Accueil Société Campagne agricole 2019 : des milliers d’hectares ravagés par les chenilles légionnaires...

Campagne agricole 2019 : des milliers d’hectares ravagés par les chenilles légionnaires dans le Houet

La campagne agricole tire à sa fin et logiquement, les producteurs devraient commencer les récoltes. Malheureusement,les choses s’annoncent très difficiles pour la plupart des paysans dans la province du Houet, puisque des milliers d’hectares de céréales ont été touchés par les chenilles légionnaires.

Nous avons visité une vaste étendue de champ de maïs dont la plupart étaient en souffrance dans la zone de Bobo Dioulasso.Au milieu d’un champ,nous avons rencontré un homme, la houe à l’épaule gauche. Venu à notre rencontre, il s’assoit,sa houe toujours à l’épaule gauche, au milieu des feuilles de maïs jaunissantes. Nous sommes bien à Gnamadougou, localité située à 25 km à l’est de Bobo Dioulasso, au domaine d’exploitation de maïs de Bakary Sanou. Ici, la campagne agricole qui a débuté en mai dernier, a été relativement bonne du point de vue pluviométrique. Les plants (céréales) à vue d’œil, ont été bien entretenus. Le champ présente un bon aspect. Mais d’où vient le problème qui attristent autant les paysans? Bakary Sanou, trouve difficilement les mots pour décrire ce qu’il qualifie de « gâchis »: une bonne partie de son champ est dévastée par les chenilles légionnaires.

Une bonne partie de la production affectée par ces chenilles légionnaires

Le constat dans les champs que nous avons visités est terrible.
« J’ai tout fait pour venir à bout de ces chenilles mais rien. Cela a commencé depuis les premières pousses et nous avons traité. Certaines sont mortes et d’autres sont toujours là. », c’est la lutte de Bakary Sanou contre ces ravageurs de semis qui nous est ainsi expliquée.
« Maintenant, ce n’est plus sur les feuilles. Les chenilles rentrent même dans les graines et détruisent tout. Franchement, à l’heure actuelle, nous ne savons plus quoi faire. Le déficit alimentaire cette année au Burkina est inévitable. »,a déclaré tristement M. Sanou.

A lire: CILSS : Une conférence régionale pour lutter contre la chenille légionnaire d’automne

Autre localité, même réalités! À Yegueresso, à quelques 15km de Bobo Dioulasso,le champ d’Adama Sanou comme tout autre, ne présente pas un paysage reluisant. Pour lui, ces chenilles qu’il trouve invincibles, sont une catastrophe. « J’ai fait trois hectares de maïs et je n’aurai que 20 sacs au lieu de 60, que je fais généralement pour 3 hectares. Je ne cherche que cette année, seulement la pitance pour ma famille », conclut-il par ce soupir de désespoir, la main gauche sur la tête.

À kiri, à 17 km de la deuxième ville du Burkina Faso, Lambert Ouattara, un autre paysan, tire très vite cette conclusion : « C’est la pire des années, car ces chenilles ont eu trop de force cette saison. », déclare-t-il, avant de nous présenter ses mains pleines d’arachides ; en regardant les oiseaux picorer le reste des deux hectares de son maïs.

Lambert Ouattara retient difficilement ses larmes.Il affirme que les chenilles ne sont pas seulement la cause de cette mauvaise saison. Il y a également la pluviométrie tardive. Si lui, évoque un problème de pluviométrie, les autres, n’en ont pas fait cas, affirmant tous, que ce sont les chenilles qui ont plus perturbées leur saison.

Pour M.Ouattara, les pluies ont commencé tard : « nous avons fait des premiers semis qui n’ont rien donné. Nous avons ressemé, nous avons mis l’engrais et pendant deux semaines il n’y a pas eu de pluie ».

Comme pour lever toute spéculation sur les causes de cette saison loin de donner du sourire aux braves paysans, Idrissa Traoré, un agent technique d’agriculture, estime que la mauvaise saison pourrait s’expliquer par la mauvaise répartition des pluies dans l’espace et dans le temps. Il convient avec les paysans que ces chenilles destructrices ont développé cette année, une résistance à plusieurs pesticides.

En juillet dernier, la FAO annonçait qu’au moins cent mille hectares de céréales ont étés cette saison détruites par les chenilles légionnaires au Burkina Faso. En début septembre 2019, le CILSS a tenu une conférence régionale pour lutter contre la chenille légionnaire d’automne.

Alidou Ouédraogo
Correspondant,Houet
www.libreinfo.net