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Divorce Burkina-CEDEAO : Quel avenir pour les projets communautaires ?

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Le Burkina Faso, le Mali et le Niger se sont retirés de la Communauté Économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) le 28 janvier 2024. Ce retrait intervient au moment où plusieurs projets communautaires d’envergure sont en cours d’exécution dans ces pays membres. Quel avenir pour ces projets ?

Par Daouda Kiekieta

Le divorce entre les pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) avec la Communauté Économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) est  consommé. Les trois pays du Sahel confrontés à l’insécurité ont annoncé leur retrait de l’institution.

Une décision qui remet en cause des projets de développement initiés par l’organisation sous-régionale en faveur de ses pays membres, y compris le Burkina, le Mali et le Niger. 

C’est le cas du projet d’interconnexion électrique dénommé West african power pool (WAPP) entre le Nigeria, le Niger, le Burkina Faso et avec le Bénin. Il intègre une ligne de  haute tension (330kV et 225 kV) de plus de 900 km entre Birim Kebbi au Nigeria et Ouagadougou, passant par Niamey et reliant Malanville au Bénin, par une bretelle, avec un volet d’électrification rurale par endroits.

Burkina CEDEAO projets
Image illustrative de ligne de haute tension

Le projet a été lancé en février 2022 par Mohamed Bazoum, le président déchu du Niger et son homologue du Ghana, Nana Akufo-Ado, alors président en exercice de la CEDEAO.

La fin de ce projet baptisé Interconnexion Dorsale Nord était prévue en 2024, mais son exécution a rencontré des difficultés, accusant un retard important  dans la finition.

Au Burkina Faso, ce projet devrait permettre à la nationale de l’électricité (SONABEL) d’augmenter sa capacité d’approvisionnement en électricité aux populations. Avec la rupture entre l’institution sous-régionale et le Burkina, l’avenir de ce projet d’envergure semble compromis.

Toujours dans le cadre des infrastructures énergétiques, la CEDEAO avait lancé en juin 2023 à Ouagadougou, le Projet régional d’accès à l’électrification hors réseau (ROGEAP) pour le Burkina. Lancé en 2020, le ROGEAP a une durée de vie de cinq ans pour un coût global de plus de 204 milliards FCFA (338,7 millions USD) sur l’ensemble de l’espace.

En plus des 15 pays de la CEDEAO, il couvre le Cameroun, la Centrafrique, la Mauritanie et le Tchad. Il entre dans le cadre des objectifs de la Politique régionale en matière des énergies renouvelables (EREP) qui est de fournir un accès universel à l’électricité d’ici 2030.

De plus, le département chargé des Infrastructures, de l’Énergie et de la Digitalisation de l’institution a également mis en route le projet régional d’Électrification de 20.000 villages en Afrique de l’Ouest (PRODEL20000).

Il permettra à terme l’électrification de 20 000 villages dans l’espace CEDEAO sur une période de dix (10) ans avec une première phase d’amorce de cinq (5) ans.

Sur le plan sécuritaire, la CEDEAO avait annoncé en décembre 2023 un financement à titre gracieux à hauteur de  1,9 million USD (environ 1,1 milliards FCFA) pour chacun des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Le Burkina Faso recevra, quant à lui, 1 million USD supplémentaire à cause du nombre plus élevé de ses déplacés internes, a fait savoir le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray.

Pour soutenir leurs efforts du Burkina Faso, Mali et Niger en matière de lutte contre le terrorisme dans l’espace sahélien.

Des projets agricoles et la libre circulation prennent un coût

Sous l’initiative de la CEDEAO, « le Projet régional de promotion de l’agriculture intelligente face au climat (AIC) en Afrique de l’Ouest avait été lancé  en 2022

L’AIC a pour objectif de réduire la vulnérabilité des agriculteurs et des éleveurs à l’augmentation des risques climatiques.

Dans la même optique, le Burkina a reçu le vendredi 17 juin 2022, 6 579,5 tonnes de vivres essentiellement composées du riz, du maïs, du mil et du sorgho de la CEDEAO sous forme de prêt.

Par ailleurs, un éventuel retrait des représentants burkinabè en poste dans les instances et principales institutions que la CEDEAO notamment le parlement de la Communauté, la cour de justice de la Communauté, la banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC), l’organisation ouest-africaine de la Santé (OAS).

Suite au retrait du Burkina, du Mali et du  Niger, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a affirmé que cela va impacter certainement la libre circulation des personnes et des biens.

«La libre circulation des personnes et des biens est un grand chapitre, c’est l’un des domaines dans lequel la CEDEAO a travaillé longuement et ce secteur va être certainement impacté. Il y a d’autres mécanismes qui nous permettront de régler cela et d’avoir des arrangements avec les Etats individuellement » a-t-il déclaré.

Selon lui, les pays de l’AES continuent les relations avec leurs pays voisins. D’autres pays peuvent se joindre à l’AES s’ils le veulent, a-t-il ajouté.

www.libreinfo.net 

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