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Verdict du procès Thomas Sankara : ce que pensent certaines personnalités

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Débuté le 11 octobre 2021, le verdict du procès de l’assassinat de Thomas Sankara et de douze de ses compagnons a été rendue le mercredi 6 avril 2022. Les principaux accusés Blaise Compaoré, Hyacinthe Kafando et Gilbert Diendéré ont été reconnus coupables des faits qui leur ont été reprochés. Ils ont été condamnés à la prison à vie. Ce verdict a suscité des réactions.

Par Tatiana Kaboré

C’est fait, le tribunal militaire a donné son verdict du procès de l’assassiant de Thomas Sankara et douze de ses compagnons le 6 avril 2022. Sur les quatorze accusés qui ont été jugés au cours de ce procès, seulement trois ont été complètement acquittés pour infraction non constituée. Il s’agit des accusés Bossobé Traoré, Alidou Diebré et Hamado Kafando.

L’ancien président Blaise Compaoré, son aide de camp Hyacinthe Kafando et Gilbert Diendéré ont été reconnus coupables des faits d’assassinat et complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, dans les évènements du 15 octobre 1987.

Tous les trois ont été condamnés à la prison à vie par le Tribunal. Jean Pierre Palm a quant à lui, été condamné à 10 ans de prison ferme.

Ce verdict a suscité plusieurs réactions tant au niveau des politiques que de la société civile. Au niveau politique, Abdou Karim Sango, président du PAREN (Parti pour la renaissance nationale) a fait savoir sur sa page facebook que: « Le temps est l’autre nom de Dieu ».

Il poursuit que ce verdict rendu  dans le cadre du procès Thomas Sankara et ses compagnons vient « encore traduire combien, il ne faut jamais désespérer du temps et de l’histoire.

Pour lui, au-delà des peines prononcées contre Blaise Compaoré et toutes les autres personnes impliquées dans ce dossier, ce jugement devrait permettre à la famille Sankara et aux autres familles d’enfin faire « le deuil des personnes qui leur étaient chères et qui ont été assassinées. L’autre dimension est pédagogique, nul ne saurait être puissant pour être au-dessus de la justice tout le temps. Tôt ou tard, chacun de nous est rattrapé par ce qu’il fait en bien ou  en mal ».

Avec ce procès, le processus de réconciliation nationale tant attendue peut maintenant être mis en œuvre selon Abdoul Karim Sango.

Pour ce faire, l’ancien conseiller du Président Roch Kaboré a invité la jeunesse à tirer une grande leçon de l’histoire, en vue de s’engager pour des causes justes et nobles.

Par ailleurs, il a indiqué qu’avec ce procès, le processus de réconciliation nationale tant attendue peut maintenant être mis en œuvre. « Il faut définitivement fermer ses parenthèses honteuses de tueries entre Burkinabè et se donner la main autour d’un nouveau pacte social construit autour de valeurs humaines. C’est à ce seul prix que ce pays pourra être un havre de paix pour tout le monde », a-t-il souhaité.

De son côté, Ismael Diallo, ancien diplomate, très proche et conseiller du Capitaine Thomas Sankara avait souhaité dans une interview accordé à Libreinfo « que la vérité soit dite par tous et que les non-dits soient bousculés et que la question soit soldée». Ce mercredi 6 avril 2022, intervenant sur Radio Oméga sur le verdict du procès, il a fait savoir que ce verdict devrait inquiéter la classe politique ainsi que les tenants du pouvoir.

Car, dit-il, « Si je faisais partie de la classe politique ou du pouvoir, je m’inquièterais de cette décision. Est-ce que Blaise Compaoré et ses affidés avaleront cette pilule sans rien dire, ou vont-ils tenter de changer la donne ? Changer la donne ici veut dire créer l’instabilité pour changer un régime qui sera favorable à leur arrivée », a indiqué mercredi 6 avril 2022, l’ancien diplomate Ismaël Diallo, sur les antennes de nos confrères de Radio Oméga

Affirmant ne pas être très exigeant sur le nombre d’années de sanction, Ismaël Diallo dit préférer en tirer des leçons. Pour lui, ces leçons sont d’abord le fait que le procès se soit tenu 34 ans après, une chose qu’il trouve « extraordinaire ».

Et la deuxième leçon c’est de rappeler que lorsqu’on fait du mal il faut s’attendre un jour à faire face à ce mal, et à devoir payer qui que l’on soit.

Me Bénéwendé Stanislas Sankara, président de l’UNIR/MPS (Union pour la renaissance/Mouvement patriotique sankariste), estime que la justice burkinabè a affirmé son indépendance par la liberté du juge Urbain Méda et les membres de la chambre du Tribunal militaire de Ouagadougou

« Elle rentre désormais au panthéon de l’histoire en sonnant le glas à l’impunité des crimes fussent-ils politiques ou commis par des intouchables. Blaise Compaoré, Gilbert Diendéré et Hyacinthe Kafando qui viennent d’être reconnus coupables de complicités d’assassinats du Président Thomas Sankara et ses compagnons et condamnés à vie apprendront à leurs dépens. Que cela serve de leçon à toute l’Afrique », a écrit l’ancien ministre en charge de l’Habitat, de l’Urbanisme et des villes.

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