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Transition : « Le Burkina Faso a besoin d’une véritable refondation » , Abdoul Karim Saïdou

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Abdoul Karim Saidou, Enseignant à l'Université Thomas Sankara

Le Centre pour la gouvernance démocratique au Burkina Faso (CGD) a organisé le mardi 12 avril 2022 un panel sur les défis et perspectives de la Transition de 2015 à celle de 2022. Dénommé dialogue démocratique, ce panel se veut une comparaison des transitions qu’a connu le Burkina Faso. L’accent est mis sur les forces et les faiblesses de la Transition de 2015 dont Michel Kafando en était le Président. Il était aussi question de mettre l’accent sur les enjeux ainsi que les défis auxquels la Transition en cours avec à sa tête le Président Paul-Henri Damiba fait face. 

Par Nicolas Bazié

Que ce soit la Transition de 2015 ou celle de 2022, les autorités ont commis un certain nombre d’erreurs qui, pourtant, pouvaient être évitées. Intervenant sur les forces et les faiblesses de la Transition de 2015, en tant que panéliste, l’enseignant à l’Université Thomas Sankara de Ouagadougou, Abdoul Karim Saïdou, a confié que beaucoup de réformes ont été entreprises.

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Abdoul Karim Saidou, Enseignant à l’Université Thomas Sankara

Des réformes et des textes « progressistes » qui selon lui, contribuent aujourd’hui au développement du pays, notamment la création de l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la corruption (ASCE-LC). C’est cette institution qui combat la corruption, les enrichissements illicites, le détournement des deniers publics.

En plus, Abdoul Karim Saïdou a cité la révision du code minier en 2015, qui a été adopté à la quasi unanimité par les députés de l’époque, au Conseil national de Transition (CNT).  Ce texte a fait un large consensus au sein de la société civile burkinabè.

A l’écouter, c’est toujours en 2015 qu’il a été décidé qu’au sein de l’armée : toute personne désirant faire la politique doit impérativement démissionner. Ce sont des réformes qu’il faut saluer, soutient l’enseignant Abdoul Karim Saïdou.

Cependant, M. Saïdou a relevé des erreurs commises sous la Transition de 2015. Il s’agit notamment de la non présentation de la feuille de route du gouvernement, devant le parlement de la Transition.

De son avis, il n’y a pas également eu de réformes constitutionnelles à cause, sans doute, d’un déficit de consensus. Ce qui est dommage, a-t-il fait savoir.

Il est allé plus loin, en affirmant qu’il y avait un déséquilibre à la tête de l’État. « Dans une Transition, il n’y a qu’un seul chef et c’est le Président. Mais en 2015, on avait l’impression qu’il y avait plutôt trois têtes au lieu d’une ».

Dans cette dynamique, il a voulu parler de Michel Kafando le Président de Transition, Isaac Zida le premier ministre et Chérif Sy le président du parlement de Transition. « Il y avait un déséquilibre, puisqu’on ne savait pas qui dirigeait exactement », a-t-il fait comprendre.

L’autre erreur qui a été commise en 2015 et qui s’est répétée dans la transition en cours, c’est « la cohabitation entre la constitution et la charte de transition. La qualifiant de « bricolage juridique », Abdoul Karim Saïdou a laissé entendre que cela discrimine le droit constitutionnel.

Les défis et les enjeux de la Transition dirigée par le Lieutenant-colonel Damiba

Un autre sujet abordé au cours du dialogue démocratique, ce sont les défis et les enjeux de la Transition de 2022, dont le lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba en est le Président. C’est l’analyste politique Siaka Coulibaly qui s’est attardé sur ce sujet.

Dès sa prise de parole, M. Coulibaly n’est pas passé par le dos de la cuillère pour dire que les autorités actuelles du pays ont intérêt à procéder à un diagnostic sociétal approfondi du pays. En clair, il s’agit pour lui, d’identifier les problèmes sérieux qui couvrent l’ensemble des paramètres qui minent le développement du Burkina Faso.

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Siaka Coulibaly, Analyste politique

C’est pourquoi, il salue déjà la clairvoyance des autorités de Transition actuelles, dans leur volonté première de refonder l’État. A l’entendre, il est convaincu qu’une fois l’État refondé, l’on pourrait facilement s’attaquer aux véritables soucis qui font tâche d’huile dans le développement socioéconomique et politique de la nation. « Le Burkina Faso a besoin d’une véritable refondation », a-t-il renchérit.

Le président Damiba et son gouvernement doivent savoir qu’il y a une faible protection sociale des citoyens burkinabè, ajoute l’analyste politique Siaka Coulibaly. Et de signifier que cela a occasionné la pauvreté et le sous emploi. C’est un problème à prendre aussi à bras le corps, déclare-t-il.

La question des déplacés internes est aussi à régler, poursuit M. Coulibaly qui a cherché à savoir pourquoi il y a assez de déplacés internes au Burkina Faso qu’au Mali, pourtant, le terrorisme a commencé dans ce pays en 2011.  Il n’a débuté au Burkina qu’en 2016.

A ses dires, c’est en 2019 que les populations ont commencé à fuir leurs localités, à cause des attaques terroristes à répétition, et surtout, des massacres survenus à Yirgou dans la province du Sanmatenga, région du Centre-Nord.

Les suggestions pour une bonne marche de la Transition en cours

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Les panélistes Abdoul Karim Saidou et Siaka Coulibaly à droite et le Modérateur Serge Théophile Balima à gauche

Les panélistes suggèrent à la Transition en cours, de rester concentrée sur ses priorités et ne pas disperser les énergies, tout en faisant en sorte que l’ensemble des forces vives de la nation puissent s’engager, dans la reconquête du territoire national. L’erreur du régime déchu de Roch Kaboré, c’est d’avoir eu plusieurs priorités à la fois, a conclu Abdoul Karim Saïdou.

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