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Burkina/1er mai 2024: les syndicats n’ont pas remis de plateforme revendicative au gouvernement 

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Dégradation de la situation, remise en cause des libertés, rupture du dialogue social  et retrait du projet de Code du travail sont, entre autres, les revendications des structures syndicales lors du meeting de ce 1er mai 2024 à l’occasion de la célébration de la fête du travail. Mais en raison de l’interdiction de la marche, les syndicats n’ont pas pu remettre leur cahier de doléances au gouvernement.

Par Issoufou Ouédraogo 

Sous la conduite de l’Unité d’action syndicale (UAS), les organisations syndicales ont célébré la Journée internationale du travail à travers un meeting, ce 1er mai 2024, à la Bourse du travail de Ouagadougou.

Cette année, les structures syndicales n’ont pas pu faire la marche traditionnelle pour remettre leur cahier de doléances.

Pour cause, le Président de la délégation spéciale (PDS) de la commune de Ouagadougou a adressé une correspondance à la structure syndicale. 

Le contenu? C’est le président du mois des centrales syndicales, Marcel Zanté, qui en parle. Mais avant il regrette  que cette réponse,  a été  reçue ce 1er mai 2024 à 7 heures. 

Elle dit ceci: « A votre déclaration d’organiser une marche-meeting, messieurs les secrétaires généraux, j’ai l’honneur d’accuser réception de votre correspondance (…)  au regard du communiqué n°3 en date du 30 septembre 2022 du MPSR 2 suspendant les activités des OSC, des partis et formations politiques toujours en vigueur  et surtout du contexte sécuritaire de notre pays, je ne peux accéder à votre requête. »

 Zanté explique qu’ ils n’ont pas déposé une demande d’autorisation de marcher. «Nous avons adressé au PDS une information pour lui annoncer que nous voulons marcher et aller remettre le cahier de doléances ; donc ce n’est pas une demande d’autorisation ».

Cependant, il a constaté que le PDS a refusé  aux syndicats d’emprunter les artères pour aller remettre le cahier de doléances en citant le contexte ; pourtant, dans ce même contexte, «nous avons marché l’année passée et nous sommes allés remettre le cahier de  doléances.»

Mieux,  le président de mois des centrales syndicales, Marcel Zanté a affirmé que « dans ce même contexte, des organisations favorables au pouvoir en place ont eu à manifester la veille à Ouagadougou. Elles n’ont pas été interdites.»

Il s’est alors demandé: «Pourquoi refuser alors à l’UAS de marcher et d’aller remettre son cahier de doléances ?»

Selon Marcel Zanté, « le gouvernement voudrait se déplacer à la Bourse du travail pour recevoir plutôt notre cahier de doléances. Les secrétaires généraux ont estimé qu’ils ont un objectif en faisant la marche.»

La plateforme revendicative

La plateforme revendicative contient quatre grands points et est répartie en  48 sous-points. 

Il s’agit, entre autres, de la sécurisation des populations et de leurs biens, de la lutte contre la vie chère, du respect à l’élargissement des libertés démocratiques et syndicales, de la promotion du travail décent, de l’assainissement de la gestion des ressources nationales et du respect du pouvoir d’achat. 

Des responsables syndicaux au meeting
Des responsables syndicaux au meeting

A cet effet, Olivier Guy Ouédraogo  de l’UAS a déclaré : «  La reconquête du territoire présentée comme motif principal du coup d’Etat du MPSR 2, a suscité beaucoup d’espoir au début. Cependant, hormis les localités où des PDI ont pu être installées et certaines écoles reouvertes, la situation globale des zones à fort défi sécuritaire est plutôt inquiétante. » 

Plus grave, dit Olivier Guy Ouédraogo, le syndicat observe une gestion des deniers publics qui fait courir le risque de fins de mois sans salaire aux agents publics de l’Etat. 

«Les nombreuses sollicitations des ressources de la CNSS (Caisse nationale de sécurité sociale) et de la CARFO (Caiisse autonome de retraite des fonctionnaires) pour financer des projets économiques douteux suscitent des inquiétudes légitimes quant à la capacité de ces organismes à assurer à terme la prise en charge des pensions des retraités», a-t-il mentionné.

L’UAS observe par ailleurs une rupture de fait du dialogue social.

« Nous constatons, avec regret, que malgré les promesses répétées du ministre, le projet de Code du travail, retiré par le gouvernement, n’a toujours pas été transmis à l’Assemblée législative de Transition » a affirmé M. Olivier Guy Ouédraogo.

www.libreinfo.net  

                                                   

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