Accueil Sport Eliminatoires CAN 2019 : Luanda, le voyage de toutes les inquiétudes

Eliminatoires CAN 2019 : Luanda, le voyage de toutes les inquiétudes

Les Etalons du Burkina Faso disputent ce dimanche 18 novembre 2018 à Luanda, leur 5è et avant-dernier match pour la qualification à la CAN 2019 au Cameroun contre les Palancas Negras. Une phase hautement décisive pour leur qualification à la prochaine CAN.

Dans le groupe I où rien est encore joué avec :
Mauritanie 9pts +1
Burkina Faso 7pts +3
Angola 6pts +1
Botswana 1pt -5
Les hommes de Paolo Duarté, seront directement qualifiés en cas de victoire. Un match nul ne sera pas catastrophique, car Charles Kaboré et ses copains auraient encore leur destin en main. Il leur suffira de gagner lors du dernier match contre les Mourabitounes de la Mauritanieà Ouagadougou.

Une défaite alors ?

Ce sera un cataclysme, et le vrai. Une défaite, et les Etalons seraient quasiment éliminés. Car il faudra dans ce cas, gagner obligatoirement à Ouagadougou contre la Mauritanie et espérer dans le même temps que le Botswana qui est déjà éliminé batte l’Angola à Francistown.
Une défaite signifierait que les médaillés de bronze de la dernière CAN sont à 95% éliminés du prochain rendez-vous après 5 participations de rang.
Que se passerait-il alors dans ce cas ?
Nul besoin d’être dans les secrets des dieux pour comprendre qu’une non qualification entraînerait d’office le départ du sélectionneur.
Mine de rien, le technicien portugais Paolo Duarté, joue sa tête à Luanda.
Mais qu’elles sont véritablement les forces et les faiblesses de l’équipe du “Sorcier Blanc” Burkinabè ?

Paolo Duarté a quatre atouts majeurs 

L’expérience de ses Cadors

Duarté peut se targuer d’être l’un des rares sélectionneurs à avoir autant de joueurs capés de plusieurs participations à la CAN. Les cadres de Duarté (Charles Kaboré, Bakary Koné, Alain Traoré, Jonathan Pitroipa, Abdoul Razack Traoré) ont participé à toutes les CAN depuis 2010. Cette solide expérience n’est pas rien lorsqu’on sait que c’est un match qui mettra de la pression aux deux formations. Et, savoir dominer cette pression sera un avantage certain. Duarté a donc les hommes qu’il faut.

Des individualités en pleine forme

Le groupe de Duarté regorge des joueurs avec des talents individuels qui peuvent faire la différence à tout moment d’un match.
Charles Kabore, le capitaine respire la forme. Il a d’ailleurs été l’heureux réalisateur d’un but splendide avec son club, le samedi dernier.
Jonathan Pitroipa, a retrouvé ses jambes de feu avec son nouveau club Paris FC.
Traore, l’un des meilleurs joueurs africains actuel est à son poste.
Blati Touré, maillon essentiel dans la récupération, il sera sans doute présent au départ du match.
Yacouba Coulibaly, l’infranchissable défenseur, donnera du fil à retordre, aux attaquants angolais.
Zakaria Sanogo : intrépide attaquant. Pas sûr qu’il entame le match, mais un pion clé.
Certes, les angolais disposent aussi de très bons talents individuels, mais les hommes de Duarte sont un cran au- dessus.

Un adversaire déjà piégé

Le Burkina hérite d’un adversaire qui aura la double mission de chercher à inscrire des buts tout en essayant de ne pas en encaisser.
Cette situation est un véritable casse-tête pour le sélectionneur des Palancas Negras comme il l’a lui-même, reconnu dans une interview accordée à la presse angolaise.
Duarté peut alors se réjouir d’avoir à jouer contre un adversaire qui ne sait pas trop sur quel pied danser.

Le 12è Homme Burkinabé

A Luanda, les étalons seront tout, sauf orphelin. En plus des supporters qui feront le déplacement, le commando de Duarte pourra compter sur une forte colonie burkinabè dans ce pays. Luanda compterait quelques 5000 burkinabè. Même si le rôle des supporters est secondaire, ce petit public pourrait faire ce travail psychologique.
En plus de ses quatre atouts majeurs, on pourrait ajouter la proximité linguistique du coach des Burkinabè avec ce pays. L’Angola étant un adversaire assez connu maintenant pour l’avoir joué plusieurs fois.
Mais Duarté n’a pas que des atouts. Son équipe a aussi des faiblesses et non des moindres.
Si Duarte a mal dans un compartiment de son équipe, c’est bien plus en défense qu’en attaque.
Si l’on peut se satisfaire des prestations de Coulibaly, Dayo, Malo, ce n’est pas forcément le cas pour Kone, Yago et encore moins pour Hervé Koffi.
Pire, le banc de touche ne rassure pas.
Les Etalons n’ont encaissé que 3 buts en 4 matches. Mais c’est surtout le niveau que cette défense était habituée à montrer qui l’incrimine aujourd’hui.

Le syndrome de l’attaque burkinabè

6 buts en 4 matches, ce qui est un bon ratio pour une équipe normale. Mais aussi étonnant que cela paraisse, l’attaque burkinabè n’a marqué aucun but à l’extérieur depuis le début de ces éliminatoires. En général, elle joue moins bien. Duarte va-t-il vaincre le signe indien à Luanda ? Il le faut.

L’Obligation d’aligner un novice

On le sait, l’équipe de Duarte est frappée par une vague de blessures : Bancé, Bandé, Diawara, et même Guira qui vient d’être convoqué traîne un pépin.
Paolo doit impérativement aligner en attaque, un joueur qui livrera sa première rencontre avec les Etalons (ce qui n’est pas forcément un scénario idéal pour un match aussi décisif) ou alors aligner Préjuce Nakoulma qui n’a plus joué de match officiel depuis 8 mois.
Mais situation oblige Duarté devra prendre un risque et le bon.

Les angolais sont à la maison

Le fait pour les Palancas Negras de jouer à domicile, peut quelque peu inquiéter Duarte. La faveur du public et peut-être aussi de l’arbitrage comme cela arrive quelques fois dans les matches décisifs sur les pelouses africaines.
Des forces et des faiblesses, une équipe en a toujours. C’est la force mentale et peut-être aussi l’intelligence tactique qui feront sans doute la différence ce dimanche 18 novembre 2018

Marcel YE                                                                                                                                          Libreinfo.net