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Réconciliation nationale : le président Kaboré commence par la réinsertion sociale des soldats et policiers radiés

L’annonce de la réinsertion sociale des militaires et policiers radiés suite à la mutinerie de 2011 a été un grand soulagement pour les intéressés. Il n’y a pas que les intéressés, beaucoup de burkinabè ont salué la décision du conseil des ministres, pour ne pas dire que c’est l’une des rares décisions du conseil des ministres que les burkinabè ont vite applaudit à l’annonce.

Certes, certains restent sur leur soif, car ils ont besoin de mieux comprendre la réinsertion sociale et les avantages y afférents. Les bénéficiaires de la mesure reviennent de loin, de très loin même. En effet, dans le feu de l’action en 2011, où le pouvoir de l’ancien président Compaoré a sérieusement vacillé et au regard des dégâts causés par certains mutins notamment : des pillages, des viols et des agressions physiques etc. personnes, au lendemain de la décision de radiation ne plaidait pour la cause de ces militaires et policiers. Mais en des situations pareilles, il y a toujours des victimes collatérales, certains avaient été maintenus dans leur fonction et ceux-ci ont été radiés. Ils ont clamé leur innocence sur tous les toits sans succès. De la médiation aux menaces, ils voient aujourd’hui le bout du tunnel.

Le premier pas de la réconciliation ?

 Le président Kaboré a choisi d’entamer la réconciliation nationale par la réinsertion sociale des militaires et policiers radiés. Il a réussi le coup, car la mesure n’a pas été contestée. Au lendemain de la décision du conseil des ministres, le président du Faso écrivait ceci : « Dès mon accession à la magistrature suprême de notre pays, j’ai mis la réconciliation nationale au centre de mes actions. Il est primordial de réparer les torts, de calmer les douleurs et de résoudre les incompréhensions pour qu’ensemble, les Burkinabè se pardonnent et se donnent la main pour construire une Nation forte ».

C’est dans ce sens que le Conseil des ministres du 3 juillet 2019, a décidé de mettre en œuvre les recommandations formulées par le Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité nationale, pour permettre la réinsertion sociale des militaires radiés et des fonctionnaires de police révoqués en 2011. Ce sont au total 633 militaires et 136 fonctionnaires de police qui seront concernés. Ensemble, travaillons à faire des Burkinabè un peuple uni, partageant les valeurs de démocratie, de justice, de pardon, de tolérance et d’intégrité.

En conclusion, le président du Faso vient de donner le signal de la réconciliation. On a hâte de voir la prochaine étape. La réconciliation va continuer à se faire à travers des décisions au cours des conseils des ministres ou ira-t-elle vers les victimes et les coupables ? Le procès du putsch tire à sa fin mais celui de l’insurrection populaire a du mal à démarrer. La Haute cour de justice certainement va prendre son envol après le verdict du procès du coup d’état mais quand est ce qu’il finira, nul ne sait. Donc, beaucoup restent à faire. Et pourtant, les populations ou du moins les électeurs devraient être à mesure de juger le président Kaboré au soir de son premier mandat sur cette fameuse question de la réconciliation nationale. C’est l’un de ses engagements majeurs comme il a si bien dit haut. Malheureusement, la situation ne fait que s’enliser avec le terrorisme qui engendre parfois des conflits communautaires. Monsieur le Président, vous avez donné le signal de l’espoir, travaillez à garder cette flamme aussi longtemps, pour que chaque burkinabè puisse en bénéficier !

La Rédaction

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