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Ouahigouya : «l’État doit encore faire plus d’efforts pour soutenir les maraîchers », producteur

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En dépit de la situation sécuritaire difficile, la population de Ouahigouya, au nord du Burkina, continue de cultiver la pomme de terre. Le vendredi 16 février 2024, libreinfo.net en a fait le constat dans les différents lits des barrages aux alentours de la ville. Ce qui a permis de cerner les difficultés et les enjeux liés à cette filière.

Par Zakiss Ouédraogo, correspondant dans le Yatenga

Pour atteindre les 60 000 tonnes de pomme de terre par an, prévues dans le cadre de l’Offensive agropastorale et halieutique 2023-2025, le ministère de l’Agriculture, des ressources animales et halieutiques aménagera environ 1254 ha dans le pays dont 156 ha pour sa région Nord.

Les différentes variétés de pommes de terre couramment utilisées par les producteurs sont, entre autres, Naima, Universa, Atlas, Sahel, Spunta, Pamina et El Beida (l’une des meilleures variétés appréciées par les maraîchers).

Les producteurs de la pomme de terre de Ouahigouya n’ont pas attendu l’État pour continuer la production de la pomme de terre. Toutefois, ils sont confrontés à des difficultés.

Hamadé Sawadogo qui réside au secteur 13 de Ouahigouya explique qu’il est dans cette activité depuis très longtemps et que chaque année, il met en terre environ 400 plants de pomme de terre en raison de la petite surface cultivable dont il dispose.

S’agissant des difficultés : « Ce qui nous donne des insomnies dans cette activité, c’est sans doute le manque d’eau, le coût élevé de l’engrais et la mauvaise qualité des semences par moments ».

Et malgré que: « chaque année, à travers les radios, nous apprenons que le gouvernement mettra la main à la poche pour soutenir les producteurs de la pomme de terre », il avoue qu’à son niveau qu’il n’a jamais reçu d’assistance venant de l’État.

Mais il nuance en affirmant : «  C’est seulement cette année que nous avons eu une subvention de 5 sacs de semences et de 5 sacs d’engrais. Chose dérisoire pour nous. »

A Ouahigouya, d’une manière générale, dit-il, « nous avons fait la connaissance d’un bon Samaritain du nom de Issa Sawadogo qui nous aide en nous octroyant des semences et de l’engrais à crédit. Payables après récoltes. »

A l’en croire, c’est par le biais de ce dernier que « nous produisons de la pomme de terre. Il nous donne la variété El Beida que nous apprécions. » Tout comme Hamadé, les autres aussi parlent des difficultés.

De son côté, Tidiane Ouédraogo, qui est aussi dans la culture de la pomme de terre à Tougzagué, village non loin de la capitale régionale Ouahigouya témoigne ceci : « Nous éprouvons d’énormes difficultés. » dit-il.

La cause en est que le démarrage de l’activité à proprement dite relève de la croix et la bannière.

« L’obtention de la semence n’est pas aisée ; et même si vous obtenez la semence, souvent ce n’est pas de la bonne qualité. Dans ce cas de figure, la semence n’est pas remboursable. Il vous faudra encore acheter d’autres semences», se désole-t-il.

De plus, « après production, il y a des difficultés d’écoulement de la pomme de terre. Nous sommes laissés à nous-mêmes. Aucun producteur ne fixe le prix de ses produits. C’est l’acheteur qui impose son prix et la plupart des acheteurs viennent de la capitale, Ouagadougou » explique Tidiane Ouédraogo.

Quant à Issa Ouédraogo, un autre producteur de la pomme de terre, il met l’accent sur les difficultés qu’il rencontre : « Comme dans toute activité, il y a bien évidemment des difficultés mais je pense que l’Etat doit encore faire plus d’efforts pour soutenir les maraîchers ; le soutien dont on parle, c’est encore ceux qui sont nantis qui en bénéficient au détriment des vrais et pauvres producteurs. Le travail de la pomme de terre est pénible, il faut de 70 à 90 jours de dur labeur pour récolter ce tubercule comestible.»

A ces difficultés, il en ajoute d’autres : «  le faible accès à l’eau, la rareté des semences de qualité et la faible disponibilité de l’engrais sont les difficultés inhérentes à cette filière. Comme les semences proviennent de l’extérieur du pays, le long trajet fait que souvent les semences-là pourrissent avant d’arriver à destination. »

www.libreinfo.net

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