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Djibo : de leur propre initiative, des déplacés internes retournent dans leur village

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Djibo, chef-lieu de la province du Soum, abrite plusieurs milliers de personnes déplacées internes (PDI) ayant fui leur commune ou village pour se mettre à l’abri d’attaques meurtrières de la part de groupes terroristes qui sont très actifs dans la province depuis 2016. Mais depuis quelques jours, le constat se fait de plus en plus que certaines de ces PDI partent de Djibo pour les localités qu’ils avaient fuies du fait de l’insécurité. Ceux qui y retournent ont-elles prévenu les autorités ? La sécurité est-elle vraiment revenue dans ces localités ? Libreinfo.net a cherché à comprendre les contours de ces retours. Reportage…

 Par TAM’S, Correspondant/ Soum

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) du Système des Nations-Unies, la ville de Djibo comptait 140 000 PDI en mars 2020. Mais depuis le début de mai dernier, le constat est que certaines de ces PDI retournent d’où elles sont venues. Font parties de ces PDI en mouvement retour, A.K. et O.S.

A.K., 38 ans, est en partance avec sa famille de 14 personnes pour la Commune de Pobé-Mengao où se trouve son village situé à 25km de Djibo. Un village où cette famille a dû tout abandonner au cours du dernier trimestre de 2019 pour sauver sa vie. Selon A.K., depuis quelques jours, de Djibo, des gens ont regagné ce village et ils « assurent que la situation est calme ». D’où sa décision d’y aller aussi, non sans crainte.  En effet, précise-t-il, « de nos jours, mieux vaut prendre le risque ; nous avons tant souffert qu’on se remet pour tout à Dieu ».

Dans cette dynamique de retour, A.K. dit avoir « juste informé » les élus locaux de sa Commune. Ces derniers lui auraient demandé « de patienter un peu ». Mais, révèle-t-il « la situation est intenable en ville (Djibo, Ndlr). Il faut acheter tout : l’eau, le bois, les vivres. Et nous sommes coincés dans une maisonnette [située en périphérie de Djibo]  sans clôture où je suis obligé de dormir dehors malgré le couvre-feu et l’insécurité ». Or, dit-il, « Nous avons laissé nos greniers pleins et heureusement  qui sont restés intactes ; donc là-bas au moins, nous mangerons à notre faim ».

Aux autorités nationales, A.K. demande « de travailler davantage pour sécuriser les villages pour que nous puissions entamer la saison [pluvieuse] en toute sérénité ».

O.S., lui, a décidé de faire retourner sa famille (femme et enfants) d’abord, car le « risque porte beaucoup plus sur les hommes ». Destination de cette famille, le village déserté il y a deux ans. Un village que deux de ses cousins ont déjà regagné et qui est situé à une trentaine de kilomètres de Djibo.

Selon O.S., les nouvelles de la situation sécuritaire dans cette localité « sont de mieux en mieux bonnes, même si la peur est toujours là ». Du reste, relève-t-il, la « situation peut dégénérer à tout temps, car les groupes [armée] ne sont pas les mêmes ». Et d’ajouter, « Certains peuvent ne rien vous dire, par contre d’autres pensent qu’une fois sur place, vous aller signaler leurs mouvements aux FDS ».

Tout comme A.K., O.S., tient à informer les élus locaux de sa Commune du retour de sa famille au village, avec l’espoir que ces derniers en tiendront les autorités locales et nationales informées. De l’avis de O.S., il est important que depuis Djibo, les hommes de son village se concertent pour asseoir les bases de l’union et de la solidarité en faveur d’un vivre ensemble serein, car la confiance entre habitants et entre familles s’est beaucoup effritée dans ce contexte d’attaques terroristes à répétition.

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