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Can Ambiance: Bouaké, une cité arc-en-ciel au centre de la Côte d’Ivoire

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Située au centre de la Côte d’Ivoire, Bouaké est une cité cosmopolite qui abrite, selon le dernier Recensement général de la population et de l’habitat, 832 371 habitants sur une superficie de 1 770 km². Deuxième ville du pays après Abidjan, la capitale économique, Bouaké abrite le groupe D de la 34e Coupe d’Afrique des nations (CAN) dont la phase finale se jouera du 13 janvier au 11 février 2024. Elle reçoit donc, pour le premier tour de la compétition, les équipes nationales d’Angola, de la Mauritanie, de l’Algérie et du Burkina Faso.

Par Stéphane Kouakou, collaborateur

À l’instar de l’ensemble des Ivoiriens et tous ceux qui vivent en Côte d’Ivoire, les populations de la ville de Bouaké attendent avec impatience le coup d’envoi de la 34e édition de la Coupe d’Afrique des nations. L’effervescence est à son comble dans le pays et notamment dans cette belle ville de Bouaké dont la devise — « De nombreux peuples, une seule cité » en dit long sur la multiplicité et le brassage des communautés qu’elle abrite.

Au commencement, en effet, était un petit village niché au cœur de la savane baoulé et dénommé Gbêkèkro. Créé par Gossan Kwa Gbêkè, dignitaire de la tribu Abassous, du groupe ethnique Akan, le village a été, explique Moumoune Coulibaly, coordonnateur général de la fondation Les Mémoires de la ville de Bouaké, un important point d’ancrage de vente d’esclaves menée par les Portugais dans le cadre du commerce triangulaire.

Chef charismatique, Gossan Kwa Gbêkè a d’ailleurs suivi, au 19e siècle, la reine Abla Pokou et sa sœur Akwa Boni dans leur épopée à travers la savane baoulé « jusqu’à l’installation définitive de la famille royale baoulé dans la région de Ouarebo ». Gossan Kwa Gbeke était une personnalité forte qui a notamment présidé « la cérémonie officielle de conclusion du traité de non-agression avec son homologue Samory Touré.

Le village a connu plusieurs péripéties après son décès, avec l’installation des colons français qui décident alors de fonder une nouvelle ville bien structurée. Gbêkèkro devient alors Bouaké en 1910 et, la même année, le gouverneur général de l’Afrique occidentale française, William Merlaud-Ponty, approuve le premier plan de lotissement de la ville. La réalisation des travaux est conduite par le capitaine Colombe. La ligne de chemin de fer entre Dimbokro et Bouaké est créée deux ans plus tard.

De 1952 à 1966, une forte population se concentre au centre de la ville, qui s’étend au Nord et à l’Ouest, avec le lotissement de certains quartiers comme Koko ou Liberté. Le premier maire de Bouaké, Djibo Sounkalo, signe d’ailleurs, en 1957, un partenariat de jumelage avec la ville de Villeneuve-sur-Lot, en France, représentée par son édile, Jacques Raphaël-Leygues. Et la transformation de Bouaké se dessine, entre 1966 et 1982, dans une Côte d’Ivoire désormais indépendante, avec l’absorption de nouveaux villages environnants.

De nombreux peuples, une seule cité

Le peuplement de la ville de Bouaké est le résultat de plusieurs vagues migratoires d’origines diverses. La raison fondamentale de l’afflux massif des peuples est économique. La création de nouvelles routes commerciales vers le Golfe de Guinée entraîne la recherche de certains produits précieux comme la noix de cola, l’or, les épices, le sel. Sans oublier la recherche de nouvelles terre propices à l’agriculture et la chasse.

Ainsi, à sa création en 1910, la ville de Bouaké est essentiellement peuplée de l’ethnie baoulé, originaire du Ghana. Plus tard, la ville enregistrera l’arrivée d’autres peuples venus de diverses régions de la Côte d’Ivoire (Bété, Agni, Akyé, malinké, Sénoufo…), ainsi que des peuples africains de la sous-région (Burkinabè, Ghanéens, Sénégalais)…

Aujourd’hui, en plus des communautés autochtones, la population de Bouaké concentre des communautés des pays de la CEDEAO (Communauté économiques des états de l’Afrique de l’Ouest). C’est ce caractère cosmopolite qui justifie sa devise : «De nombreux peuples, une seule cité ».   

La vie y est ainsi rythmée par plusieurs activités, notamment l’agriculture avec quelques plantations de café, cacao, igname, banane plantain, manioc, sorgho, mil, ananas. La première ferme-école a été créée à Bouaké en 1910. La pêche, qui se pratique en pays baoulé grâce au fleuve Bandama à partir de 1969, connaît un essor considérable avec des poissons comme la carpe et le capitaine destinés à la consommation locale.

Concernant le secteur secondaire, le premier atelier d’égrenage de coton de Bouaké a été créé en 1912. L’année 1921 est marquée par l’installation de l’usine textile Robert Gonfreville demeurée longtemps leader de l’industrie textile en Côte d’Ivoire et dans la sous-région, mais qui est aujourd’hui tombée en ruines, tout comme d’autres unités industrielles.

Quant au secteur tertiaire — commerce, tourisme, transport, banques et autres services —, il est surtout porté par un marché quotidien, appelé « super marché », autour de la Cathédrale Sainte-Thérèse où les villageois des alentours viennent s’approvisionner et vendre leurs productions.

À l’avènement de la rébellion en 2002 qui a vu les Forces nouvelles occuper tout le Nord du pays, le commerce transfrontalier avec le Mali et le Burkina Faso s’est considérablement développé au détriment du Sud dont l’approvisionnement est devenu très difficile et aléatoire.

Les marchandises sont alors moins taxées et le quotidien des populations s’est quelque peu amélioré. La ville de Bouaké s’approvisionne pour l’essentiel en denrées alimentaires à partir des voisins malien, burkinabè et guinéen.

Véritable pôle touristique

Bouaké est aussi un véritable pôle touristique qui organise chaque année un célèbre carnaval dont l’apothéose se déroule au Palais du carnaval. « Le Bouaké by night » a longtemps été, avant 2002, organisé autour de l’emblématique maquis « Papagayo », où tous se rencontraient pour de longues nuits au cours desquelles la bière coule à flot, pour agrémenter les plats d’attiéké au poulet grillé ou au poisson braisé.

Comme la plupart des villes d’Afrique, Bouaké compte en effet de nombreux maquis et des allocodromes. L’activité de transport est relativement développée à Bouaké. La ville est desservie par un aéroport. Des autocars de différentes compagnies assurent le voyage régulier aller-retour de Bouaké vers les autres villes ivoiriennes.

Les villes voisines sont aussi reliées à Bouaké à l’aide de taxis brousse avec neuf à vingt-deux places assises et des « gbakas » (guimbardes). Bouaké abrite par ailleurs une gare de la ligne du chemin de fer reliant Abidjan à Ouagadougou exploité par Sitarail. La ville dispose également d’un réseau de bus de la Société de transport abidjanais (Sotra), fonctionnel depuis 2021 reliant le Nord au Sud, l’Est à l’Ouest.

On y trouve aussi un réseau de taxis modernes, ainsi qu’un réseau de taxis motos. Et pour bien faire les choses, la route nationale A3 qui relie Abidjan à Ferkessédougou en passant par Bouaké, est transformée en autoroute 2×2 voies sur 8 kilomètres.

Sur le plan sportif, Bouaké dispose d’énormes potentiels puisqu’elle compte de nombreux clubs de karaté et des piscines, sans occulter le Stade de la paix. Dans le domaine du football, en 2008, Bouaké était représentée par le club de VAC Bouaké, actuellement en championnat de division 3.

La ville possède également de nombreux centres de formations et académies de football tels que le CF Amian Bouaké (CFAB), le CF Les Anges Noirs Bouaké, le CF de Football Caïman Bouaké, le CFD au métier du football Bouaké, le CF espoirs de Chao Bouaké, le CF Jumeaux de Bouaké, le CF de football de Koko, le CF Laboratoire de Bouaké, le CF Otto Sophie, le CF Santos Dar-es-Salaam, le CF Maxi-Foot, l’EF de l’Auberge Bouaké, EF de Dar-es-Salaam de Bouaké, EF Edgar Kouadio Kintonou, Nouvelle génération de Bouaké.

Au niveau continental, Bouaké a accueilli en 1984, avec Abidjan, la Coupe d’Afrique des nations de football remportée par le Cameroun face au Nigeria. C’est donc une ville attrayante, accueillante et charmante qui abrite le groupe D de la CAN’2023.

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