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Burkina présidentielle 2020:difficile de comprendre le jeu de cache cache entre le gouvernement et la Ceni

Newton Ahmed Barry,president de la Ceni
Newton Ahmed Barry,president de la Ceni

Par La Rédaction

Le Burkina Faso s’apprête à organiser les élections présidentielles couplées législatives 2020. Cependant,l’horizon reste encore sombre à dix mois des élections. C’est une cacophonie totale entre le gouvernement et la Ceni qui est donnée à observer par les populations. Si le gouvernement ne dément pas une déclaration du président de la Ceni,c’est qu’il demande de revisiter le calendrier de l’enrôlement des burkinabè de l’étranger et le président de la Ceni de continuer sa route. Aucun agenda n’est conforme entre les deux. Mais ils viennent tous de marquer un arrêt même si on ne sait pas jusqu’à combien de temps cet arrêt va durer. En effet,la révision des listes électorales au niveau national devait commencer ce 3 février mais un communiqué de la Ceni a annoncé le report de cette date sans pour autant dire quand est ce que les choses vont reprendre.

Cette annonce fait suite à un fiasco enregistré dans l’enrôlement des burkinabè de l’étranger (4 au 26 janvier 2020). Sur un potentiel de deux millions d’électeurs,la Ceni a enregistré moins de vingt mille personnes. Jusque là l’on ne sait pas ou situer les responsabilités. La majorité et l’opposition politique disent ne pas être surprises. Alors que la Ceni s’en lave aussi les mains vis à vis de cette démobilisation à l’allure d’un boycott.Peut-être que pour ne pas subir un autre revers la Ceni a jugé utile de jouer la prudence le temps de s’accorder sur certains détails avec ses partenaires avant de lancer la révision du fichier électoral au Burkina.

Dans l’émission le Club de la presse organisé par le centre national de Presse Norbert Zongo,diffusée samedi 1er février 2020,le président de la Ceni Newton Ahmed Barry a donné des éléments de réponse sur ce qui a opposé son institution et le gouvernement à quelques jours de l’enrôlement des burkinabè de l’étranger.

En effet,le 27 décembre 2019, le chef du gouvernement écrivait au président de la CENI pour demander de revisiter le calendrier de l’enrôlement des burkinabè de l’étranger, est ce que vous avez tenu compte de la lettre du premier ministre ? à cette question le président de la Ceni répond: le 27 décembre 2019, effectivement j’ai été interpellé en me disant que le premier ministre va me saisir d’une lettre pour faire décaler la date d’enrôlement. Dès que j’ai eu cette information j’ai essayé de rentrer en contact avec le premier ministre et je n’ai pas pu jusqu’à 20h. J’ai appelé le chef de l’état qui m’a répondu. Il m’a demandé de passer le lendemain à 10h.Donc je suis allé voir le chef de l’Etat avec qui j’ai échangé plus le ministre de l’administration territoriale. Le président a instruit séance tenante que nous puissions avoir une concertation avec le ministre de l’administration territoriale, le ministre des affaires étrangères et le ministre de l’intégration des burkinabè de l’étranger. Ils m’ont rencontré et ils m’ont posé deux questions : Ils ont demandé est ce que je peux donner des cartes d’électeurs ? je dis oui le système est paramétré par rapport à ça.

Ils m’ont demandé est ce qu’on peut sortir hors des ambassades et des consulats ? Je leur ai dit je vous ai adressé des lettres par rapport à ça, c’est à vous de me répondre. J’ai répondu à ces deux questions. L’autre question c’est de savoir quel est le niveau des préparatifs ? Je leur ai dit au moment où je vous parle tous mes techniciens, mes cadres d’appuis et commissaires sont dehors (hors du Burkina). Je leur ai dit si vous voulez qu’on arrête le processus il faut que je fasse revenir l’ensemble des commissaires parce qu’en tant que président de la CENI je ne peux pas prendre cette décision. C’est une décision de la plénière il faut donc que je convoque la plénière. Ensuite je pense que ce qui est simple, puisque la loi donne des prérogatives différenciées, la loi dit que le calendrier de l’enrôlement c’est le fait du gouvernement, c’est vous qui avez décidé la date du 1er janvier, Si vous n’êtes pas d’accord aujourd’hui vous prenez juste un décret et vous reporter la date, la CENI se plie. Je crois qu’après ces échanges le gouvernement a compris et ils nous ont dit allezy ! Tout procède de consensus, s’il y’a un consensus la loi vient constater à partir du moment où le gouvernement a pris un décret le 25 juillet pour dire que la CENI doit enrôler à partir du 1er janvier 2020 tout a été fait conformément aux décisions du dialogue politique, y compris la budgétisation.

Nous avons dépensé près de 800 millions FCFA pour les sorties, les gens étaient déjà sortis au moment où on nous demandait de revoir le calendrier. Uniquement pour les sorties donc vous vous imaginez faire rentrer des gens qui n’ont pas travaillé ? Nous on explique techniquement les choses mais si les gens y tiennent on n’a pas de problème et on demande à ce que les gens rentrent sans avoir travaillé.

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Donc l’opposition politique a raison de dire que c’est le gouvernement qui est responsable de ce fiasco ?

Non il ne faut pas aller vite en besogne parce que le dialogue politique c’est tout le monde dedans et c’est le dialogue politique normalement qui fait marcher les choses, pourquoi du 25 juillet ou le décret a été pris on a attendu tout ce temps sans que l’Assemblée nationale ne décide ? Honnêtement quand j’ai eu cette rencontre avec le gouvernement je ne me suis plus préoccupé de la lettre je peux vous assurer au jour d’aujourd’hui que je ne l’ai même pas vue.

Ce que je constate, jusqu’à présent le dialogue politique fonctionne très bien et qu’en la matière ils font tout en consensus comment ne pas avoir fait suffisamment de pression pour que l’Assemblée nationale en 90 jours n’ait pas pu adopter une loi qui était une loi importante qui permettait donc de structurer un processus ? En dehors des conclusions du dialogue politique il n’y a pas eu d’autres débats autour du processus électoral.