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Sénégal : quatre morts et plusieurs dégâts matériels dans des manifestations contre l’arrestation d’Ousmane Sonko

manifestations à Dakar

Le Sénégal a vécu des jours de manifestations à Dakar et dans plusieurs villes du pays, faisant quatre morts, selon un communiqué du gouvernement. Ces troubles font suite à l’arrestation de l’opposant politique Ousmane Sonko pour trouble à l’ordre public et participation à une manifestation non autorisée. Il est aussi accusé de viol et de menaces de mort. L’opposant a dénoncé un complot visant à l’écarter du jeu politique. Pourtant, le ministre de l’intérieur Antoine Félix Diome dont le domicile a été saccagé par des manifestants, a déclaré le 5 mars, qu’il s’agissait d’un contentieux judiciaire qui implique deux citoyens sénégalais. Le calme est revenu dans la plupart des quartiers de Dakar ce samedi. Mais l’avocat de la jeune femme qui accuse Ousmane Sonko de viol, a assuré que sa maison a été incendiée dans la nuit.

Par Rama Diallo, stagiaire

L’arrestation de l’opposant Ousmane Sonko, l’un des principaux candidats à l’élection présidentielle de 2024, a provoqué des heurts à travers le pays. Quatre personnes ont été tuées lors des manifestations.

L’opposant Sonko bénéficie d’un fort soutien de la jeunesse. Des groupes de jeunes et les forces de l’ordre ont échangé mercredi des jets de pierres et des tirs de gaz lacrymogènes dans la capitale. Les médias et les réseaux sociaux ont rapporté le pillage de magasins. Des dizaines d’étudiants retranchés dans le Centre des œuvres universitaires de Dakar, sur le campus de l’université Cheikh-Anta-Diop, ont à nouveau lancé ce vendredi des pierres sur des policiers déployés aux alentours du palais de la justice.

« Nous exigeons une enquête indépendante pour faire la lumière sur les circonstances du décès du jeune Cheikh Coly, 20 ans, lors d’une manifestation à Bignona. Les forces de défense et de sécurité doivent faire preuve d’un maximum de retenue face à des manifestants non armées », a indiqué sur Twitter le directeur d’Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama.

Ousmane Sonko était devant le juge le vendredi 5 mars. Il avait été transféré très tôt le matin, selon sa défense, pour être entendu par le doyen des juges d’instruction en fin de matinée. Le juge qui a repris le dossier après le désistement du juge d’instruction, a notifié les motifs d’inculpation de viol et menaces de mort. Celui-ci a quitté le palais de justice en début d’après-midi et devra faire face de nouveau, au juge lundi prochain.

L’un de ses avocats s’est offusqué de la méthode employée par les autorités judiciaires. « Aujourd’hui, à 11h, Monsieur Ousmane Sonko, sous escorte a été conduit devant le bureau du doyen des juges Samba Sall, doyen des juges d’instruction, en compagnie de ses avocats. Ousmane Sonko est entré dans le bureau, mais le malheur est qu’on a refusé l’accès au bureau à tous les avocats d’Ousmane Sonko, et pendant vingt-cinq minutes, Ousmane Sonko était seul avec le doyen des juges. »

Ousmane Sonko, 46 ans, le leader du principal parti d’opposition, Les Patriotes du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité ( Pastef-Les Patriotes), a été arrêté mercredi alors que des centaines de ses sympathisants s’opposaient à la police dans les rues de Dakar. Une employée d’un salon de beauté a accusé M. Sonko de viol le mois dernier. Il a été convoqué pour comparaître après la levée de son immunité parlementaire la semaine dernière. Lors de sa garde à vue, l’opposant a gardé le silence pour « protester contre les violations ».

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