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Commune de Houndé : un bel exemple de développement local couronné plusieurs fois en 2019(rétrospective)

Maire de Houndé Dissan Gnoumou Boureima
Maire de Houndé Dissan Gnoumou Boureima

La page 2019 s’est refermée avec l’ouverture d’une nouvelle année, celle de 2020. Elle aurait été marquée par de multiples mutations socio-économique et politique au niveau du Burkina Faso avec un contexte sécuritaire délétère. A Houndé chef-lieu de la province du Tuy,2019 serait l’une des années la plus mouvementées mais aussi de travail. En témoigné conseil municipal a été primé cinq fois pour son développement local. Nous revenons sur quatre grands évènements qui ont marqué la commune de Houndé au cours de l’année 2019.

Située sur la Route Nationale N°1 (RN1) à une centaine de kilomètres de Bobo-Dioulasso, la ville de Houndé est un carrefour incontournable pour toute personne qui connait la région des hauts-bassins. Au-delà d’être une ville cotonnière avec une usine d’égrainage, elle abrite depuis 2016 l’une des plus grandes industries d’extraction de l’or du Burkina Faso, Houndé Gold opération (HGO) sinon de l’Afrique de l’ouest. Au cours de l’année 2019, la ville a été animée par des mouvements sociaux des organisations de la société civile qui, travers marches, meeting, conférences dénoncent le refus des sociétés minières à payer le fonds minier pour le développement local (FMDL) institué par le code minier de 2015.

Ces mouvements vont connaitre une évolution avec la note du ministère des mines qui instituait la déductibilité des réalisations des sociétés minières au titre de la RSE (responsabilité sociale des entreprises) dans le fonds minier de développement local. Des coalitions telles, le cadre de veille citoyenne qui regroupe 10 associations et mouvements de Houndé et la coalition Famu qui regroupe une quinzaine d’organisation ont vu le jour pour non seulement exiger le paiement sans condition du FMDL mais aussi s’opposer contre la déductibilité.

Face à la grogne qui gagnait du terrain, le maire de la commune de Houndé convoquera le 26 juillet 2019 un conseil consultatif avec la présence des OSC des autorités coutumières, les autorités administratives même si le haut-commissaire et la société minière ont brillé par leur absence pour discuter de la question du fonds minier. Au cours de cette rencontre qui a été diffusée sur la radio RED (radio évangélique et développement) de Houndé, il a été décidé que Houndé s’oppose à la déductibilité et exige le paiement sans délai du fonds minier. Un procès-verbal de la rencontre a été envoyé au ministère des mines. Malgré toutes ses actions, le conseil municipal en sa session du 26 décembre 2019 a procédé à la validation des réalisations de la société Houndé Gold opération qui devraient être soumises à la déductibilité.

L’opération caisse vide du SYNTSHA

L’un des faits ayant marqué la commune de Houndé, est le mot d’ordre du syndicat national des travailleurs de la santé Humaine et animale (SYNTSHA) notamment l’opération caisse vide. La section SYNTSHA Tuy avait intimé les bouchers de Houndé de ne pas payer la taxe d’abattage qui était collectée par un agent collecteur recruté par la commune de Houndé. Face au refus des bouchers de payer la taxe d’abattage le maire de la commune qui a estimé que ce refus portait un coup à l’économie locale avait ordonné la saisie des carcasses. S’en est engagé un bras de fer qui a abouti à la fermeture du service départemental de l’élevage par la mairie de Houndé le 19 septembre 2019. Le 23 septembre le SYNSTHA Tuy organise un sit-in de 72H devant le service de l’élevage pour manifester son mécontentement contre l’attitude du maire et la sécurisation dudit service. Les bouchers se retrouvent victime de la situation où ils sont sanctionnés par la mairie s’ils ne payent pas la taxe et par le service de l’élevage qui refuse d’inspecter la viande s’ils payent la taxe. La hache de guerre sera définitivement enterrée après la rencontre entre le maire et les bouchers d’une part et d’autres par avec les responsables du SYNTSHA et plus tard par la levée du mot d’ordre. Durant ce temps, la caisse de la commune, les bouchers et la population de Houndé avaient payé le prix.

Le déguerpissement des orpailleurs sur le site de Bombi

L’un des événements qui a choqué la population de la cité de l’os dur est le déguerpissement des orpailleurs qui se sont installés la dernière semaine de novembre 2019 sur le site de Kari Nord (Bombi) où l’or avait été découvert. Les deux semaines qui vont suivre cette découverte, la ville de Houndé a connu une grande affluence des orpailleurs qui accourent vers le site à la recherche du précieux métal. Le développement économique de la ville va connaitre un coup. Les commerçants se frottent les mains. Certains vont jusqu’à dire que, les orpailleurs en deux semaines avaient  apporté à Houndé ce que la mine HGO n’a pas fait en une année. Malheureusement cette convergence vers Houndé sera de courte durée. La multinationale Endeavour Mining à travers sa société HGO va rentrer en action. En réalité le site qui fait l’objet de convoitise fait partie du permis d’exploitation de la multinationale et les études de prospections ont été déjà effectuées. La société dans une correspondance adressée à l’association des orpailleurs du Tuy avait intimé d’arrêter les travaux. Le 04 décembre une rencontre qui a regroupée les autorités administratives, les responsables des orpailleurs, le ministère des mines, les représentants de la société et le syndicat des orpailleurs n’a pas permis de plaider la cause des orpailleurs. La société minière est ferme : il faut libérer le site au plus tard dimanche 08 décembre dans l’après-midi. Les orpailleurs n’entendent pas de cette oreille. Pour la deuxième fois dans l’histoire de Houndé des cargos de FDS armées jusqu’aux dents vont faire une descente sur Houndé. Le samedi la veille de l’expiration de l’ultimatum, le site est libéré et les orpailleurs livrés à leur sort. Toutes les tentatives des autorités communales de plaider pour les orpailleurs ont été vaines.

Les prix remportés par la commune de Houndé

En 2019, la commune de Houndé s’est distinguée des autres par les prix qu’elle a remporté, au total cinq prix : prix des meilleurs cantines scolaire, trophée de reconnaissance, le PADEV, prix des meilleures villes du Burkina et le COPEGOL. Pour le dernier prix, en plus du trophée la commune a eu la somme de 10 millions de francs CFA. S’adressant au personnel de la mairie à l’occasion du nouvel an, Dissan Boureima Gnoumou, maire de la commune de Houndé dira : « nous avons engrangé beaucoup de victoires dans l’année 2019. Ces victoires sont les votre parce que c’est vous qui êtes les artisans de toutes ces victoires. Nous avons eu en tout cinq prix, le dernier prix je peux vous assurer prône nos efforts parce que c’est un prix qui est assez objectif, il s’appuie sur les indicateurs de santé, d’éducation, d’eau et d’assainissement, collectés auprès des services techniques déconcentrés ». A travers ce jeune maire, ce sont les efforts de tout le conseil municipal, de l’administration municipale et des partenaires techniques et financiers qui sont reconnus. C’est aussi une invite à faire mieux cette année et les années à venir.

Lors de la journée de redevabilité qui s’est déroulée le 26 décembre 2019 de nombreuses infrastructures et chantiers en cours ont été présentés parmi lesquels on peut citer les centres de santés, les infrastructures scolaires, la réalisation des forages. L’autonomisation économique de la femme n’est pas en reste. En décembre 2019 plus de 600 femmes regroupées en 30 groupements se sont partagées environs 60 millions de francs CFA dans le cadre de la micro finance communautaire.

Selon le maire de la commune de Houndé l’année 2020 est une année de défis pour la mairie. Des infrastructures scolaires  aux infrastructures sanitaires en passant par la voirie et les canalisations pour les évacuations des eaux pluviales, la mairie sera armée pour qu’ils soient une réalité à la fin de l’année. Mais nous passons également que l’un des défis à relever c’est la relation institutionnelle. Tout doit être mis en œuvre pour que la collaboration entre service de tutelle (Haut-commissariat) et la mairie soit au top. Quoi qu’on dise cette relation que le citoyen lambda peut trouver normal est en réalité délétère et pourrait freiner ou compromettre certains projets de développement.

El Bach,Correspondant/Tuy

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