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FESPACO 2019 : Le coup de gueule de Nadia El Fani, Présidente du jury documentaire

Le FESPACO a relevé le défi de la sécurité de cette 26e édition. Cependant, il y a plusieurs problèmes organisationnels à la cérémonie de remise des trophées au palais des sports de Ouaga 2000. La présidente du Jury documentaire Nadia El Fani, s’est même indignée du comportement de la sécurité. Elle n’a pas d’ailleurs manqué de soulever le problème de protocole. A la fin de la cérémonie, elle a répondu aux questions de Libreinfo.net. Elle est réalisatrice et productrice à Tunis et à Paris. Elle est auteure entre autres, de films ‘’Bedwin Hacker ‘’, 2002 ; ‘’Ouled Lénine’’, 2007-2008 ; ‘’Laïcité Inch’Allah/ Ni Allah, Ni Maître’’, 2011.

Libreinfo.net (Li) : Qui est Nadia El Fani ?

Nadia El Fani (N.E.F): Je suis cinéaste Tunisienne et française. Je fais des documentaires, des films de fiction et dans le cadre du FESPACO, je suis la présidente du Jury documentaire.

Li: Comment avez-vous trouvé le cinquantenaire du FESPACO ?

N.E.F: Non, non, je n’ai rien à dire parce que je suis absolument scandalisée et même été brutalisée par la sécurité. Moi, je n’ai pas de langue de bois et je le dis.

Li: Pourquoi vous avez été brutalisée par la sécurité ?

N.E.F: J’ai été brutalisée par la sécurité parce que je voulais parler à la presse pour dire qu’il y a eu une erreur. Nous avons fait une mention pour le long métrage documentaire “Ntarabana”, le film de François Woukoaché sur le génocide rwandais et cela n’a pas été mentionné. Je voulais juste monter sur scène pour dire ça et on m’a empêché de le dire. Et quand je parlais à la presse, la sécurité est venue m’empêcher de parler et me brutaliser. Je trouve cela proprement scandaleux.

Li: Quelles appréciations faites-vous de la qualité des productions documentaires qui ont été soumises à votre jury ?

N.E.F: Nous, dans notre section de compétition documentaire, nous avons eu une partie qui était absolument excellente. C’est pourquoi, nous avons attribué des prix à l’unanimité et on aurait aimé pouvoir monter sur scène pour le dire. Et il y avait un tiers de la sélection qui n’avait rien à faire dans cette sélection. Tous les films primés ont requis l’unanimité du jury. L’unanimité a été pour le ‘’Loup d’or de Balolé’’ de Chloé Aicha BORO, á qui nous avons donné l’Etalon d’or de Yennenga du documentaire ; ‘’Au temps où les arabes dansaient’’ de Jawad Rhalib, à qui nous avons donné l’Etalon d’argent ; et l’unanimité pour le Poulain d’or du documentaire qui est une réalisatrice kényane qui a fait un film sur l’excision, qui est magnifique. Et aussi le Poulain d’argent pour Tata Milouda (Nadja Harek). Ces films que je viens de citer, ont eu l’unanimité du Jury.

Li: Dans quelles conditions vous avez travaillé ?

N.E.F: Nous avons travaillé dans des conditions absolument terribles. Nous avons été obligés de nous battre pour pouvoir voir tous les films, parce que l’organisation ne suivaient pas. Nous avons vu les films en maximum dans les salles de cinéma parce que c’était notre désir de voir les films dans les salles de cinéma. Nous avons été parfois obligés de travailler à voir six films dans une journée, ce qui est quand même des conditions très difficiles parce que l’organisation a failli.

Li: Avez-vous travaillez sous pression ?

N.E.F: Absolument pas ! Nous avons eu une totale liberté et nous avons travaillé en très bonne entente dans le jury et tout s’est très bien passé. En revanche, ce que je peux dire, c’est que nous aurions aimé être très bien traités en tant que Jury et être au moins mentionnés au moment des prix et pour les cinéastes dont je fais partie dans mon jury et d’autres jurys. Nous aurions aimé monter sur scène et pouvoir dire pourquoi nous donnons ces prix. Parce qu’à chaque prix, nous avons pris le soin de noter les raisons pour lesquelles nous attribuons ce prix. Cela est très dommageable que le cinéma ne devienne une fête à donner des prix et à ne pas dire pourquoi, parce qu’il est très important de parler du cinéma dans un festival du cinéma.

Li: Le Lauréat de l’Etalon d’Or de Yennenga est connu. C’est le rwandais Joël Kerekezi avec son film ‘’The Mercy of the Jungle (la Miséricorde de la jungle). Quelle est votre appréciation ?

N.E.F: Je n’ai aucune appréciation à faire, parce que je n’étais pas dans le jury long métrage de fiction. J’étais dans le jury documentaire. Nous avons jugé les documentaires longs métrages et les documentaires courts métrages. Donc je n’ai pas de commentaires à faire sur le palmarès du jury long métrage de fiction.

Li: Mais avez-vous pu regarder ce film (The mercy of the Jungle) ?

N.E.F: Non, parce qu’on avait 36 films à voir en une semaine et c’était compliquer de faire autre chose.

Li: Quel avenir pour le cinéma africain ?

N.E.F: L’avenir pour le cinéma africain, c’est que les cinéastes continuent de faire de bons films qui puissent être vus partout en Afrique et à l’étranger. Que des Etats apprennent à subventionner correctement le cinéma, parce que l’avenir de l’Afrique passe aussi par les cinéastes.

 Propos recceuillis par

Siébou Kansié
Libreinfo.net

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