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Burkina/Terrorisme: « Il y a des accusations contre les militaires qui sont infondées» selon le directeur de la justice militaire

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Il y a des accusations contre les militaires qui sont infondées selon le directeur de la justice militaire du Burkina, le lieutenant-colonel François Yaméogo qui a expliqué, le 2 juin 2023, la démarche qui est entamée au niveau de l’armée, contre un soldat en cas d’allégation de violation des droits humains. C’était lors d’un débat café initié par  le Centre pour la Qualité du Droit et la Justice (CQDJ) sous le thème : « Allégations d’abus des FDS : impunité et/ou sentiment d’impunité ? Que faire ? ».

Par André-Martin Bado

C’est en partenariat avec la  National Endowment for Democracy (NED) que le Centre pour la Qualité du Droit et la Justice (CQDJ) a initié cette causerie dont l’objectif est d’alimenter le débat public sur la problématique de l’accès à la justice aux  personnes victimes du terrorisme et de la lutte contre l’insécurité.

Ce débat est animé par Me Ali Traoré et le directeur de la justice militaire, le lieutenant colonel François Yaméogo. 

Ce dernier prenant la parole  a  essayé d’expliquer   la démarche militaire en cas d’allégations de violation des droits humains. 

Selon lui: « À travers le parquet militaire,  il y a une enquête qui est ouverte en fonction de la zone d’allégations. Le procureur peut saisir des officiers de police judiciaire ( OPJ) qui sont sur place. Aussi pour des raisons sécuritaires dans certaines localités, les représentants de l’Etat n’y sont pas toujours, on essaie de voir les OPJ les plus proches et compétents territorialement».

« Ce sont ces OPJ qui ont à charge de mener les enquêtes et de rendre compte au procureur militaire» a-t-il ajouté.

Il a par ailleurs mentionné que lorsque le soldat mis en cause est rendu coupable des faits qui lui sont reprochés, il écope des sanctions prévues à cet effet.

Mais en amont, un travail de prévention est fait, selon le directeur du tribunal militaire, notamment lors des formations en droits humains  dans les écoles de formation et  de sensibilisation pendant les regroupements.

 «On leur parle de ce qu’il faut faire et de ce qu’il ne faut pas faire. Donc on les amène à éviter ces allégations de violations de droits humains, qui peuvent être également préjudiciables à la lutte contre le terrorisme» a-t-il précisé . 

Mais, le magistrat militaire a relevé qu’il y a certaines accusations contre les forces de défense et de sécurité qui sont infondées. « Il y a certaines allégations,  je pourrais les qualifier de fantaisie. Je donne un exemple en 2019 ,Human Rights Watch  a porté  des accusations de crimes contre nos forces combattantes . Mais après vérification, personne dans la localité ne semblait être au courant.»

Il a informé que le gouvernement a décidé de mettre en place dans les jours avenir, un groupe de travail pour le suivi des allégations de violations des droits humains.

D’après  Me Ali Traoré,  la question des  droits humains constitue  un sujet  très sensible et très délicat dont il faut parler sur mesure. «C’est une préoccupation de nos autorités. Mais tous s’accordent  y compris nos autorités militaires que les violations et les abus alimentent le terrorisme et  nourrissent l’insécurité liée au terrorisme». 

Me Ali Traoré
L’avocat Ali Traoré lors du café débat

Ainsi, selon lui,  une victime, c’est toute personne qui subit des préjudices telle que  les populations qui déguerpissent de leurs localités. 

Il va plus loin dans son interrogation en se demandant : « (…)  et  ceux qui prennent les armes contre leur pays ne sont pas aussi des victimes? Je ne veux pas susciter un débat mais la question mérite d’être posée».

Il en tire la conclusion selon laquelle:  «une vie est une vie même si quelqu’un viol la loi, il faut respecter ses droits en mettant en place les mécanismes de répression».

Selon le chef de département influence de CQDJ  ,Abdoul Wahab Semdé, la stratégie mondiale de luttes contre le terrorisme  élaborée en 2010 par les nations unies a placé  la question des droits humains au cœur des réponses en lien avec le terrorisme , l’objectif étant de respecter le droit des victimes lors des opérations.

www.libreinfo.net 

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