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Burkina Faso : La vente de sable, une alternative pour des femmes en difficulté financière

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Vente de sable
Mariam Nikiema ramassant du gravillon

Au Burkina Faso, plus précisément dans la ville de Ouagadougou, des femmes ont pour activité la vente de sable et de gravillons. Ces femmes sont généralement celles qui vivent dans les zones non loties. Pourquoi certaines femmes ont-elles opté pour la vente de sable ? Quelles sont les difficultés auxquelles elles font face ? Libreinfo est allé auprès de ces femmes  pour tenter d’avoir des réponses.

Par Rama Diallo

A Ouagadougou à partir de 2h-3h du matin sur les grandes voies, on aperçoit parfois des femmes qui balaient et qui ramassent le sable.

Menue d’un balai, d’un seau et d’une perle, Aguiratou Sankara est à la recherche de son pain quotidien. Elle habite à Bissighin, un quartier de Ouagadougou. Elle a commencé à vendre le sable il y a environ trois ans. La famille  vivait dans un quartier loti mais à cause de la cherté des loyers, elle s’est retrouvée à Bissighin.

« Si je ne me réveille pas à 2h, je ne pourrai pas avoir du sable »(Thérèse Zongo)

Madame Sankara explique les raisons qui l’ont poussé à se lancer dans ce commerce de sable. « Mon mari était un commerçant. Il est  arrivé à un moment où il ne s’en sortait plus. Nous sommes venus ici, il ne vend plus. Maintenant il lave les motos et c’est très compliqué. A peine il arrive à trouver de la nourriture pour nous. J’ai alors décidé de ramasser le sable comme les autres femmes pour le vendre. Malgré cela, nous avons qu’ un seul repas par jour.»

Après Aguiratou Sankara, nous nous approchons de Thérèse Zongo. Habillée d’un tee-shirt orange et d’un pagne fleuri, la ramasseuse de sable  remplissait sa charrette. Elle se réveille chaque jour à 2h du matin pour cette activité. « j’ai cinq enfants. Mon mari est mécanicien. Souvent il revient à la maison sans 1 franc. Je ne peux pas laisser mes enfants mourir de faim. Si je ne me réveille pas à 2h, je ne pourrai pas avoir du sable. Ici, il faut se réveiller tôt avant que les gens ne commencent à sortir de chez eux», a-t-elle indiqué.

Vente de sable, une activité risquée

Se réveiller tôt pour ramasser le sable a des inconvénients. Thérèse Zongo a déjà été victime d’accident. « c’est parce que je n’ai rien d’autre à faire sinon, il y a trop de risques. Un jour, un jeune m’a cogné ici et il a fui. L’accident a eu lieu autour de 4h du matin. J’étais blessée et j’ai passé un mois à la maison avant de pouvoir bien  marcher».

Vente de sable
Térèse Zongo, ramasseuse de gravier

De Bissighin, nous mettons le cap sur kouritenga, un autre quartier de la ville de Ouagadougou. A l’entrée de la partie non lotie, nous rencontrons Mariam Nikiéma, une vieille dame transportant du gravier dans un seau.

Nous la suivons jusqu’à son domicile. Elle habite ce quartier avec ses enfants après le décès de son mari. Par faute d’emploi, ses enfants n’arrivent pas à s’occuper d’elle. Pour subvenir à ses besoins, elle vend les agrégats de construction notamment le sable et les gravillons.  Avec l’âge, elle n’arrive plus à ramasser assez de sable.

Vente d’agrégats, des veuves en vivent

La vieille Nikiéma rassemble sa marchandise en de petits tas pour les acheteurs/clients. La veuve vend le tas de sable à 500 f et le tas de gravillons à 1000f. «Je peux faire une semaine sans rien vendre. Je ne peux plus rien faire d’autre. Je suis vieille. Si je sors pour vendre des fruits ou de la nourriture, personne ne va acheter. Donc je suis obligée de vendre mes gravillons», ironise la vieille dame.

Vente de sable
Assetou Compaoré ramassant du gravillon

Nous rencontrons une autre vieille femme veuve vivant dans le même quartier que Mariam Nikiéma. Assetou Compaoré vivait en Côte d’Ivoire. Elle a été obligée de rentrer au Burkina Faso après le décès de son mari. Abandonnée à elle-même au pays des hommes intègres, elle se retrouve dans ce non-loti. Pour pouvoir se prendre en charge. Elle faisait toutes sortes de travaux. Avec son âge avancé, les gens ne veulent plus l’appeler pour les travaux ménagers et autres.

La seule alternative qui lui reste, c’est la vente de gravillons. Mais le travail n’est aussi qu’on le pense, l’état des mains de cette vieille le prouve. En effet, à force de creuser le sol et casser les roches dans l’optique d’obtenir du gravier, ses mains ne sont plus en état normal.

« Je dors peu. Je me réveille à 2h du matin. Je vais dans le bas fond pour ramasser les gravillons. Avec l’âge je ne vois plus trop bien. Souvent je tombe dans les petits trous. Regardez mes mains elles n’ont plus la forme normale. J’ai mal au genou lorsque je charge les gravillons. J’arrive à peine à marcher. Souvent, ce sont les enfants du quartier qui m’aident.

Cela fait des jours que personne n’est venu acheter mes gravillons. Pour avoir à manger, c’est tout un calvaire pour moi. J’ai appelé mes enfants qui sont restés en Côte d’Ivoire pour qu’ils m’envoient de l’argent. Ils m’ont dit qu’ils n’en ont pas. Ici, je suis dans  la souffrance et la misère», raconte Assetou Compaoré.

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