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Terrorisme au Burkina : Sahel n’a plus besoin de condamnation mais de véritables opérations militaires sur le terrain  

Coopération militaire Sahel
Le Sahel a besoin d'intervention militaire et non des condamnations.

L’attaque de la commune rurale de Solhan, province du Yagha, région du Sahel qui a fait 160 morts selon certaines sources, a vite été condamnée au niveau national et international. C’est le nombre record des attaques depuis la première attaque, en janvier 2016, qui a ciblé Cappuccino à Ouagadougou.

Par Abdoul Wahab Mandé, Stagiaire

De Kossyam en passant par les quartiers généraux des partis politiques au Burkina jusqu’au niveau international, les réactions de condamnation ne se sont pas faites attendre.

Suite à cette attaque qui s’est déroulée dans la nuit du vendredi 4 au samedi 5 juin 2021 et qui a causé 132 victimes selon le bilan officiel et 160 victimes selon plusieurs médias, le Président du Faso, Roch Kaboré a vite condamné l’acte, la qualifiant « de barbare».

Dans la foulée, il assure que les forces de défense et de sécurité sont à pied d’œuvre pour rechercher et neutraliser les auteurs de « cet acte ignoble

En même temps, les réactions venaient de partout. Le président de la commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat a exprimé son indignation par la voix de sa porte-parole.

Pour elle, il s’agit « de crimes de guerre qui doivent être punis.» Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a également par le biais d’un communiqué de son porte-parole condamné cette attaque.

Il se dit « indigné par l’assassinat de plus de cent civils lors d’une attaque perpétrée par des assaillants contre un village de la province de Yagha. »

Jean-Yves Le Drian, le ministre français des affaires étrangères, a adressé sur tweeter « sa compassion et ses condoléances » au peuple burkinabè et rappelé que la France est aux côtés du Burkina Faso dans cette épreuve mais aussi dans la poursuite de la lutte contre le terrorisme au Sahel. En même temps, il a annoncé son arrivée à Ouagadougou cette semaine.

A l’instar du président de la Commission de l’Union africaine et de la communauté internationale, des chefs d’Etats de la sous-région ont aussi manifesté leur soutien au peuple burkinabè en condamnant l’attaque.

Ainsi le Président Ivoirien, Alassane Ouattara a insisté sur l’engagement de la Côte d’Ivoire face au terrorisme, tout en formulant sa solidarité avec « ses frères » burkinabè. Chérif Mahamat Zene, le ministre tchadien des Affaires étrangères, a de son côté qualifié cette attaque de « barbare ».

D’autres réactions sont à noter, notamment celle de l’ancien président nigérien, Mahamadou Issoufou qui a fait part de sa tristesse suite à la mort de « ses frères et sœurs burkinabè. », tout en souhaitant prompt rétablissement aux blessés.

De son côté, l’ambassadrice des Etats-Unis au Burkina, Sandra Clark a demandé à ce que les auteurs soient traduits en justice. Le colonel Assimi Goïta, le nouvel homme fort du Mali n’est pas resté indifférent. Il a condamné sur tweeter « avec la plus grande fermeté cette attaque lâche et odieuse ».

Des condamnations tout à fait légitimes mais….

A qui profitent ces condamnations ? Aux morts, à la population meurtrie ? Réponse : à personne. Il est temps pour le peuple africain de surcroît les Burkinabè de lever la tête et de regarder devant eux. La population du Sahel n’a plus besoin de condamnations qui viennent de partout.

Elle voudrait plutôt qu’on assure désormais sa sécurité. Car c’est la seule manière pour elle de comprendre qu’elle n’est pas laissée à son propre sort. Les peuples du Sahel ont besoin de paix et de protection.

Où sont l’Union africaine et la CEDEAO qui depuis 2016 n’ont jamais cessé de condamner les attaques au Burkina et dans d’autres pays? Où est le fameux G5 Sahel que certains appellent « Jeu 5 ». Ce G5 dispose d’une armée qui pourrait endiguer l’hydre terroriste de nos frontières mais qui peine à prendre son envol ?

Qui pourrait empêcher une telle coalition des armées de ces cinq pays que sont le Burkina Faso, le Mali, le Niger, le Tchad et la Mauritanie de mener ces opérations ?

Nos chefs d’Etats manquent-ils de volonté de se mettre ensemble pour contrer ce fléau qui gangrène la société ?

Il est temps de mettre fin à l’hypocrisie qui existe entre nos pays. L’heure n’est plus aux condamnations mais aux actes. On assez entendu des condamnations avec la dernière énergie.

Condamnez maintenant avec la première énergie, c’est-à-dire montrez à vos peuples que vous pouvez combattre l’ennemi commun.

Il faut s’en convaincre que le phénomène terroriste s’est amplifié depuis l’invasion de la Lybie en 2011. Cette donne sécuritaire a redistribué les cartes géostratégiques et remis en cause certains intérêts séculaires.

Il s’agit notamment du Sahel avec toutes les convoitises sur cette zone reconnue pour ses richesses de son sol et de son sous-sol.

Cette nouvelle donne  s’est transformée en guerre pour le contrôle du sol et du sous-sol avec ses immenses dégâts collatéraux que nous enregistrons actuellement.

Et pour cette raison, les Africains devront faire face et relever ces nouveaux défis qui s’imposent.Pour vaincre cette adversité, les pays du Sahel doivent faire bloc et parler le même langage et bannir ces condamnations qui ne vont pas stopper ces massacres. Car ce n’est pas en menant la lutte en rang dispersé qu’on vaincra ce fléau.

La lutte, elle n’est pas seulement militaire. Il faut aussi le renseignement qui va permettre un tant soit peu d’avoir une longueur d’avance sur les gars-là. Il faut également prôner la bonne gouvernance c’est-à-dire une bonne répartition des revenus à toutes les couches sociales.

Bannir la corruption et le tribalisme au sein nos sociétés. C’est ainsi qu’on pourra bâtir des Etats-nations pour des générations à venir. Et pour cela aucune couche sociale ne doit pas être laissée pour compte ou marginalisée.

Pour reprendre Thomas Sankara qui disait « pas un pas sans le peuple ».Et comme dit l’adage « l’union fait la force » et l’autre d’ajouter que « seul on court plus vite, mais ensemble on part plus loin ».

Les dirigeants de l’Afrique et leurs peuples doivent cultiver cet état d’esprit et proscrire toute idée négative qui peut compromettre son avenir. Comme nous pouvons le remarquer, l’Afrique est le continent de l’Avenir.

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