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Éditorial : un Burkina sans partis politiques, qui l’eût cru?

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Un Burkina sans partis politiques. Nous sommes bel et bien au pays des Hommes Intègres et la situation se désintègre.

Par la Rédaction

Un coup d’État en cache un autre. Le lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba qui a pris le pouvoir par les armes a été renversé avec les armes et par les armes.

Le capitaine Ibrahim Traoré devient l’homme fort du pays. Son jeune âge, 34 ans, et les galons qu’il porte sur ses épaules ont vite fait de l’identifier à feu président capitaine Thomas Sankara.

Adulé par une frange de la population, IB, comme l’appellent ses fans, s’adjuge le « sankarisme » qui est un courant idéologique et politique prôné par le Père de la Révolution burkinabè.

Auréolé de son « pseudo Sank » (pour désigner Thomas Sankara), le capitaine Ibrahim Traoré se lance dans des réformes.

Refus de la présence militaire française sur le sol burkinabè, refus de subir le diktat de la Métropole, refus de se faire appeler Président de la République , refus de rester au palais de Kosyam, refus de percevoir le salaire de chef de l’État, refus de toute activité politique et de toute activité de la Société Civile.

Il n’en faut pas plus pour l’appeler «  IB, le rebelle ». Mais une rébellion contre l’ordre établi pour se frayer le chemin d’un nouvel ordre atypique qui pourrait sortir le Burkina de l’ornière. C’est ce qui se dit.

Le 30 Septembre 2022, Libreinfo.net rappelle que c’est lui qui a signé le communiqué N°3 en qualité de président du MPSR (Mouvement Patriotique pour la Sauvegarde et la Restauration).

Dans cette note : «  Toute activité politique est suspendue », puis également : «  Toute activité des organisations de la société civile est suspendue ».

Depuis lors, les partis politiques sont restés silencieux. Plus de conférences de presses, plus de déclarations, plus de marche-meetings, plus de sit-in.

Le parti, le  Congrès pour la démocratie et le progrès ( CDP) de Eddie Komboigo , avait passé outre la mesure pour tenir une réunion de son bureau politique le 28 janvier 2023.

Mais il a été rappelé à l’ordre par le ministre de l’Administration d’alors, Boukaré Zoungrana, qui  lui avait adressé une « lettre d’avertissement », rappelant que  la mesure de la  suspension des activités des partis politiques était toujours en vigueur.

Un autre leader de parti politique est allé plus loin en saisissant la justice aux fins de contester l’interdiction de la tenue de son bureau politique.

Il s’agit de l’Union pour le progrès et le changement ( UPC) de Zéphirin Diabré qui voulait organiser une activité  de son bureau politique le 18 février 2023.

Le tribunal s’est déclaré incompétent et l’étau s’est resserré autour de l’UPC et de toutes les autres structures politiques qui attendaient ce dénouement judiciaire pour se lancer dans leurs activités.

A leur corps défendant, les partis politiques à l’épreuve du nouvel ordre se sont résignés et deviennent des observateurs.

Quid des leaders de la Société Civile qui ruaient dans les brancards! Ils ont simplement et purement disparu.

L’échiquier politique est vidé de sa substance, un peu comme s’il est demandé aux leaders politiques : «  Silence, les nouvelles autorités travaillent pour vous ».

Finalement, le Burkina Faso est sans parti politique. Qui l’eût cru ? Autres temps, autres mœurs.

www.libreinfo.net

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