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Que faire en cas d’attaque terroriste ? voici les consignes du Colonel Gilles Bationo, chef d’état-major de l’armée de terre

Photo du Colonel Gilles Bationo,chef d'etat major de l'armée de terre
Photo du Colonel Gilles Bationo,chef d'etat major de l'armée de terre

L’organisation de la société civile burkinabè, ‘’Le Citoyen du Renouveau’’, a organisé une conférence publique le lundi 16 décembre 2019 sous le thème : « Burkina Faso : un pays en guerre ?  Que faire ? » Les conférenciers taillés au spectre de la thématique sont au nombre de quatre. Il s’agit du colonel Gilles Bationo, chef d’état-major de l’armée de terre ; du Pr Serge Théophile Balima, enseignant à la retraite en sciences de l’information et de la communication ; du Dr Abdoul Karim Saïdou, enseignant en droit politique à l’université Ouaga II et de Mélégué Traoré, ex-président de l’Assemblée nationale et expert en relations internationales, avec comme modérateur, le président de la CENI, Newton Hamed Barry.

Le Burkina Faso est-il en guerre ? Que Faire ? Une interrogation simple et peut-être évidente, à laquelle tout le monde semble avoir la réponse. Mais pas aussi évident ! Si pour le Colonel Gilles Bationo le Burkina Faso est en guerre, sa réponse n’est pas partagée par les autres panelistes.  Le Dr Karim Saïdou soutient par exemple que le Burkina Faso du point de vue constitutionnel, n’est pas en guerre. Car selon la législation burkinabè, c’est l’Assemblée nationale qui déclare la guerre. Mais comment peut-elle déclarer le pays en guerre si l’ennemi n’est pas connu ? La déclaration de guerre sera contre qui, si l’on a une mosaïque d’acteurs ? se demandait l’homme de droit.

Que le pays soit en guerre ou pas, le colonel Gilles Bationo dans sa communication a développé des conseils essentiels pratiques pour se mettre à l’abri en cas d’attaque terroriste. Il les a nommés « Méthode S.E.A », c’est-à-dire, « Sol-Environnement-Abri).

Pour le Chef d’état-major de l’armée de terre, en cas d’attaque terroriste, le premier des comportements, de reflexe, c’est de se mettre au sol, « se plaquer au sol », dit-il. Quand on est au sol, on est caché et moins exposé aux balles. Une fois au sol, il faut présenter moins le corps (se cacher) et chercher à s’éloigner des ouvertures. Et ne pas braver l’ennemi.

Au sol, il faut faire selon le colonel Bationo, un tour d’horizon pour jeter un regard dans son environnement, dans le but de savoir ce qui se passe. Et par la suite, il faut chercher à savoir la provenance du danger pour pouvoir mieux se sauver. Il est donc nécessaire de se poser les questions suivantes : « D’où vient le danger ? ; où aller ? ; par où aller ? ; quand aller ? et comment aller ?

Après les réponses à ces questions, il faut chercher à se mettre à l’abri. On peut le faire dans n’importe quel lieu : « cave, chambre, derrière un mur, quelque chose de solide, etc. ». Ceci étant, il faut couper la sonnerie et le vibreur du téléphone en le mettant sous mode silencieux. Dans la poche, l’écran du téléphone doit être coller au corps. L’importance de maintenir allumer son téléphone, c’est de pouvoir communiquer quand on a la possibilité, pour rassurer les proches et donner des informations aux forces de défense et de sécurité pour mieux intervenir.

Si l’endroit où l’on se trouve est éclairé, il faut « éteindre les lumières et s’éloigner dans la direction opposée au danger, en obéissant aux forces de l’ordre. Dans ce cas de figure, qu’on soit « docteur, professeur, peu importe le statut social, il faut obéir aux ordres du simple soldat qui n’est pas aller à l’école », a insisté le colonel.

Le patron de l’armée de terre burkinabè prévient : « Ne courez pas vers les FDS,gardez les mains levées et visibles. » « Si vous courez vers moi et je panique, je tire sur vous », s’est-il voulu clair. Prenant l’exemple du Mali où les terroristes équipés de ceintures explosives se mêlent dans la foule et avancent avec elle les mains au dos, qui tiennent la corde qui détonne la ceinture explosive. C’est pourquoi, les mains doivent être complètement ouvertes et visiblement levées. Autrement dit sans la position des mains levées visibles, les FDS peuvent tirez sur vous. C’est dans un silence radio et une attention remarquée, que l’assistance a suivi avec intérêt ces consignes.

Siébou Kansié

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