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VIVRE ENSEMBLE : « J’ai tapé à beaucoup de portes pour avoir des mécènes, sans succès » (Sana Bob)

Le Burkina Faso fait face à une situation sécuritaire très difficile avec des attaques terroristes et des conflits intercommunautaires qui entrainent d’innombrables pertes en vies humaines, et menacent en même temps, le « vivre ensemble ». Face à cet énorme problème qui turlupine le gouvernement, toute contribution pour la stabilité du pays est utile. C’est pourquoi, Sana Bob, artiste musicien burkinabè autodidacte et Lauréat du Kundé d’Or 2015, prestigieux prix de la musique burkinabè, s’est engagé dans ce combat pour la stabilité sociale, en lançant à travers un single le concept de « vivre ensemble ». Une chanson qui marche bien et qui tourne en boucle sur des médias. Malheureusement, l’objectif recherché par cette chanson peine à toucher la cible,faute de moyens. On l’écoute comme les autres musiques de façon ordinaire. www.libreinfo.net est allé à la rencontre de l’artiste surnommé le crieur public pour en savoir davantage sur ce concept qui ne souffre plus de débat dans un pays en tourment vis-à-vis des conflits.

La musique est un facteur majeur de la cohésion sociale qui tend à renforcer les relations sociales. De ce fait, Sana Bob, artiste engagé et ambassadeur de plusieurs causes sociales, trouve du plaisir et se fait le ‘’devoir naturel’’ de rétablir la paix, le respect mutuel et l’acceptation de la pluralité des opinions, à travers sa musique. Il a confié à www.libreinfo.net, que tout a commencé en 2018 avec la sortie de son album intitulé « Vivre ensemble », qu’il a mis trois ans pour composer. « Je suis un artiste futuriste, je prédis l’avenir dans ma musique », a-t-il dit. L’artiste surnommé le crieur public par ses fans, a fait savoir que son objectif serait de ramener à travers le concept de « vivre ensemble », la paix et l’amour dans les cœurs à travers une campagne de sensibilisation. Un idéal difficile mais qui sera atteint par le courage de l’artiste : « Cet objectif est difficile à atteindre mais il n’est pas impossible », a-t-il précié. Dans la vision de l’artiste, pour remédier à cette hydre tentaculaire, il est nécessaire de communiquer et de dialoguer. Ainsi, il s’agira dans le sens du concept de « vivre ensemble », d’organiser des concerts et des entretiens dans tous les quatre coins du pays, pour sensibiliser les burkinabè sur l’importance de la paix et les bienfaits du « vivre ensemble ».

Cependant, Sana Bob, a affirmé avoir des difficultés à défendre sa cause, car il manque de soutien financier : « J’ai tapé à beaucoup de portes pour avoir des mécènes, sans succès. Ils disent juste avec des mots, on t’encourage car c’est un bon projet, comme si j’étais le seul concerné », a-t-il déploré. À l’entendre, cela ne l’arrêtera pas. Parce que Sana Bob, compte utiliser ses propres moyens bien que moins suffisants, pour défendre cette cause qui lui tient tant à cœur. « Il y a certaines zones du Burkina déclarées comme des zones rouges. Je ne peux même pas me rendre dans mon village situé au nord. Cela m’afflige puisque les habitants des zones touchées par l’insécurité pensent que je les ai abandonnés. C’est un handicap pour moi, ainsi que pour tous les artistes ne pouvant pas mené à bien leurs activités ».

C’est pourquoi, poursuit-il, « je ne laisserai pas tomber cette lutte, qui nous concerne tous, peu importe les obstacles ». Il a également appelé aux soutiens matériels et financiers des uns et des autres, car ce combat est pour tous les burkinabè. Sana Bob s’est ainsi appuyé sur l’histoire des sud-africains dont la musique a pu remonter le moral durant l’apartheid, pour montrer l’importance de la culture dans le maintien de la paix.

Dans la même lancé, le reggae man burkinabè a paraphrasé une citation du premier Président noir sud-africain, Nelson Mandela qui disait pour l’unité sud-africaine, que les filles et fils de l’Afrique du Sud doivent vivre ensemble. L’artiste appelle alors les burkinabè à s’unir, à se réconcilier, à s’aimer et à se pardonner car, pour lui, nul n’est parfait. Il a ajouté, que ce n’est pas en se jugeant que le Burkina pourra faire face à ce défit sécuritaire et à se développer. Pour conclure, le musicien a souligné qu’il donnera un concert sur « le vivre ensemble » le jour du ramadan dans le village de Nagréongo.

Delphine Sidbeogo
www.libreinfo.net