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Depuis 1937, Dissihn (Ioba)est de plus en plus le sanctuaire de l’Assomption au Burkina

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Le 15 août de chaque année peut paraître banal pour nombreux citoyens du monde, mais très significatif pour l’Eglise catholique. Car, cette date correspond à la fête de l’assomption de Marie. Au Burkina Faso, l’église Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus dans la commune de Dissihn (Ioba), dans la région du Sud-Ouest, est réputée pour la célébration de l’assomption, en raison des fidèles chrétiens du Burkina et d’ailleurs qui fusent vers la zone. Quels sont les principaux éléments qui attirent le monde à Dissihn pendant la fête de l’assomption ? www.libreinfo.net y a consacré ce numéro.

A une semaine de la fête de l’assomption à Dissihn, les préparatifs vont bon train. De la préparation spirituelle en passant par celle matérielle, les fidèles chrétiens de cette localité du Burkina s’activent pour être au rendez-vous comme tous les ans, de cette fête dite « de la montée de la vierge Marie au ciel ». L’Assomption, de l’avis de l’abbé Rufin Somé, curé de la paroisse Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Dissihn, est la montée de la vierge Marie au ciel. Dieu l’a choisie comme mère de son fils et à la fin de sa vie, elle a montré qu’elle est une femme qui a la foi, obéissante et Jésus l’a emmené auprès de lui au ciel.

Pour réussir cette célébration, le curé de la paroisse dit mettre tout son dévolu sur la préparation spirituelle : « Nous avons déjà commencé une neuvaine de prière le 6 août, et ça prendra fin le 14 août. Nous aurons aussi un entretien spirituel à la tombe du premier chrétien du village de la paroisse, qui s’appelle Pierre Kula. Et le lendemain 15, ce sera la messe solennelle à 7 heures et une autre bien animée à 9h 30. », nous a précisé l’abbé Rufin Somé, curé de la paroisse de Dissihn, joint au téléphone.

Des rumeurs mal nourries pour décourager les fidèles

La célébration de la fête de l’assomption draine du monde et des rumeurs courent déjà sur une probable insécurité sur le lieu de prière, en référence aux actes de vandalisme, de profanation perpétrés dans la nuit du 15 au 16 septembre 2018 par des individus non identifiés sur les statues de la vierge Marie et d’autres saints dans la paroisse de Dissihn.

Pour le curé, ce sont des rumeurs et cela ne doit pas décourager les fidèles : « J’invite tous les paroissiens à venir nombreux à la prière. N’ayez pas peur parce que le bruit court que les actes de vandalisme qui vont venir, ne viseront plus les statues ni les bâtiments, mais des personnes. Tous ces messages sont distillés pour décourager les gens qui ont l’habitude de venir à la fête. Il ne faut pas qu’ils se découragent, qu’ils viennent on pourra célébrer comme d’habitude », a rassuré l’abbé Rufin Somé.

Compte tenu de la situation sécuritaire du pays, le curé est convaincu que la vierge Marie à la demande des fidèles chrétiens,va intercéder pour la paix et la sécurité dans le pays : « Vu le contexte dans lequel le pays vit, on ne peut que demander à la vierge Marie de nous aider à obtenir cette paix et cette cohésion sociale. Qu’elle contribue à la sécurité dans notre pays et nous aide à vivre une bonne cohésion entre communauté sociale au Burkina ».

Les origines de la célébration de l’assomption à Dissihn

Les femmes du mouvement d’action catholique de Dissihn appelé ‘’Légion de Marie ‘’ (en dagara Mariya Danu Powbè),ph SCI

Ils sont nombreux, les Burkinabè qui se déplacent tous les ans à Dissihn pour la célébration de la fête de l’assomption de la vierge Marie, sans comprendre les éléments d’attrait des fidèles vers cette paroisse. L’abbé Ferdinand Hien, connu sous le nom d’artiste « l’abbé Ferdi Hien », prêtre de ladite paroisse, répondant aux questions de www.libreinfo.net, depuis la Côte d’Ivoire, précise sur la base des témoignages croisés des Abbés Jean Marie Dabiré et Joseph Moukassa Somé, sur l’historique de la célébration de la fête de l’assomption à Dissihn ; que les origines de ‘’la 15 août’’ remontent aux premières heures de l’évangélisation à Dissihn en 1937.

Les témoignages de ces deux prêtres affectés à Dissihn respectivement en 1974 et en 1979, s’accordent à dire que les chrétiens de Dissihn accordaient déjà bien avant eux et plus qu’aux autres fêtes chrétiennes, une importance particulière à la fête de l’Assomption.

En arrivant à Dissihn, ce que ces deux prêtres ont trouvé d’original, de spécial dans la célébration de cette fête, c’est qu’à la fin de la messe-après la communion et avant la bénédiction finale, les femmes s’adonnaient à un rituel qu’on ne trouvait nulle part ailleurs dans le diocèse de Diébougou : une majestueuse procession accompagnée de chants, de cris d’ovations et de danses avec la statue de la vierge Marie portée sur la tête.

La procession commençait à l’église et se terminait à la grotte. Cette manifestation suscitait l’admiration et la curiosité de tous ceux qui avaient accouru pour la fête.

Une célébration qui s’améliore d’année en année

Fidèles chrétiens de Dissihn en pleine célébration de la fête de l’Assomption le 15 août 2016, ph.SCI

À partir de 1977, la procession prend plus d’éclat avec l’implication des femmes qui commencent à s’organiser autour d’un embryon de mouvement d’action catholique appelé ‘’Légion de Marie ‘’ (en dagara Mariya Danu Powbè).

Parmi les gens qui venaient de partout à Dissihn pour voir cette « fameuse » manifestation autour de la vierge Marie, il y avait des étudiants et étudiantes qui étaient à l’université de Ouagadougou d’une part, et de l’autre, les séminaristes et les aspirantes qui rentraient pour les vacances.

Ces deux groupes, bien structurés à cette époque, ont eu l’idée d’organiser des activités de vacances (manifestations socioculturelles et sportives) et de les faire coïncider avec la fête de la ‘’15 août‘’ pour se donner des chances d’avoir un grand nombre de participants.

La chorale de Dissihn, sous la direction artistique et respective des abbés Jean Marie et Joseph Moukassa, et à la grande fascination de l’assemblée, exécutait à la messe de 15 août, de très beaux chants inculturés dont la plupart étaient composés par eux-mêmes et par les femmes. Les gens aimaient entendre ces beaux chants liturgiques que certains s’empressaient d’enregistrer.

La célébration s’internationalise

En 1979, l’abbé Joseph Moukassa, poursuit l’abbé Ferdinand Hien, adressa une correspondance spéciale à la diaspora dans laquelle il l’invitait expressément à venir prendre part à la célébration de la messe de l’Assomption et pouvoir ainsi contempler cette splendide procession à la Vierge Marie dont la paroisse de Dissihn détenait le secret.

Au fil des ans, la procession à la Vierge Marie a été amplifiée, solennisée, et embellie avec la touche particulière des curés qui se sont succédé à la tête de la paroisse.

En somme, une liturgie bien préparée et bien célébrée avec l’extraordinaire et impressionnante procession autour de la vierge Marie, une après-messe agrémentée par de nombreuses manifestations socioculturelles. Ce sont là, les deux principaux éléments qui ont attiré le monde à Dissihn et contribué à donner à la fête de la « 15 août » sa notoriété.
Ces informations selon notre interlocuteur, proviennent des interviews réalisées auprès des abbés Jean Marie Kusielé Dabiré et Joseph Moukassa Somé.

Siébou Kansié
www.libreinfo.net

Encadré

Avis de l’abbé Rufin Somé, curé de la paroisse de Dissihn par rapport à la profanation des statues de la vierges Marie l’année dernière.

Les statues de la vierge Marie et d’autres Saints de la paroisse de Dissihn profanées dans la nuit du 15 au 16 septembre 2018

La paroisse de Dissihn dans la province du Ioba, dans le diocèse de Diébougou,dans le sud-ouest du Burkina Faso a été profanée par des individus dans la nuit du 15 au 16 septembre 2018. « Nous avons tous regretté ce qui était arrivé, et nous étions tous dans la consternation parce qu’on ne savait pas, c’est la première fois que ça arrive une telle envergure de profanation. Dans le passé, il y en avait eu mais moindre par rapport à l’an passé, où ils s’en ont pris à toutes les statues et dans l’église et la statue qui était à la grotte.

Le message de ces gens, c’est de ne pas adorer Marie. Mais nous catholiques, nous savons que nous n’adorons pas Marie, nous la vénérons comme notre mère, la mère de Jésus. Nous avons du respect pour elle. Nous avons été très consternés, découragés par ce qui s’est passé. Mais nous avons compris que si c’est arrivé, la faute nous revient, parce que nous n’avons pas mis la sécurité totale pour protéger et l’église et la grotte où était la statue de la vierge Marie.

Depuis lors, nous avons pris des mesures nécessaires pour sécuriser les portes de l’église et aussi nous sommes en train de reconstruire une nouvelle grotte qui n’aura plus le même aspect que la première. Donc, nous sommes en train de nous activer là-dessus. »,l’abbé Rufin Somé, curé de la praroisse de Dissihn.

Siébou Kansié
www.libreinfo.net

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