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Conflits Haute-Volta, Mali : Deux guerres qui n’ont pas effacé les liens séculaires

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La Haute-Volta aujourd’hui Burkina Faso a un lien particulier avec le Mali. Les deux pays sont liés par l’histoire et la culture que les deux guerres qu’ils se sont livrées n’ont heureusement pas effacé.

Par Merneptah Noufou Zougmoré

Le Mandé pour les sachants de l’histoire s’étendait de la lisère du Maroc jusqu’en Côte d’Ivoire. L’emprise de cet empire s’étalait sur toute l’Afrique de l’Ouest.

Au plan culturel, les patronymes illustres les liens entre les deux peuples. Quand les griots chantent les louanges des Traoré, des Koné ou des Coulibaly, ils ne désignent pas de nationalité.

C’est un même peuple séparé par les vicissitudes d’un processus de colonisation à travers des frontières tracées sans tenir compte des facteurs historiques, linguistiques et psychologiques.

Ainsi, une bande de terre dénommée Agacher a fait l’objet de conflit entre les deux pays.

En 1974, ce différend frontalier dont le dossier était déjà pendant à la Cour de Justice de la Haye s’éclate. Pendant quelques jours, les deux armées s’affrontent.

Mais compte tenu de la situation difficile liée à la famine, les deux pays saisissent au bond les premières médiations. Les chefs d’Etat de la sous- région s’impliquent.

Le président Ahmed Sekou Touré avec une forte délégation rencontre le président Aboubacar Sangoulé Lamizana et le président Moussa Traoré à la frontière des deux pays.

A l’occasion, il met le talent de Sory Kandia Kouyaté, l’un des éminents griots de la Guinée en exergue. Sory Kandia Kouyaté rappelle par des déclames les liens séculaires qui existent entre le Mali et la Haute-Volta.

Pendant la période, des esprits malveillants malgré l’interpellation des autorités, s’en étaient pris aux maliens à Bobo-Dioulasso. Même dans ces circonstances, l’esprit de solidarité a joué à Bobo.

Ces maliens persécutés ont reçu la protection de certaines familles de la ville. Elles s’opposeront à cette vindicte qui malgré la guerre ne devrait pas avoir lieu. Ces actes barbares ont dû interpeller les premiers responsables du Mali.

A l’occasion du sommet de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEAO), une institution aujourd’hui disparue et dont le siège était à Ouagadougou, tenu le 7 avril 1975, la délégation malienne a exigé que ses cadres qui y travaillent soient protégés.

Cette exigence est ressortie dans le communiqué final de la rencontre des chefs d’Etats. « La conférence regrette qu’à l’occasion du différend frontalier malo-voltaïque… des fonctionnaires maliens en service à Ouagadougou aient été interpellés.

La conférence attire l’attention du président en exercice, du président de la Haute-Volta et du secrétaire général de la CEAO, sur l’impérieuse nécessité de faire respecter les immunités diplomatiques qui protègent les fonctionnaires de la CEAO. »

Le deuxième malheureux conflit

Un second conflit va à nouveau éclater une dizaine d’années après celui de 1974. A la Noël de 1985 après un léger retard constaté dans le démarrage du journal Parlé à Radio Burkina, on annonce que l’armée malienne par son aviation avait attaqué Djibo, Ouahigouya et d’autres localités .

Le pays était sur le pied de guerre. Le Conseil national de la Révolution (CNR) désigne un porte-parole du nom de Daouda Traoré, l’actuel président par intérim du Mémorial Thomas Sankara.

Ouagadougou et les grandes villes sont dans l’obscurité la nuit. Une exigence des autorités pour, semble-il, ne pas permettre aux avions de chasses de repérer les agglomérations.

Une médiation sous-régionale s’engage à trouver un accord entre les deux belligérants

L’Accord de non-agression et d’assistance en matière de Défense (ANAD) organise des rencontres à Abidjan entre le Burkina Faso et le Mali qui se concluent avec un cessé le feu.

Le 3 janvier 1986, Ouagadougou accueille les combattants venus du front avec quelques chars maliens détruits à la Place de la Révolution devenue aujourd’hui la Place de la Nation.

Le président Thomas Sankara pendant son discours invite chaque Burkinabè à avoir un ami Malien.

Le président Thomas Sankara avait pour ami et frère Lassina Sidibé, un Malien qu’il avait rencontré à Madagascar pendant ses études militaires.
Plus qu’un confident, il avait demandé à ce dernier d’intercéder auprès de Moussa Traoré pour une médiation.

C’est à l’issue de cette facilitation infructueuse qu’éclatera le 25 décembre , date de la célébration de la Noël, cette guerre dite des pauvres.

En dépit de ces deux guerres, à Selingué à 140 km de Bamako en 2010, dans le bureau du bourgmestre de la ville, il y avait un portrait du président Amadou Toumani Touré, et un grand poster du président Thomas Sankara.

Les Burkinabè ont de la famille au Mali. Les Ouédraogo, les Zerbo et bien d’autres patronymes sont la preuve que nous sommes un même peuple.

www.libreinfo.net

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