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Tabaski : hausse des prix des moutons, à Ouagadougou, les vendeurs tiennent pour responsable la mairie

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Tabaski Bétail Tanghin
La hausse des prix du bétail est due à l'insécurité, selon Rasmané Zéba, transporteur.

Les fidèles musulmans du Burkina célèbreront la Tabaski ou l’Aïd el-Kébir le mardi 20 juillet 2021. Cette grande fête est une aubaine pour certains musulmans d’effectuer un sacrifice de bélier pour commémorer la foi d’Abraham à son Dieu, « en acceptant de sacrifier son fils » selon les écritures religieuses.  Au marché de bétail de Tanghin, les vendeurs des petits ruminants sont déjà sur place en attendant les clients . Constat de Libreinfo.net.  

Par Frank Pougbila

Il est 12 heures. Le soleil au zénith, le jeudi 15 juillet 2021. Le cap est mis sur Tanghin, secteur 17 de la ville de Ouagadougou. La circulation se négocie difficilement. Elle est encore dense sur la route traversant le barrage.

Mais l’objectif fixé est clair. Constater de visu l’affluence des populations au Marché à bétail de Tanghin et les difficultés que rencontrent les vendeurs de bétails à cinq jours de la fête de la Tabaski.

Situé côté nord de Ouagadougou, ce lieu de vente du bétail ne  trahit pas son nom. A quelques jours de l’Aïd el-Kebir, les vendeurs sont déjà à pied d’œuvre pour servir de la « bonne viande » aux clients.

Même si d’autres commerces sont installés à l’entrée du marché, c’est le hurlement des moutons qui attire plus l’attention. Attachés tout au long du mur du marché, des béliers de pelage  noir-blancs, blancs et des taureaux « inondent » le lieu.

Des tricycles transportant des moutons sont stationnés à la porte. Des jeunes vendeurs, des cordes à la main, tirant des moutons font des propositions de prix aux visiteurs. « Kôrô, on peut avoir à 70 mille francs. C’est le plus moins cher. A l’intérieur aucun prix ne peut battre le mien », démarche Oumarou Sawadogo, venu de Kongoussi.

Insalubrité du marché

Direction à son lieu de vente. « Moi, je viens de Kongoussi et je fais ce travail, il y a plus de 20 ans », dit M. Sawadogo, un homme dans la quarantaine.

Il achète les béliers et les revend moyennant un bénéfice. « Par jour, je peux acheter cinq moutons et revendre avec au moins 10 mille francs de bénéfice. J’additionne le bénéfice pour acheter et revendre », explique le vendeur.

Il pointe l’insécurité et la pandémie comme facteur qui ont impacté le marché. Une autre raison est vite évoquée. Le mauvais état du marché. « Sur chaque mouton, je paie des taxes.

 Les responsables doivent arranger le marché. Cette boue rend inconfortable les clients qui risquent d’aller ailleurs », se convainc le vendeur.

Lassané Ouédraogo est agent chargé de la collecte des taxes au marché à Bétail de Tanghin. Il rejette l’idée selon laquelle les vendeurs honorent leur paiement des taxes. « Sur chaque mouton, nous prenons 200 francs CFA.

Mais, certains refusent de payer. Ils nous demandent tantôt de leurs laisser finir la vente avant de payer. Ils peuvent faire trois ou quatre jours. S’ils finissent de vendre, nombreux ne paient pas.

La solution que nous avons trouvée est de récupérer les cartes nationales d’identité des propriétaires des animaux. Si tu ne paies pas, tu n’auras pas ta CNIB », relate M. Ouédraogo.

Marché à Bétail Tanghin taxe
Lassané Ouédraogo mettant des tampons sur des moutons.

Il ne finit pas de parler quand un camion transportant du bétail fait son entrée. Il se précipite et se positionne proche du camion. Chaque mouton qui sort du camion prend un tampon. « Avec ce tampon que j’ai mis sur les poils, je pourrai repérer le nombre de moutons et taxer », ajoute-t-il, la sueur débordant le visage.

« Tu es venu avec 67 moutons », lâche-t-il, en s’adressant à un monsieur en veste. « Ce n’est pas le nombre. Laisse quand je vais finir », répond le monsieur.  Enervé, Lassané Ouédraogo et son compagnon mettent une corde sur l’un des moutons pour s’en aller.

« Non, 20 mille ne peut pas faire partir 200 mille. Prends ton argent », lâche le monsieur, en tirant de sa poche deux billets de 10 mille francs CFA qu’il remet au compagnon de M. Ouédraogo.

Un autre phénomène qui paralyse les activités du marché, c’est la concurrence des vendeurs aux abords des voiries. « Les taxes ne rentrent pas beaucoup, parce que le marché n’est plus le seul lieu de vente.

Des gens vendent sur les artères des routes de la capitale et les autorités sont au courant », confie l’agent chargé de la collecte des taxes.

Inaction réelle de la mairie

Même version pour Rasmané Zéba, porte-parole du délégué du Marché de bétail de Tanghin, par ailleurs, transporteur du bétail vers la Côte d’Ivoire. « La vente du bétail hors du marché impacte sérieusement sur nos recettes.

 La mairie parle seulement à travers des communiqués mais aucune exécution. Si tu rentres en ville sur la route de Toudbwéogo, Fada vers l’échangeur de l’est, sur la route de Kaya, les gens sont au bord de la route avec les animaux qu’ils vendent », s’offusque-t-il.

Il se rappelle qu’une année pour mettre fin à cette pratique, une délégation est allée rencontrer la municipalité de Ouagadougou. « On nous a dit que si nous allons mettre le carburant, ils feront sortir des camions et des policiers pour faire la patrouille.

Ils sont venus au marché avec deux véhicules. Nous avons mis du carburant de 20 mille francs dans chaque véhicule. Les policiers partent ramasser les animaux et parquent à la mairie. Et le lendemain, ils viennent demander du carburant encore.

Ils devraient utiliser l’argent des moutons ramassés pour mettre leur carburant. Au regard de cette situation, l’année qui a suivi, nous avons abandonné », narre le porte-parole du délégué du marché.

Hausse des prix des ruminants

Il note que les prix du bétail sont en hausse. « Un mouton qu’on pouvait obtenir à 75000 est passé à 120 voire 150 mille francs. Ce sont les béliers moyens qui s’achètent maintenant. Les gens n’ont plus l’argent pour s’offrir les gros moutons de 750.mille francs CFA à cause de l’insécurité et la COVID-19 », lâche le transporteur.

A 14 heures, l’équipe de Libreinfo.net prend congé des occupants du marché à bétail de Tanghin. Le marché est morose et les clients se font rares. D’ailleurs, un marché qui se fait entre vendeurs en attendant les prochains jours. Les vendeurs, eux, fondent espoir de faire de dons chiffres d’affaires.

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