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Ouagadougou: l’hygiène en milieu scolaire, un casse-tête pour directeurs et élèves

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Dans les écoles et lycées de Ouagadougou, l’hygiène reste préoccupante. Un tour fait dans certains établissements scolaires de la capitale burkinabè, le mardi 19 mars 2024, permet de s’en convaincre. Constat.

Par Issoufou Ouédraogo

La situation varie d’une école à une autre. Des déchets plastiques par ici, des toilettes aux odeurs difficiles à supporter par là. Ailleurs dans une autre école la propreté est relative et donne à observer que des efforts sont faits.

Des ordures à l'entrée des toilettes d'une école
Des ordures à l’entrée des toilettes d’une école

En un mot, c’est le constat fait dans certains établissements scolaires notamment de la Zaca, au centre-ville, à la Trame d’accueil, en passant par le Lycée Wend Manedga et le complexe scolaire Aurore de la Patte d’Oie.

A l’école de la Zaca à la trame d’accueil, c’est un établissement public composé de deux grands bâtiments et d’un bureau du directeur.

Cet établissement est bâti sur une grande superficie avec un terrain de sport qui sépare les deux grands blocs de bâtiments.

A quelques mètres des salles de classes et non loin des blocs de latrines à sept portes, se trouve une poubelle à ciel ouvert.

Le directeur de l’école, Nouf Ganou, assure tenter de faire régner la propreté. «Mais, pour faire changer les habitudes, des efforts restent visiblement à faire» nous a-t-il dit.

Le directeur de l’école, Nouf Ganou
Le directeur de l’école, Nouf Ganou

Le constat chez les plus jeunes…

Pour mieux comprendre le problème de la propreté et de l’hygiène en ce lieu, nous avons décidé de faire un tour dans les toilettes.

Ainsi, accompagné du président du « Club Wash » de l’école, Yanich Yanogo, qui nous a servi de guide pour la visite, nous avons surpris un écolier en train d’uriner contre un mur, hors des toilettes.

Contre un mur? Ce comportement en dit long sur les difficultés pour convaincre les écoliers de respecter un minimum d’hygiène.

Cette scène n’a visiblement pas plu au président Yanogo du « Club Wash. » Le « Club Wash » est composé de 5 élèves et a la mission de veiller à la propreté de la cour de l’école, des toilettes, du point du forage et surtout des salles de classe.

L’adjointe du président Yanogo, Dina Marièma Compaoré qui nous a aussi accompagnés, a dit : « Nous sensibilisons les autres élèves sur l’utilité de la propreté de l’école, de l’entretien de la pompe et du lavage des latrines.»

Quant au directeur de l’école de la ZACA, Nouf Ganou, la propreté concerne le nettoyage des classes. cela se fait tous les jours, notamment chaque matin et deux fois dans le mois pour ce qui concerne la Cour.

«C’est ce que nous appelons la journée de salubrité. Nous avons de nombreuses poubelles mais notre principal souci, actuellement, c’est d’avoir un bac à ordures», a-t-il dit.

Cas des élèves en menstrues…

L’autre difficulté exprimée par le directeur de l’école de la Zaca A concerne les filles qui sont en âge de puberté.

Il explique qu’elles utilisent les mêmes latrines que les autres alors que leurs statuts recommandent qu’elles aient des latrines propres à elles afin qu’elles puissent gérer leurs menstrues.

Toilettes des filles
Toilettes des filles

Dans cet établissement primaire, les toilettes des plus petits, c’est-à-dire des élèves de CE1 jusqu’au CEP1 sont quasi-impraticables.

Elles sont tristement célèbres du fait de leurs odeurs nauséabondes. Les excréments et l’urine sautent aux yeux dès l’ouverture des portes de ces latrines.
Conséquence, certains élèves préfèrent se soulager, hors des latrines ou en dehors de la cour.

Un comportement similaire….

Au Lycée privé Wend Manedga de Ouaga 2000, à vue d’œil, l’établissement est propre et des poubelles sont disposées presque partout.

Certains élèves de l’établissement pensent néanmoins qu’un travail de sensibilisation reste à faire car d’autres semblent continuer d’ignorer l’importance de l’hygiène au niveau des toilettes.

Pour l’élève Salif Sawadaogo, il faut que tout le monde s’y mette pour stimuler l’engagement écolo chez tous les élèves.

Et pour l’élève Aïda Conombo, chaque classe a la charge du nettoyage de sa salle de cours. Elle poursuit en précisant que « des mesures dissuasives sont prévues contre les potentiels contrevenants.»

Au complexe scolaire, L’Aurore de la Patte d’Oie, la question de la propreté est prise à bras le corps par l’administration.

A l’intérieur de cet établissement, le visiteur est accueilli dans un espace propre disposant de poubelles dans la cour. Des petites poubelles sont également visibles dans toutes les salles de classe.

Une équipe composée d’une dizaine d’élèves est chargée de la propreté des toilettes. L’établissement a deux blocs de latrines, l’un pour les filles et l’autre pour les garçons.

Dans le bloc des filles, la propreté est prise très au sérieux car la plupart d’entre elles entrent avec une bouilloire en main.

Et pendant que nous y sommes, nous avons croisé deux filles qui viennent des latrines. Il s’agit de Nouriatou Konada, et Delphine Lompo. Elles sont de la même classe de terminale A4.

Nouriatou, elle, trouve les latrines « très propres car les femmes viennent chaque matin pour les laver. » « Et nous qui les utilisons, nous en prenons soin aussi en utilisant des bouilloires pour nos besoins » ajoute-t-elle.

« Avoir des toilettes propres permet d’éviter des maladies surtout chez nous les filles ; mais ce qui est difficile à comprendre ici est que malgré les poubelles, il y a des élèves qui continuent de jeter les sachets et des papiers à terre » explique-t-elle encore.

Quant à Delphine, elle estime qu’ « on doit continuer la sensibilisation jusqu’à ce que tous les élèves soient au même niveau de compréhension de l’importance de la propreté autour de soi ».

Il faut encore de la rigueur…

Dans le bloc des latrines des garçons, c’est une odeur nauséabonde qui accueille en raison de la fréquence élevée d’utilisation. Mais aussi du fait que les usagers n’en prennent pas soin.

Pour le directeur d’études du complexe scolaire L’Aurore, Salam Dermé: « au regard de l’importance accordée à la question d’hygiène, nous avons recruté des femmes qui viennent nettoyer les toilettes.»

Le directeur d’études du complexe scolaire L’Aurore, Salam Dermé
Le directeur d’études du complexe scolaire L’Aurore, Salam Dermé

Il ajoute: «Avec les élèves, nous n’étions pas satisfaits. Sauf pour les punitions pendant laquelle l’élève donne un coup de main pour le nettoyage des toilettes. »

En ce qui concerne les poubelles, le directeur estime qu’il en dispose mais que les élèves font ce qu’ils veulent et jettent par exprès les sachets à terre.

« Certes, on fait le travail mais les élèves sont très difficiles à cerner. Mais ce n’est pas pour cela que nous allons baisser les bras. » conclut-il.

www.libreinfo.net

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