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Audit budget de l’Armée : « Ce n’est pas parce qu’on a des fonds de souveraineté qu’on peut les utiliser comme on veut » (Dr Marius Ibriga)

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Audit budget de l'Armée
Des soldats burkinabè.

Dans une interview accordée à Libreinfo.net Luc Marius Ibriga a fait le point sur sa demande en ce qui concerne l’audit du budget de l’Armée courant 2016 à 2020. Cet audit rentre dans le cadre de « l’opération mains propres » annoncée par le chef de l’État Roch Kaboré pour lutter contre la corruption dans l’administration publique.  

Par Tatiana Kaboré

En vue de concrétiser « l’opération mains propres« , le Président du Faso a reçu Luc Marius Ibriga, le Contrôleur général d’Etat pour discuter de la question. A cet effet, plusieurs recommandations ont été faites par M. Ibriga parmi lesquelles, un audit sur le budget de l’armée allant de l’année 2016 à 2020. 

A la question de savoir si le secret défense ne va pas compromettre l’audit envisagé dans le cadre de  » l’opération mains propres « , Luc Marius Ibriga répond par la négative. Selon lui, en cherchant et en discutant avec les spécialistes de la question notamment les gens du renseignement et autres, il a été constaté qu’au Burkina Faso, il n’y a aucun texte sur le secret défense. 

Il révèle que des travaux sont en train d’être menés avec l’ONG  DCAF- Geneva Centre for Security Sector Governance, afin de permettre à l’Assemblée nationale, de légiférer sur cette question. « Cela en relation avec l’Agence nationale des renseignements (ANR), les structures militaires, la société civile, etc. Parce que, c’est vrai qu’il y a un certain nombre d’informations qui sont classées par l’ANR auxquelles tout le monde ne peut pas accéder sauf les personnes habilitées à en avoir connaissance« , a fait savoir M. Ibriga.

« Aucun centime public ne peut être utilisé et être soustrait au contrôle« 

Luc Marius Ibriga précise aussi que la notion de secret défense ne peut pas empêcher l’audit des finances, car  » le principe du contrôle des finances publiques est un principe qui est transversal. Aucun centime public ne peut être utilisé et être soustrait au contrôle. Même les fonds de souveraineté« . Pour ce faire, il dit avoir écrit au chef de l’Etat pour l’informer de la continuité du contrôle même si ce n’est pas un contrôle de l’ASCE-LC.

De son avis, le contrôle de l’ASCE-LC peut être différent, mais il faut toujours un contrôle. « Ailleurs, les fonds de souverainetés sont contrôlés par un comité de l’Assemblée nationale qui regroupe les députés de la majorité et de l’opposition qui sont chargés de veiller à l’utilisation des fonds qu’on appelle les fonds secrets« a-t-il informé.

« Parce que l’argent public ne peut pas être utilisé sans que cela serve à atteindre les objectifs pour lesquels on les a mis à disposition à savoir, l’intérêt général. Ce n’est pas parce qu’on a des fonds de souveraineté qu’on peut les utiliser comme on veut« , a ajouté le Contrôleur général d’État. 

Outre ce point, Luc Marius Ibriga a  déclaré que l’audit N-1 du ministère de la défense a toujours été fait. Toutefois, il a indiqué avoir besoin d’un inspecteur général des services des forces armées nationales (IGFAN) pour un certain nombre de contrôles. « Or le poste d’IGFAN est resté pendant plusieurs années sans titulaire. Le colonel-major Kéré n’était que l’intérimaire et à ce titre, il était fort limité », explique-t-il. 

Cependant, Dr Ibriga dit avoir  recommandé au chef de l’Etat qu’on élève l’inspecteur général des Forces armées au même grade que le chef d’état-major général des armés. Car dit-il, « dans l’Armée, la hiérarchie a des conséquences« . Et d’ajouter que « Quand vous êtes colonel et que vous devez faire des contrôles par rapport à un général, il peut avoir des conséquences par la suite par rapport à votre carrière. Cela peut conduire à l’auto-limitation« .

Ibriga fait aussi savoir que l’inspecteur général des Forces armées dispose des prérogatives équivalentes et même supérieures à celui du chef d’état-major. « Puisqu’il doit s’enquérir de la bonne utilisation des ressources mises à la disposition de l’Armée« . En plus de l’aspect institutionnel, il y a également l’aspect technique et sur ce volet, l’ASCE-LC n’est pas outillée pour s’y aventurer pour l’heure. Par exemple, l’appréciation des coûts des équipements militaires par rapport à leur qualité, l’ASCE-LC, n’en a pas encore les capacités.

En somme, le Contrôleur général d’Etat  a indiqué au chef de l’Etat Roch Kaboré, son besoin d’avoir recours aux experts militaires en vue de les aider à pouvoir effectuer le contrôle.

www.libreinfo.net

 

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