Accueil Société Le Colonel-major Issiaka Ouattara Alias Wattao:un militaire singulier qui s’est éteint

Le Colonel-major Issiaka Ouattara Alias Wattao:un militaire singulier qui s’est éteint

Le Colonel-major Issiaka Ouattara Alias Wattao, ex-bras droit de Guillaume Soro, fait partie des ex-chefs rebelles de la crise ivoirienne de 2002 et l’ancien commandant de la Garde républicaine. Il souffrait du diabète avancé tardivement découvert et évacué aux États-Unis le 13 décembre 2019. Il était admis en soins dans un hôpital spécialisé de New York. De là, qu’il est décédé ce dimanche 5 janvier 2019 à l’âge de 53 ans. 

Issiaka Ouattara à l’état civil, est connu sous le nom du commandant Wattao. Il est né en 1967 à Bouna, en Côte d’Ivoire. A 13 ans, il se fait enrôlé dans l’armée ivoirienne en 1980. A 21 ans, c’est-à-dire en 1988, il devient soldat de 2e classe sous la présidence de Félix Houphouët-Boigny. Son amour pour le sport l’amène à intégrer la société Omnisports de l’armée comme Judoka. Grand de taille (1,90 m) avec des « dents du bonheur », il a remporté en 1992 le titre de vice-champion d’Afrique de Judo à harare, et a participé également aux jeux de la francophonie. Son surnom, “Wattao” lui a d’ailleurs été donné par son ancien professeur de judo. En plus du célèbre surnom, Issiaka Ouattara s’était vu attribuer d’autres surnoms : « bling-bling »,« whisky », « Saha Bélé-Bélé », (« gros serpent », en malinké).

Tés controversé, le commandant Wattao a demeuré le maillon central du dispositif militaire de la côte d’Ivoire de 2011 à 2014. C’est à lui que la charge de la garde républicaine à l’arrivée au pouvoir du président Ouattara a été confiée.

Le natif de Bouna s’est illustré en participant à une mutinerie de soldats en 1990. En 1999, avec Ibrahim Coulibaly (IB), il soutient la prise de pouvoir du général Robert Guéï. Après, il a intègré alors la garde rapprochée du général Guéï.

Accusé de vouloir fomenter un coup d’état contre Guéï au profit d’Alassane Ouattatra, il sera arrêté le 1er septembre 2000 et torturé. Libéré un mois après, c’est-à-dire le 25 octobre 2000, wattao s’exile au Burkina Faso. Il avait rallié Ibrahim Coulibaly et Guillaume Soro et avait participé au coup d’Etat du 19 septembre 2002 contre le président Laurent Gbagbo.

Se heurtant à l’armée loyaliste au président Gbagbo, il se deplace avec sa troupe dans le Nord du pays et s’érige en seigneur de guerre. Il contrôlera l’économie de cette partie du pays. En 2008, il remplace Zacharia Koné en tant que comzone du Centre-Ouest. Et en 2011, lui et le commandant Hervé Pélikan Touré alias « Vetchio ont dirigé la bataille d’Abidjan pour l’assaut final sur la résidence de Laurent Gbagbo.  Quand l’ex-président Laurent Gbagbo a été capturé et amené à l’hôtel du Golf, on le voyait dans une vidéo qui aidait le président déchu à mettre sa chemise.

Tout comme les autres chefs rebelles, il avait été nommé au sein de l’armée régulière. Il fut d’abord commandant en second de la Garde républicaine en 2011. En 2013, il devient commandant adjoint du Centre de coordination des opérations décisionnelles, une force mixte de près de 800 hommes chargée de sécuriser Abidjan. Il sera plus tard envoyé au Maroc à l’Academy royal militaire de Meknès pour une formation.

En mars 2019, Wattao a quitté son poste à la garde républicaine pour le commandement des unités rattachées à l’état-major général des armées, où il avait été coupé des troupes. Le 18 décembre, il a été promu colonel-major.

Souffrant du diabète avancé détecté en retard, le colonel-major Issiaka Ouattara, avait été évacué aux États-Unis le 13 décembre 2019. Il était reçu en soins dans un hôpital spécialisé de New York, où il meurt ce dimanche 5 décembre 2019.

Siébou Kansié

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