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TAC 2019 : La réhabilitation d’un chemin de fer devenue un chemin de croix

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Le Traité d’amitié et de coopération (TAC) signé le 29 juillet 2008 à Ouagadougou, entre les anciens présidents Laurent Gbagbo et Blaise Compaoré, vise la consolidation de la coopération entre les deux pays. Depuis cette date, plusieurs accords bilatéraux ont été signés et des chantiers communs dont certains ont été mis en œuvre et d’autres, en cours. L’un des chantiers communs très attendus par les populations des deux pays et qui peine à être effectif, est la réhabilitation du chemin de fer Ouagadougou-Abidjan-Kaya Tambao. Il a été discuté à plusieurs TAC, mais jamais mis en œuvre. Au TAC 2019 tenu le 31 juillet à Ouagadougou, les présidents Rock Kaboré et Alassane Ouattara ont tous déploré le blocage de ce gigantesque chantier de 400 millions d’euros soit 236 milliards de francs CFA. Les deux chefs d’Etat ont donc donné des instructions aux ministres en charge de la question pour un démarrage immédiat des travaux avec le géant français des affaires en Afrique, Bolloré.

La réhabilitation du chemin de fer Ouagadougou-Abidjan prévue pour cinq ans (en 2021), est l’un des grands espoirs des populations ivoiriennes et burkinabè, compte tenu de son enjeu économique pour le transport des marchandises et des passagers. À terme en 2021 selon les prévisions, le projet va permettre le transport de 300 000 passagers par an et 1 million de tonnes de marchandises. Dans la seconde phase, avec le transport du manganèse burkinabè de la mine de Tambao, ce sera 5 millions de tonnes de marchandises pour 800 000 passagers. Annoncé à plusieurs TAC, le projet peine à voir le jour.

L’on se rappelle du lancement de ce projet le 4 décembre 2017, à Abidjan par la Sitarail, filiale du groupe Bolloré. Mais depuis lors, les travaux n’ont pas connu d’avancements jusqu’à ce que les présidents burkinabè et ivoirien lors du 8e TAC le 31 juillet à Ouagadougou, reviennent sur la question avec beaucoup plus de fermeté, en réaffirmant leur volonté de permettre le démarrage immédiat des travaux. Ils ont, par conséquent instruit les ministres en charge des transports à adresser une lettre, dans les meilleurs délais, à Sitarail par rapport aux préoccupations évoquées par ladite société.

Alors que le 4 décembre 2018, l’Assemblée nationale burkinabè marquait son feu vert pour un accord au groupe Bolloré en adoptant une nouvelle concession pour la gestion et l’exploitation du chemin de fer Abidjan-Ouagadougou, tous ces actes n’ont pas eu d’impact sur l’avancement de ce projet ferroviaire.

Revenant sur la question du TAC, le président Roch Kaboré affirme que les raisons de ce retard avancées par la Société internationale de transport africain (Sitarail) n’étaient pas convaincantes. « Les arguments qui ont été avancés consistaient à dire que, d’une part, le fait que le Burkina Faso et le Ghana étaient en train de réfléchir à la construction d’un chemin de fer, cela remettait en cause la viabilité de la ligne Abidjan-Ouaga- Kaya Tambao. Cela ne peut pas être une raison valable. Lorsque nous avons discuté maintenant, ils nous ont dit que le schéma financier sur lequel ils s’étaient fondés au départ leur pose des problèmes de rentabilité. » Avec ces doutes plus de deux ans après le lancement du projet en Côte d’Ivoire, l’on se demande si les termes du contrat seront respectés d’autant que les travaux n’ont pas encore été lancés au niveau du Burkina Faso. Les chances que le renouvellement complet de 852 km de voies ferrées sur les 1 260 km reliant Abidjan à Ouagadougou et la maintenance des infrastructures du réseau par la Sitarail selon le contrat, sont réduites.

Avec le deuxième gros projet d’interconnexion ferroviaire entre le Burkina Faso et le Ghana dont les activités seront lancées en 2020, l’on se demande ce qu’adviendra de celui avec la Côte d’Ivoire, si Bolloré commence déjà à voir au projet d’interconnexion ferroviaire Burkina-Ghana, des problèmes de « la viabilité et de rentabilité ».

La réhabilitation de ce chemin de fer devenue un chemin de croix, les instructions données aux ministres en charges des transports du Burkina et de la Côte d’Ivoire par les présidents des deux pays au sommet du TAC, vont-elles bouger les lignes dans les mois à venir ? Comme espère Roch Kaboré, « que les deux ministres puissent écrire et parler avec Sitarail, va nous permettre de clarifier un peu l’ensemble de ces questions et de pouvoir donner les moyens afin que nous puissions réaliser ce programme de réhabilitation entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso ».

Siébou Kansié
www.libreinfo.net

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