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Volontaire de défense pour la patrie : des organisations de défense des droits humains contrarient le Président Kaboré sur le travail de ces derniers

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Une vue des membres des organisations
Une vue des membres des organisations

Des organisations de défense des droits humains ont dénoncé mercredi 28 octobre à Ouagadougou des dérives commises par des volontaires pour la défense de la patrie (VDP) dans la lutte contre le terrorisme. C’était au cours d’une conférence de presse animée par ces organisations. Elles interpellent les autorités sur la tournure des actions des VDP sur le terrain.

 

Par Georges Youl, Stagiaire

Plusieurs organisations de la société civile et des droits humains ont dénoncé mercredi 28 octobre des dérives de certains volontaires de défense pour la patrie. Il s’agit du CISC (Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés), la coordination des comités de défense et d’approfondissement des acquis de l’insurrection populaire (CDAIP), le mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP) et l’association Tabital Pulaaku (association qui œuvre pour la promotion de la culture peulh et la cohésion pacifique entre les communautés).

Alors que le Président Kabore saluait les efforts des VDP aux côtés des FDS dans la lutte contre le terrorisme, il y a seulement quelques jours, des organisations de défense des droits humains dénoncent le travail de ces derniers dans les communautés. Elles critiquent des pratiques peu catholiques des volontaires de défense de la patrie assimilables à des violations des droits humains. Ce sont entre autres des exactions, des délits de faciès, des menaces de morts, des agressions physiques, de la stigmatisation contre principalement la communauté peulh. Outre ces dérives s’ajoutent le flou qui encadre le recrutement des VDP, les prélèvements des taxes effectués par ceux-ci sur les populations, l’absence de signes qui montrent leur appartenance aux volontaires etc.

«Au moment où tous les discours officiels prônent la cohésion sociale, des VDP censés protéger les populations des villages, rament à contre-courant en s’adonnant à une stigmatisation communautaire sans précédent», dénoncent les organisations.

Selon le président du CDAIP, Elie Tarpaga,les peulhs sont victimes aujourd’hui des dérives de ces volontaires de défense pour la patrie, parce que la population burkinabè elle-même les indexe pour des problèmes liés au terrorisme. «Nous sommes des burkinabè avant tout, il faut arrêter d’indexer l’autre», a-t-il laissé entendre.

Dr Daouda Diallo, Secrétaire général du CISC, déclare que dans les régions du Nord, du Centre-nord, de l’Est, de la Boucle du Mouhoun et du Sahel, les jeunes recrutés pour la défense de la patrie procèdent à des contrôles de faciès, humilient et tuent souvent des gens pour leur appartenance ethnique.

Il a par ailleurs indiqué, que les VDP empêchent même des élèves, des enseignants et des fonctionnaires de se rendre à l’école ou à leur lieu de travail. Cela a pour conséquence la déscolarisation et des abandons de postes. « Des témoins vivants existent pour illustrer cette pratique honteuse », assure t-il.

Les différentes organisations au nombre de quatre ont également exprimé leur inquiétude sur l’indentification des VDP. Selon elles, le fait que ces derniers n’ont ni tenue ni badge constitue un danger pour les habitants. Elles font remarquer qu’aucune autorité locale ne détient une liste complète de ses volontaires de défense pour la patrie. En outre, l’enquête de moralité menée sur ces derniers a été biaisée. «Des VDP sont entrain d’imposer des taxes à la population, ce qui n’est pas normal», s’indignent-elles.

Au cours de la conférence de presse, les organisations des droits humains ont interpellé les autorités sur la tournure que prend les “agissements” des VDP sur le terrain. «Ces cas graves de violations des droits humains devraient interpeller la conscience de tous les Burkinabè et surtout interpeller l’autorité compétente sur une tournure inquiétante de la situation sécuritaire dans notre pays» interpellent-ils.

Avant cette sortie des différentes structures, le président Roch Kaboré a plusieurs fois soutenu dans les médias, surtout dans ce mois d’octobre, le travail remarquable des VDP aux côtés des forces de défense et de sécurité pour la lutte contre le terrorisme.

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