cette décision est balayée du revers de la main par certains orpailleurs, au risque de leur vie. Des faits sur des cas d’éboulements suite au non-respect de la suspension de l’exploitation artisanale pendant la saison des pluies, laissent voir la limite de l’Etat à contrôler ce secteur.

En septembre 2021, cinq personnes ont trouvé la mort dans un éboulement survenu sur un site aurifère d’exploitation artisanale à Rollo, dans la province du Bam dans la région du Centre-Nord. Le Haut-Commissaire d’alors, Ali Ouédraogo, avait déploré le non-respect des mesures de suspension des activités d’orpaillage sur ces sites pendant la saison des pluies.

Le 28 août 2017, un éboulement sur le site d’orpaillage de Nagriré, dans la commune de Gogo, région du centre, avait fait huit morts.

En Octobre 2019, une dizaine d’orpailleurs avait également trouvé la mort dans un éboulement sur un site minier artisanal dans la localité de Sidéradougou, dans l’ouest du Burkina Faso.

Outre ces incidents liés au non-respect des suspension des activités d’orpaillage pendant la saison des pluies, se greffent l’utilisation anarchique des produits chimiques non-sécurisant sur les sites.

C’est le cas par exemple du drame de février 2022 où un stock de dynamite s’est explosé sur un site d’or artisanal clandestin de Gomgombiro dans le Sud-Ouest du pays, causant 63 morts.

Ces incidents montrent à quel point le secteur de l’exploitation informel de l’or échappe au contrôle des autorités du Burkina Faso. L’on dénombre près de 1000 sites d’orpaillage clandestins dans le pays. Seulement 448 sites ont été officiellement recensés en 2017.

Il convient de se demander si la décision du gouvernement sur la fermeture temporaire des activités de l’exploitation artisanale de l’or sera effectivement respectée. Ces orpailleurs vont-ils déserter les sites pour affronter les dures réalités du chômage, notamment ? Quelle alternative pour ces près de 2 millions de personnes qui vivent de cette activité ?

Le nouveau code minier, révisé et adopté en 2015 sous la transition, n’a pas pu mettre de l’ordre dans l’exploitation artisanale de l’or. Malgré l’existence de procédures pour avoir l’autorisation d’exploitation artisanale, bon nombre d’exploitants miniers artisanaux préfèrent travailler dans la clandestinité.  Une situation qui occasionne la perte de plusieurs milliards au détriment des caisses de l’Etat.

Seulement trois dixièmes de l’or produit artisanalement passent par le circuit commercial officiel. Tout le reste est frauduleusement écoulé par des réseaux parallèles, selon une étude de l’Institut national de la statistique  et de la démographie (INSD)

Entre 15 et 30 tonnes d’or par an sont écoulées frauduleusement. Ce qui fait perdre à l’Etat plus de 200 milliards de francs CFA selon le gouvernement.

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